Comment dire le sacré ? Comment nommer et transmettre ce qui nous dépasse et dont on ignore la vraie nature ? Le sacré s'inscrit dans cet écart que l'humain, de tout temps et en tout lieu, investit de sentiments et d'émotions opposés. Le sacré induit en effet autant la crainte que l'attrait, autant l'effroi que l'adhésion. Il stimule autant l'aspiration à la plus grande des libertés que la soumission à la pire des sujétions. Il éclaire la dimension la plus intime de l'être, comme il fédère avec la plus grande force les plus solides groupes humains. Cette " dialectique du sacré " – dont Caillois développe les puissantes contradictions – crée l'ambivalente posture dont mythes, religions, philosophies tentent de surmonter l'aporie. Comment concilier rationnellement, émotionnellement, formellement la conscience de ces contradictions ? L'originalité de ce volume est de rassembler des contributions d'horizons divers, relevant de la philosophie, des études littéraires et de l'histoire de l'art (musique, peinture, architecture), qui toutes questionnent les modes de représentation de la notion de sacré. Des Pères de l'Eglise aux musiques d'Orient ou d'Occident, du Caravage aux formes plastiques les plus contemporaines réincarnant la sacralité d'oeuvres patrimoniales emblématiques, de l'architecture de la ville aux figures de spiritualité dans la poésie moderne, chaque domaine entre ainsi en dialogue avec l'autre et prouve, s'il le fallait encore, l'universalité et l'intemporalité de la quête ainsi syntonisée par Paul Klee " L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible ".
Cet opuscule propose un état des lieux des connaissances sur la nature, la mesure et l'ampleur de la discrimination à l'embauche sur le marché du travail français. Il s'appuie sur les résultats d'une nouvelle étude destinée à explorer les sources de la discrimination observée. L'originalité de cette méthode est de présenter des CV portant des noms identifiés à des origines particulières (françaises, maghrébines) et d'autres dont l'origine est considérée comme"inconnue" par les recruteurs potentiels. Les résultats montrent que la discrimination à l'embauche à l'encontre des candidats issus de l'immigration est massive. Cette inégalité affecte toutes les candidatures d'origine étrangère, rejetant l'hypothèse d'une défiance ciblée à l'encontre de vagues particulières d'immigration. La question de la discrimination se pose ainsi surtout en termes d'opposition entre le groupe majoritaire, "autochtone", et l'ensemble des individus issus de l'immigration. Il faut cependant noter que la discrimination d'origine affecte beaucoup plus les candidatures masculines que les candidatures féminines.
Résumé : Nous assistons, depuis quelques décennies, à une remise en cause du processus décisionnel de l'entreprise : une logique froide et purement financière prend le pas sur une logique de production de biens et de services utiles, souvent au détriment des hommes. Dans cet ouvrage l'auteur propose, fort de son expérience de chef d'une grande entreprise, des pistes réalistes et pragmatiques pour repenser ce modèle afin que tous les acteurs de l'entreprise, dirigeants, cadres ou employés, y trouvent leur compte : Réhabiliter les managers. Vaincre le stress. Remettre les outils technologiques au service de l'homme. Etc.
Topos s'il en est, la femme orientale enfièvre l'imagination et échauffe les esprits, occidentaux singulièrement, pour qui elle est un objet de fantasme toujours renouvelé. En témoignent toute une littérature orientaliste et colonialiste qui s'attache à percer son mystère et toute une iconographie qui, de Delacroix à Fromentin ou à Matisse, en fixe l'imagerie formulaire sur fond de harem et de bains maures où paressent de sensuelles odalisques et ondulent lascivement des almées. Femmes-objets, tout entières vouées au plaisir masculin, ces femmes d'Orient sont d'autant plus attirantes qu'elles sont inaccessibles, recluses en leur sérail ou dissimulées sous un voile qui, en ne laissant voir que des yeux de braise, attise le désir plus qu'il ne l'interdit. C'est toute cette typologie, largement cristallisée en poncifs et durcie en fantasmatique, qui se trouve ici reprise et dépliée comme est aussi revisité l'autre versant de l'Orientale dont, avec Shéhérazade, les Mille et Une nuits montrent qu'elle est loin de n'avoir qu'un visage mais qu'elle peut aussi être cette femme puissante qui déjoue les scénarios préétablis, faisant passer son pouvoir de séduction du corps à la tête.
En cette année 2017, le temps des révolutions revenait dans les têtes. Anniversaire de la révolution libérale de Russie et bien sûr de cette première, inattendue et triomphante révolution bolchévique d'octobre. Révolution(s) entre commotions et commémorations est le fruit des échanges des 5e Rencontres d'histoire critique, tenues en 2017, comme depuis huit ans, à Gennevilliers, à l'initiative des Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique et de l'Université populaire des Hauts-de-Seine. Le livre croise les approches d'historiennes, de sociologues, de géographes, de spécialistes de littérature autour de ces temps du social inhérents à notre modernité, celle de la pensée du contrat social et des droits inaliénables des hommes, libres et égaux, qui savent désormais que nul ordre social n'est légitime au-delà de leur consentement. Révolutions toujours inachevées, emportant plus ou moins de transformations réelles, plus ou moins durables, le livre embrasse la diversité de ces événements de la France, matrice féconde, à la Russie devenant URSS, à l'Ukraine, l'Irlande, l'Italie, la Chine et aux Etats-Unis, si profondément hantés par les échos des révolutions. Ce volume fait suite à ceux des précédentes Rencontres d'histoire critique, Guerre et paix et Nation(s), Mondialisation(s) : toute une histoire.
Il existe un petit bout de littoral sur la côte Sud-Est, du cap Bénat au cap Canaille, qui, jusqu'à il y a peu, était presque complètement ignoré, malaimé même. En son centre, la ville de Toulon. Ne disait-on pas " Toulon – Ville sans renom – Hommes sans honneur – Femmes sans pudeur – Montagnes sans verdeur – Rivières sans fraîcheur " ? Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui ont envie de découvrir ou redécouvrir ce littoral autrement, de faire un véritable voyage à travers ses paysages. Car ceux-ci sont une mémoire. Ils ne sont pas simplement laids ou beaux, étrangers et froids tels quelque chose auquel on n'appartient pas mais véhiculent une histoire des relations entre le milieu et les humains qui l'ont habité, parcouru, des émotions, des valeurs. Ils nous relient, à travers les époques, à notre espace. Ce livre raconte donc des histoires, celles d'un territoire d'une richesse prodigieuse, pour ainsi tisser un lien charnel, une forme de beauté propre à faire naître de l'émerveillement.
De quoi demain sera-t-il fait ? " s'interrogeait, en 1835, Victor Hugo dans des Chants du crépuscule dont on sait que le dernier terme revêtait alors un sens profondément duel, susceptible de signifier aussi bien le point du jour que le couchant. Alors, les temps étaient-ils à l'aurore ou au crépuscule ? Cet horizon indiscernable, beaucoup le scrutent aussi, cherchant à y apercevoir, comme Chateaubriand à pareille époque, " l'Avenir du monde ", un avenir passablement brouillé depuis que la Révolution française a jeté à bas des certitudes téléologiques millénaires, libérant une inquiétude eschatologique majeure, sinon sans précédent, qui agite douloureusement consciences et imaginaires. En témoigne un foisonnant corpus de textes souvent méconnus qui entreprennent d'éclairer cet avenir dont une petite centaine, couvrant le XIX et une bonne partie du XX siècle, est ici examinée. Pris en tenaille entre les deux grandes postulations mythiques que sont le progrès et la décadence, l'avenir est préempté tantôt du côté d'une nouvelle genèse tantôt du côté d'une retentissante apocalypse, engageant, entre éternel retour, prométhéisme conquérant ou fin des temps, des régimes d'historicité pluriels et des lectures politiques qui ne le sont pas moins. Entre béates utopies et dystopies féroces qui accouchent qui du meilleur des monde et du bon gouvernement, qui de l'enfer sur terre, du phalanstère à la caserne et à la prison, du philanthropisme au totalitarisme, de l'âge d'or au globocide, cette littérature futurologique de l'ère capitaliste est riche de ce que Walter Benjamin appelait des images dialectiques, vibrantes de tension, expressions de passages historiques qui ouvrent tant sur des lendemains qui chantent que sur les faisceaux plus sombres de l'aube dorée.