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Les ruses de la communication
Jeudy Henri-Pierre
CIRCE
7,93 €
Épuisé
EAN :9782842421236
Que devient le règne de la communication ? Communiquer est un tel impératif de la vie en société que toute critique semble vaine. Le sens se développe au rythme de la globalisation qui absorbe les contradictions. La contamination des images et des discours provoque une atmosphère consensuelle. Pour se comprendre, il suffit de penser en réseaux et de rester branché. Ce pouvoir universel et totalitaire de la communication est-il encore détourné par les ruses des échanges symboliques ? L'appel à toujours " mieux communiquer " n'est-il pas une caricature de la vie sociale et affective ? Les sciences sociales semblent avoir renoncé à toute violence critique en s'engouffrant dans les standards de la communication. Elles font des constats, imposent des modèles d'interprétation et n'exercent aucune puissance subversive contre l'ordre de la communication.
Ce livre ne prétend pas traiter du corps dans la peinture ou dans la sculpture, mais des incidences de la création artistique et de la littérature sur l'esthétique quotidienne du corps. Le fantasme du corps pris pour un objet d'art est un stéréotype de notre idéalisation esthétique. Il se constitue en puisant ses ressources dans les arts plastiques et dans l'écriture littéraire. Il ne s'agit pas des modèles de la beauté ou de l'esthétisme du dandy mais de ce vertige des images du corps qui nous offre l'illusion de nos métamorphoses. Les inscriptions sur la peau, l'apparition du squelette, les dents du vampire, la vision du sang et des poils font du corps le «moule idéal de la métaphore».
La conservation patrimoniale aurait-elle pour finalité secrète de nous préparer à des situations post-catastrophiques? Des Japonais ont construit le plus grand musée de la copie. La plupart des oeuvres du Louvre y sont rassemblées: la culture occidentale est prise en otage pour la protéger d'un péril possible. Rien n'échappe plus au contrôle mondial du patrimoine. La transmission est si bien organisée qu'elle ne peut plus être imprévisible ou accidentelle. Le destin de toute société est-il de se contempler dans le miroir d'un passé toujours revisité? Le devoir de mémoire nous impose la chasse à l'oubli. En ne se mesurant plus qu'à elle-même, la logique de la conservation patrimoniale ne risque-t-elle pas d'actualiser un passé si présent qu'il n'a déjà plus de futur?
Devenant des thérapeutes du social, les sociologues imposent leur conception de la réalité objective. Jamais la société n'a été autant conceptualisée à des fins pragmatiques et gestionnaires. Malgré le renouveau apparent des théories, impulsé par la philosophie analytique et par les sciences cognitives, les sciences sociales naviguent entre un réalisme social et un nominalisme conceptuel. Mais c'est le discours théorique qui finit par façonner la réalité. Qu'en est-il alors de la souveraineté du sujet ? Lorsque la tyrannie des «savoirs experts» l'emporte, que devient l'idée du monde comme jeu des possibles ?.
Comment se manifestent les sentiments dans la vie sociale? Face à l'exhibitionnisme contemporain, ont-ils encore le pouvoir d'être tenus au secret? Si notre corps trahit les sentiments que nous éprouvons, il est de bon ton d'éviter d'en montrer les effets afin d'afficher notre capacité à dominer l'impulsion de nos affects, le dérèglement de nos émotions. L'obsession dune gestion rationnelle de la vie quotidienne conjure les risques dune confusion des sentiments que provoque la puissance de leurs contraires, l'exacerbation de leur ambivalence. Niais, aujourd'hui, à la singularité du sentiment se substitue un sentimentalisme social et politique, soutenu par les médias, par la prolifération des blogs, par les leaders politiques eux-mêmes, qui entraîne une équivalence et une banalisation des sentiments.
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Résumé : " Aimer quelqu'un ou quelque chose signifie ou consiste dans le fait, entre autres choses, de prendre ses intérêts comme des raisons d'agir pour servir ces intérêts. L'amour est lui-même, pour celui qui aime, une source de raisons. Il crée les raisons par lesquelles ses actes d'intérêt et d'attachement amoureux sont inspirés... "
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."