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Modernes sans modernité. Eloge des mondes sans style
Huyghe Pierre-Damien
NOUVELLES LIGNE
14,20 €
Épuisé
EAN :9782355260353
Issu d'un séminaire organisé au Centre Pompidou à l'occasion du trentième anniversaire de son inauguration, ce livre a pour objet de discuter quelques-uns des fondements théoriques et méthodologiques des pensées qui ont conduit à tenir la notion de "modernité" pour dépassée, en particulier celles d'Ulrich Beck en Allemagne, de Bruno Latour en France, de Fredric Jameson aux Etats-Unis, etc. Que peut bien vouloir signifier "modernes sans modernité"? Ceci, entre autres: que la phase historique que nous vivons est certes marquée par des processus de modernisation, mais que l'expression de ces processus n'est pas encore parvenue au stade d'un style. Y a-t-il lieu de le déplorer? Pas selon Pierre-Damien Huyghe, qui soutient que c'est au contraire dans l'absence de repères stylistiques que l'esprit est le plus susceptible de se montrer présent aux modifications des capacités productives et aux poussées techniques qui affectent les conditions d'existence. "Présence d'esprit" que voulut historiquement désigner et signifier le terme "modernité" lors de son introduction dans la langue, au XIXe siècle. Se passer de ce terme, comme semblent vouloir le faire ceux qui le prétendent obsolète, c'est s'exposer aux risques d'une modernisation sans mesure.
Le Bauhaus fut une institution créative et pourtant irrésolue. Bien des disputes ont jalonné son histoire. S'il fut fermé d'autorité en 1933 par les nazis à peine arrivés au pouvoir, c'est sans doute parce que ce pouvoir ne pouvait supporter son principe de tension incessante. Pareil événement n'est pas seulement de circonstance. Il s'est produit dans un champ de possibilités. Que le politique ait pu se déchaîner et que dans ce déchaînement même il n'ait pas admis que soient discutées des questions qui, le plus souvent sous une allure artistique, touchaient en définitive aux valeurs, portées et méthodes du faire ou du produire en général, voilà sur quoi il faut encore réfléchir. Il nous reste à déconstruire, c'est-à-dire à rendre à sa complexité, voire à son ambiguïté philosophique toute une mécanique de notions dont la logique efficace est fort capable de nous échapper réellement. Parmi ces notions, celle d'industrie dont le présent essai, réédition notablement augmentée et revue d'un ouvrage paru en 1999, montre, en s'appuyant sur une lecture de Rousseau, qu'elle a elle-même excédé certaines de ses limites historiques. Les interrogations portées par le Bauhaus dans ses divers champs d'activité ne se sont pas développées dans une société simplement industrielle, mais dans une monde touché depuis quelques décennies par une révolution dans l'industrie. Ce sont les échos et les ondes de choc de cette révolution qu'il y a lieu, encore, d'entendre et de lire dans les textes de divers artistes ayant travaillé sur place (Gropius, Kandinsky, Klee, Mies van der Rohe, Moholy-Nagy, Schlemmer) ou dans ceux de proches comme Schönberg.
La tradition de pensée qui s'est nourrie de la Poétique d'Aristote a établi les conditions d'un différend esthétique. Ce différend ne concerne pas seulement la tradition de l'art, il concerne aujourd'hui les médias et, plus globalement, le rapport de l'humanité à tout ce qu'elle montre et se montre. L'enjeu, c'est la conduite de la technique, son allure et sa méthode. En impliquant tour à tour critiques d'?uvres et théories de l'art, ce livre examine la possibilité et l'intérêt de réévaluer, à l'époque des appareils d'enregistrement, la structure de la relation de l'art à la technique. Il y va des chances de l'existence, des instances fondées à régler le commun de l'humanité, des domaines de la politique et de l'économie en général.
Toutes les philosophies n'ont pas traité de ce que nous appelons aujourd'hui la question sexuelle, mais certaines, qui l'ont fait, ont pu s'en trouver embarrassées. Ce livre examine quelques uns de ces embarras. Etude de genre ? Pas vraiment. Il s'agit d'abord, en admettant - question de méthode - que la vérité n'appartient pas nécessairement aux derniers à parler, de rendre à une tradition de pensée sa complexité et de remettre à jour ce faisant des textes qu'on aura depuis deux siècles plus souvent mentionnés que précisément lus ou cités. Il s'agit ensuite d'examiner la dénégation qui rôde dans toute cette affaire. Cette dénégation se joue du féminin et du masculin et, par là, de la différence. Elle profite à ce qu'il faut bien appeler "l'indifférence" du pouvoir, à la "logique" de transmission des fortunes et, en dernière analyse, au despotisme économique et à sa "solution" par les temps modernes supposée : la relation contractuelle. A quoi on oppose une paradoxale figure de la fraternité, celle d'Antigone, et, en conclusion, une certaine idée de mixité.
Agencer des séquences de manière à faire d'un film l'espace d'un récit et faire du cinéma, est-ce tout à fait la même chose ? Telle est l'étrange question dont ce livre entreprend de justifier les raisons et les enjeux. Il ne s'agit pas par là de constituer une théorie générale de l'art cinématographique, encore moins une histoire de cet art. S'appuyant sur un certain nombre de données théoriques et philosophiques d'une part, sur quelques cas de films d'autre part, l'ouvrage établit que le cinéma, pour des raisons techniques majeures liées aux propriétés des appareils d'enregistrement sans lesquels il n'existerait pas, n'a jamais eu lieu qu'à l'écart d'attendus majeurs de la culture et de la philosophie. Repérer cet écart, c'est comprendre pourquoi tant de plans ont été des opérateurs sensibles aptes à configurer une forme d'expérience des choses et du monde. Des qualités de cette aptitude, le livre fait l'étude et l'éloge. Sont-elles encore, ces qualités, tout à fait d'actualité ? Rien n'est moins sûr. L'économie de l'audio-visuel qui s'est développée depuis la télévision et que le numérique accentue à sa façon attend à l'évidence des films en nombre. Mais cette attente ne va pas sans une paradoxale reprise en main de la puissance rythmique singulière des appareils d'enregistrement.
La mode a fait de l'inauthentique l'espace de ses expérimentations. Lorsqu'ils véhiculent les codes de la frivolité, créateurs et top-modèles le font en conscience, et se posent en sujets d'énonciation à part entière. L'examen du "phénomène de mode" fait apparaître la relation étroite qu'il entretient avec les motifs fondamentaux de la représentation occidentale : un platonisme "hétérodoxe" et une "inversion paradoxale de l'incarnation", entendue en son sens religieux.
Entre nous, ce n'est pas parce qu'un président est élu que, pour des gens d'expérience comme nous, il se passe quelque chose. J'en ai assez dit sur le vote pour que vous sachiez que s'il s'est en effet passé quelque chose, on ne trouvera pas ce dont il s'agit dans le registre de la pure succession électorale. [...] On s'expérimente un peu aveugle, légèrement incertain, et finalement quelque peu dépressif. Oui, chers amis, je flaire dans cette salle une odeur de dépression. Je pose alors que Sarkozy à lui seul ne saurait vous déprimer, quand même ! Donc, ce qui vous déprime, c'est ce dont Sarkozy est le nom. Voilà de quoi nous retenir : la venue de ce dont Sarkozy est le nom, vous la ressentez comme un coup que cette chose vous porte, la chose probablement immonde dont le petit Sarkozy est le serviteur. Alain Badiou . . Ecrivain, philosophe, professeur de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure, Alain Badiou a récemment publié Logique des mondes (Le Seuil, 2006). Le présent volume est le quatrième de la série Circonstances , dans la collection Lignes.
André Gorz a traversé la seconde moitié du 20e siècle en témoin lucide de ses mutations économiques et sociales. Disparu l'automne 2007, il a laissé une oeuvre critique exigeante qui n'est réductible à aucun des courants poli-tiques constitués. Ses prises de position en faveur de la sortie progressive du capitalisme se fondent sur une proposition autogestionnaire très argumentée et s'articulent avec son souci précoce pour les enjeux écologiques. Car, affirmait-il, "c'est par la critique du modèle de consommation opulent que je suis devenu écologiste avant la lettre". Le socialisme qu'André Gorz appelle de ses v?ux est celui qui saura faire face à l'urgence des enjeux sociaux, économiques et écologiques inédits auxquels le monde est aujourd'hui confronté. Le présent ouvrage, conçu comme un hommage, est également le premier à proposer un regard sur l'existence et l'?uvre entières d'André Gorz.