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Yamauchi Tokuryu (1890-1982). Philosophie occidentale et pensée bouddhique
Jannel Romaric
KIME
26,00 €
Épuisé
EAN :9782380721140
Philosophe japonais polyglotte au savoir encyclopédique, Yamauchi Tokuryu (? ??? , 1890-1982) est à n'en point douter l'un des auteurs les moins étudiés de l'école de Kyoto. La présente étude vient corriger ce qui ne constitue rien d'autre qu'un accident de l'histoire, tant l'ampleur du projet philosophique de Yamauchi est à même de susciter l'intérêt du philosophe, du savant et de l'amateur cultivé. La démarche de ce penseur japonais, disciple de Nishida Kitaro, est remarquable en ce qu'il chercha à proposer un dépassement englobant de ce qu'il nomme, d'une part, la "logique du logos" - qui figurait déjà chez Aristote et se structure autour des principes d'identité, de contradiction et du tiers exclu - et, d'autre part, la "logique du lemme" - méthode d'appréhension intuitive des étants qui, née en Inde, serait d'inspiration essentiellement bouddhique. Cette étude, dans laquelle les conceptions bouddhiques qui traversent le propos de Yamauchi sont explicitées, est essentiellement consacrée à l'analyse de ses deux essais les plus importants Logos et lemme (1974) et Philosophie de la latence (1993). Le lecteur y rencontrera une discussion tant de la logique aristotélicienne que d'un régime de logicité tel que le tétralemme, tant du coeur des philosophies européennes que de celui des pensées bouddhiques. Il y rencontrera en outre une discussion de l'idée de néant, de la causalité et de la question du fondement de l'être, nourrie de conceptions bouddhiques telles que la "coproduction conditionnée" (pratitya-samutpada) et la "latence" (anusaya).
Quatre mille ans séparent l'apparition des premières cultures indiennes du Mexique de l'arrivée d'Hernan Cortés... Deux ans suffirent aux Espagnols pour conquérir l'empire aztèque et détruire Tenochtitlàn... Trois cents ans de colonisation avaient fait du Mexique le plus beau fleuron de la couronne d'Espagne... Cent trente ans ont été nécessaires pour que le Mexique indépendant se fasse entendre dans le concert des nations. Et aujourd'hui, qui sont les Mexicains ? Du nord au sud, d'est en ouest, entre sierras et océans, déserts et forêts tropicales, Claude Jannel et Frédérique Guerlain sont allés à leur rencontre pendant vingt ans. Indien, métisse, descendant de colons, chaque Mexicain a une histoire, mais tous choisissent de s'exprimer à travers des fêtes. Qu'elles soient paroissiales, régionales ou nationales, les fêtes sont l'expression du génie mexicain. Moments privilégiés où la communauté se retrouve et communie dans une même ferveur. Instants de vie intense pendant lesquels les Mexicains donnent le meilleur d'eux-mêmes.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.