Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Pratiques lettrées au Japon et en Chine. XVIIe-XIXe siècle
Horiuchi Annick ; Struve Daniel
INDES SAVANTES
23,00 €
Épuisé
EAN :9782846542609
Ce volume rassemble cinq contributions qui dévoilent des aspects fondamentaux de la culture et des pratiques lettrées dans le Japon et la Chine modernes. Les historiens ont longtemps abordé la pensée des auteurs chinois et japonais à partir des grands concepts, retraçant leur évolution au sein des courants et des écoles. La démarche adoptée ici cherche à resituer les lettrés et leurs productions dans leur contexte social, à mesurer l'impact de leurs discours sur les contemporains et à examiner de plus près les vecteurs de diffusion des savoirs. Deux des contributions posent la question du positionnement du lettré dans la société de son temps, les trois autres abordent des thèmes particuliers tels que l'art d'écrire, les conseils d'étiquette, et les savoirs contenus dans les encyclopédies populaires. Le volume s'achève par quelques extraits du Keikodan (Leçons du passé) de Kaiho Seiryô (1755-1817) qui permettront au lecteur de se faire une idée plus concrète des préoccupations du monde lettré japonais à la fin du XVIIIe siècle.
Analyse de la société japonaise/chinoise/coréenne sous l'angle du statut et de l'identité. Il s'agit d'une part de corriger l'idée que cette société fonctionnait selon le système rigide et intangible des quatre statuts (guerrier au Japon/ lettré-fonctionnaire en Chine et en Corée ; paysan ; artisan ; marchand). Sont notamment examinés le statut servile en Chine, celui des chefs aïnous, ces habitants des confins septentrionaux du Japon, ou encore celui des concubines dans les familles guerrières. Identité de bourgeois au Japon, à travers des textes imprimés de l'époque et des documents du for privé, sur celle du catholique face à la politique d'interdiction, toujours au Japon ou encore celle des "gens intermédiaires" de Corée, ces fonctionnaires entravés dans leur ascension par leur naissance. En faisant une large place aux voix des roturiers, il s'agit de redessiner les contours d'une société plus complexe et moins immobile qu'on ne l'avait imaginée.
Les articles réunis dans ce volume sont pour la plupart consacrés à l'histoire de l'éducation au Japon. Ils offrent des éclairages et des pistes de réflexion sur l'un des événements majeurs qui ont marqué l'entrée de ce pays dans la modernité, à savoir la mise sur pied d'un système éducatif calqué sur le modèle occidental. Cette entreprise, qui démarre au Japon au milieu du XIXe siècle, est un long processus au cours duquel les modes d'apprentissage et d'enseignement anciens, développés sous le régime des Tokugawa (XVlle-XIXe siècle), sont progressivement remis en question et adaptés aux exigences nouvelles de la société. Le présent ouvrage permet de saisir toute la complexité de ce processus. Il examine non seulement la façon dont les réformes décidées au plus haut niveau se sont traduites concrètement sur le terrain mais il procure également un aperçu sur l'état de l'enseignement élémentaire et spécialisé sous les Tokugawa. Un article, consacré à l'école de Nanyang en Chine au début du XXe siècle, vient illustrer en contrepoint la diversité des attitudes adoptées face au défi commun de la modernisation.
Les mathématiques japonaises (le wasan) ont jusqu'ici rarement trouvé place au sein d'une histoire générale des mathématiques. Elles ne pouvaient se prévaloir d'être les plus anciennes du monde : leur développement se situe entre le XVII et le XIX siècle, alors même que se dessinent en Occident les contours des mathématiques dites modernes. Elles ne pouvaient non plus prétendre avoir contribué à la constitution de ces dernières. La production foisonnante du wasan est restée largement méconnue en dehors du Japon. Mais, plutôt que de lui trouver une place à tout prix, pourquoi ne pas employer le wasan comme uq instrument de distanciation et de réflexion par rapport 4 notre propre tradition ? Cette étude se veut un premier pas dans ce sens. Elle éclaire un moment-clé de son développement, lorsque les Japonais découvrent l'algèbre à une inconnue dans un manuel chinois du XIII siècle et élaborent à partir de cette dernière un système de notations et de techniques de calcul d'une grande finesse, rappelant les réalisations de leurs contemporains européens. Au-delà de l'aspect mathématique, cet ouvrage apporte également un éclairage sur l'époque qui a vu naître cette activité scientifique. A travers la vie et la carrière de Seki Takakazu et de Takebe Katahiro, amplement développées ici, on pourra entrevoir la corrélation déjà cruciale entre pouvoir et science dans le Japon des shôgun Tokugawa.
Biographie de l'auteur Pierre-Henri Simon (1903-1972), membre de l Académie française, est l écrivain le plus pénétrant auquel les Charentes ont donné naissance. Il réussit là un roman d une intense vigueur, qui marie la modernité à la raison classique. Il s y montre ici d une clairvoyance extrême sur ce qui fonde toute vie intelligemment conduite : le tiraillement entre un humanisme jamais assez conciliant et sa nécessaire mise en doute.
Quand deux personnes se rencontrent dans un escalier, celle qui descend porte des souliers vernis et celle qui monte des sabots pleins de paille. Cet aphorisme était fort prisé dans les salons de la petite bourgeoisie des bourgs charentais au début du XXe siècle. Il illustre l'angoisse d'une classe sociale en déclin. Et Les Valentin en sont une magnifique expression littéraire. Il s'agit du premier roman de Pierre-Henri Simon, tout juste sorti de Normale Sup'. Il a 28 ans lors de sa publication. Son thème est l'histoire d'une famille déchirée dans une Saintonge marquée par la crise de l'entre-deux-guerres. Remarquables descriptions de notables ruraux dépassés par leur temps, atmosphère de gros bourg parfaitement rendue avec ses rites immuables qui pourtant se craquellent de partout, portraits forts évocateurs de ceux qui montent comme de ceux qui descendent, de ceux qui tentent de s'en accommoder comme de ceux qui résistent, ce premier roman est une réussite qui augure pleinement de la profondeur de vision de l'?uvre à venir. Le personnage le plus saisissant est celui d'une petite Antigone de village qui, pour sauver quelques bribes de la tradition, se voit destinée par sa famille à un mariage qu'elle rejette de tout son être. Elle tente d'abord d'échapper à la situation, elle fuit pour " faire la morte ", puis se ressaisit et fait face courageusement. La maison de famille devient alors un symbole de résistance et non plus un simple destin matériel.
Jean Geoffroy est né à Marennes en 1853. Très tôt, avec ses parents, il part pour Paris où il reçoit une solide éducation artistique. A partir de 1875, il travaille pour l'éditeur Jules Hetzel, participe à l'illustration de nombreux ouvrages destinés à la jeunesse et réalise plusieurs affiches publicitaires. Sous le nom de Géo, il participe régulièrement aux Salons qui accueillent avec succès ses peintures et ses aquarelles. Représentant du courant naturaliste, il met ses sujets principaux, l'enfance et la famille, au service de la jeune troisième République et de ses idéaux, se faisant un héraut des réformes scolaires lancées par Jules Ferry ou Ferdinand Buisson. Dès lors, son art se met dans les pas de l'Histoire, celle qui prônait les vertus nationales à travers l'exaltation de l'école républicaine et la mise en place d'un système de santé pour tous. En peignant, sans pathos, le quotidien, voire l'intimité, des humbles, Geoffroy devient un passeur d'idées sociales aussi important pour les historiens que pour les historiens d'art. En son temps, la réception de son oeuvre fut enthousiaste et il bénéficia de nombreux achats et commandes de l'Etat et de collectionneurs. La ville de Saintes reconnut très tôt cet enfant du pays, puisque dès 1893, elle lui acheta son Compliment, un des chefs-d'oeuvre du musée de l'Echevinage.
L'auteur raconte l'histoire culturelle du travail selon les variations du regard que l'homme porte sur sa propre nature du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Il indique les voies par lesquelles cette vision de l'homme et de son labeur sont devenus des normes juridiques. Le foisonnement des doctrines pour définir le travail mais encore pour instaurer un ordre social qui face sa place à celui-ci est tel qu'il est difficile de trouver des césures chronologiques claires, étant posé une fois pour toute que la Grande Révolution ne fut pas un bloc. En deux siècles, le travail change de base aussi sûrement que l'homme change ses propres assises.