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L'intelligence de la pitié. Phénoménologie de la communauté
Housset Emmanuel
CERF
24,99 €
Épuisé
EAN :9782204070935
La pitié apparaît au premier abord comme dangereuse et irrationnelle et c'est pourquoi toute morale rationnelle semble devoir ou refuser totalement un tel sentiment, ou le cantonner dans une fonction secondaire. Cependant, un homme incapable de pitié, ou s'interdisant toute pitié, paraîtrait aussi dépourvu de toute humanité. Tel est le paradoxe propre à la pitié qui nous met en question, parce que cette pitié n'est ni un simple aspect de notre vie subjective, ni un simple instinct naturel, mais est au contraire ce qui s'annonce comme une dimension fondamentale de notre existence : elle est le lieu où nous pouvons nous perdre en fuyant ce qu'il y a d'insupportable en l'autre, à savoir sa souffrance, et cela soit par refus de la pitié, soit par une pitié méprisante et condescendante, soit par une pitié générale du genre humain qui demeure indifférente à celui qui nous fait face. Néanmoins, au-delà de toutes les formes possibles de pitiés malveillantes, la vraie pitié s'annonce comme le lieu unique où nous pouvons nous ouvrir à ce que nous devons être, dans la pudeur d'une écoute patiente d'autrui qui le laisse être avant de vouloir le comprendre. Il ne s'agit pas d'écrire une histoire de la pitié, mais de dévoiler la seule vraie pitié comme unique accès possible à autrui et comme unique origine d'une véritable communauté humaine : elle est une intelligence de l'amour qui seule respecte la parole propre d'autrui et qui seule permet de vivre ensemble. Qui n'écoute pas l'insupportable souffrance d'autrui ne voit ni autrui ni lui-même et demeure un homme seul livré au monde. Au contraire, celui qui s'ouvre à la singularité inappropriable d'autrui, avant tout jugement, peut comprendre quel est "son" devoir, sa tâche insubstituable dans la réalisation de la justice. -- There is always something unbearable about pity yet a man without pity would be almost inhuman. This paradox reveals the necessity to examine the essence of pity, in order to distinguish fake pity - dangerous and disdainful - from that which comprises our humanity. Recognition of authentic pity, which respects others in their irreplaceable singularity and provides us with the intelligence of what we must do for them, allows us to free ourselves from both moralism and from an abstract rational morality, in order to envisage a tangible ethic in which the human community is above all one of suffering and joy.
En prenant appui sur la notion de monde, cet ouvrage est un parcours informé et clair de la phénoménologie de Husserl. Il interroge le sens de la philosophie considérée comme science rigoureuse, examine la nouvelle tâche que Husserl assigne à la métaphysique comme dévoilement du monde. Le projet de la phénoménologie est en effet de nous rendre attentifs à toute la richesse et à toute la diversité de l'expérience pour rompre avec le nihilisme contemporain, né de la géométrisation du monde au travers des sciences de la nature. Cet ouvrage se présente comme un excellent moyen de se familiariser avec les concepts fondamentaux de la phénoménologie.
La question de Dieu dans la pensée de Husserl fut très tôt un objet d'attention pour la recherche phénoménologique, mais la diversité des textes est telle qu'il était nécessaire d'établir le dossier historique relatif à cette question. Bien évidemment, la mise en lumière de l'unité et de la continuité des analyses de Husserl sur Dieu est animée par une interrogation proprement spéculative: quelle place pour Dieu dans une philosophie descriptive qui se veut méthodologiquement athée? A partir du "je" transcendantal, quel est l'accès possible à la pure phénoménalité de Dieu? Si Husserl décrit la transcendance de Dieu comme celle d'une Idée théorique, éthique et téléologique, il ne s'agit pas pour lui de s'en tenir aux reconstructions abstraites de la métaphysique, niais de revenir à l'expérience originaire de Dieu. La réduction phénoménologique ne demande pas de cesser de croire, mais elle rend possible une purification éthique de l'expérience religieuse qui permet d'élucider son sens. En cela, tout le projet contemporain d'un concept non ontologique de Dieu est redevable à Husserl d'avoir fait le premier pas décisif en affranchissant de tout en soi "et en montrant que la transcendance de Dieu ne peut être séparée de la vie intentionnelle dans laquelle elle s'annonce. Husserl ne confond pas pour autant philosophie et théologie, et la compréhension de Dieu comme évidence d'une Idée pratique infinie laisse ouverte la possibilité de la Révélation sans vouloir parler pour elle."
L'accomplissement de soi est la grande inquiétude de la modernité, car l'individu se cherche là où il n'est pas: soit dans une intériorité close où, à force d'être face à lui-même, il n'éprouve plus que le vide de son être, soit dans la pure extériorité des relations mondaines qui le dispersent. Entre le retour indéfini sur soi et l'éclatement de soi par le monde, il ne sait plus qui il est et comment se rassembler. La revalorisation actuelle de la posture stoïcienne de la citadelle intérieure révèle une angoisse irrépressible face à la possibilité d'être soi dans le monde. En réponse à cette mise en question, la construction d'un bunker de l'intériorité ne peut donner qu'une illusion de liberté. La philosophie médiévale (saint Augustin, saint Thomas d'Aquin) propose une autre façon d'être soi, de se soucier de soi, dans laquelle l'immensité non maîtrisable de notre intériorité devient lieu d'ouverture et de réponse à l'altérité. Tout notre être, y compris notre sensibilité, peut et doit participer à la recherche de la sagesse; il y a ainsi une sagesse fondamentale des passions. La métaphysique de la subjectivité (Kierkegaard) et la phénoménologie contemporaine (Husserl, Binswanger, Lévinas et Maldiney) réactualisent, après des siècles d'oubli, cette affectivité comme source d'une intériorité vivante, c'est-à-dire ouverte. Le témoignage, la patience et la compassion montrent qu'il n'y a pas de devoir sans affection et qu'il n'est possible d'être soi qu'en s'exposant à l'événement. Entre l'intériorité d'île et l'intériorité d'exil, l'homme doit choisir son style d'existence: être en exil et vivre, ou rester en soi et mourir.
L'identité personnelle n'est pas l'identité de la chose, et pourtant l'ombre de la chose se retrouve encore dans bien des philosophies de la personne, quand elles veulent identifier une constance venant absolument de soi. Or, la constance proprement humaine ne saurait être un repli sur des caractères figés, et elle doit au contraire être pensée dynamiquement comme une réponse toujours ouverte et inquiète à ce qui nous touche au-delà de ce que nous pouvons recevoir. La philosophie médiévale de saint Augustin à saint Thomas d'Aquin a donné à penser et à vivre une identité brisée de la personne. La philosophie moderne (Kant) et la phénoménologie (Husserl, Heidegger, Levinas, Maldiney) permettent, elles, de redécouvrir cette identité impossible, voire anarchique, qui est notre avenir avant d'être notre présent et notre passé. Comprendre philosophiquement la personne en tant que créature comme un être qui est pour autre chose que lui-même, c'est alors pouvoir surmonter les multiples formes du nihilisme actuel qui enferment l'homme dans des identités mortes. Dès lors, élucider cette différence personnelle, qui n'est plus la particularité d'un genre, mais la dimension dramatique, active, de l'existence, permet de mettre en lumière le fait que la signification éthique de la personne est toujours première.
Résumé : Révisez l'essentiel de ce qu'il faut savoir, pour le bac et au-delà, sur les plus grands philosophes, de Socrate à Michel Foucault. Dans un format pratique et maniable, retrouvez une présentation synthétique de la vie de ces penseurs et de leurs apports philosophiques. Un classement chronologique de ces 60 philosophes permet de bien saisir les grands courants de pensée à travers les siècles et les frontières.
Résumé : L'esthétique est une fois encore à l'ordre du jour philosophique. Notre époque, pressée d'en découdre avec la fin proclamée de l'Art, tient pour évident l'objet de cette discipline. Or l'esthétique est relativement récente : la réflexion sur l'art est une histoire parallèle à celle de la rationalité. Marc Jimenez en retrace ici le développement. C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, qu'elle conquiert ses lettres de noblesse, quand devient primordiale la question du Beau comme accès au sens, à la vérité. Alors s'ouvrent des voies diverses : la science du beau (Kunstwissenschaft) n'est pas la faculté de juger kantienne ni la philosophie de l'Art, entre tradition et modernité, imaginée par Hegel. D'où les grands changements de perspective opérés au XXe siècle : le tournant esthétique de la philosophie, inauguré par Nietzsche ; le tournant politique de l'esthétique (Lukàcs, Heidegger, Benjamin, Adorno notamment) ; le tournant culturel de l'esthétique (Goodman, Danto, etc.). Rarement un ouvrage aura dressé un panorama aussi exact qu'utile de l'esthétique d'hier à aujourd'hui, alors que l'art demeure, pour la philosophie, une question essentielle.
Découvrez ou redécouvrez les oeuvres clés de la philosophie, des Dialogues de Platon à l'Histoire de la folie à l'âge classique de Michel Foucault. Les oeuvres majeures de chaque philosophe sont résumées, et leur apport dans l'histoire de la pensée est mis en avant et explicité. Ce petit livre donne les clés nécessaires pour construire une dissertation ou un commentaire de texte, mais se veut aussi une invitation à lire de la philosophie...
Les citations sont regroupées autour des 25 grandes notions philosophiques étudiées pendant l'année de terminale dans la perspective du baccalauréat. Chaque notion est précédée d'un texte introductif. Le classement des citations se fait dans l'ordre alphabétique des notions et à l'intérieur de ces ensembles dans l'ordre chronologique des citations. Chaque citation est numérotée, ce qui permet d'y accéder par un index des auteurs en fin d'ouvrage. En bonus : des dossiers sur tous les philosophes du programme et une méthode et des conseils pour savoir utiliser les citations à bon escient dans ses dissertations.