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Extrême-Orient Extrême-Occident N° 41 : Statuts et identités dans l'Asie pré-moderne (XVIIe-XIXe siè
Horiuchi Annick
PU VINCENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782842927394
Analyse de la société japonaise/chinoise/coréenne sous l'angle du statut et de l'identité. Il s'agit d'une part de corriger l'idée que cette société fonctionnait selon le système rigide et intangible des quatre statuts (guerrier au Japon/ lettré-fonctionnaire en Chine et en Corée ; paysan ; artisan ; marchand). Sont notamment examinés le statut servile en Chine, celui des chefs aïnous, ces habitants des confins septentrionaux du Japon, ou encore celui des concubines dans les familles guerrières. Identité de bourgeois au Japon, à travers des textes imprimés de l'époque et des documents du for privé, sur celle du catholique face à la politique d'interdiction, toujours au Japon ou encore celle des "gens intermédiaires" de Corée, ces fonctionnaires entravés dans leur ascension par leur naissance. En faisant une large place aux voix des roturiers, il s'agit de redessiner les contours d'une société plus complexe et moins immobile qu'on ne l'avait imaginée.
Les articles réunis dans ce volume sont pour la plupart consacrés à l'histoire de l'éducation au Japon. Ils offrent des éclairages et des pistes de réflexion sur l'un des événements majeurs qui ont marqué l'entrée de ce pays dans la modernité, à savoir la mise sur pied d'un système éducatif calqué sur le modèle occidental. Cette entreprise, qui démarre au Japon au milieu du XIXe siècle, est un long processus au cours duquel les modes d'apprentissage et d'enseignement anciens, développés sous le régime des Tokugawa (XVlle-XIXe siècle), sont progressivement remis en question et adaptés aux exigences nouvelles de la société. Le présent ouvrage permet de saisir toute la complexité de ce processus. Il examine non seulement la façon dont les réformes décidées au plus haut niveau se sont traduites concrètement sur le terrain mais il procure également un aperçu sur l'état de l'enseignement élémentaire et spécialisé sous les Tokugawa. Un article, consacré à l'école de Nanyang en Chine au début du XXe siècle, vient illustrer en contrepoint la diversité des attitudes adoptées face au défi commun de la modernisation.
Les mathématiques japonaises (le wasan) ont jusqu'ici rarement trouvé place au sein d'une histoire générale des mathématiques. Elles ne pouvaient se prévaloir d'être les plus anciennes du monde : leur développement se situe entre le XVII et le XIX siècle, alors même que se dessinent en Occident les contours des mathématiques dites modernes. Elles ne pouvaient non plus prétendre avoir contribué à la constitution de ces dernières. La production foisonnante du wasan est restée largement méconnue en dehors du Japon. Mais, plutôt que de lui trouver une place à tout prix, pourquoi ne pas employer le wasan comme uq instrument de distanciation et de réflexion par rapport 4 notre propre tradition ? Cette étude se veut un premier pas dans ce sens. Elle éclaire un moment-clé de son développement, lorsque les Japonais découvrent l'algèbre à une inconnue dans un manuel chinois du XIII siècle et élaborent à partir de cette dernière un système de notations et de techniques de calcul d'une grande finesse, rappelant les réalisations de leurs contemporains européens. Au-delà de l'aspect mathématique, cet ouvrage apporte également un éclairage sur l'époque qui a vu naître cette activité scientifique. A travers la vie et la carrière de Seki Takakazu et de Takebe Katahiro, amplement développées ici, on pourra entrevoir la corrélation déjà cruciale entre pouvoir et science dans le Japon des shôgun Tokugawa.
Ce volume rassemble cinq contributions qui dévoilent des aspects fondamentaux de la culture et des pratiques lettrées dans le Japon et la Chine modernes. Les historiens ont longtemps abordé la pensée des auteurs chinois et japonais à partir des grands concepts, retraçant leur évolution au sein des courants et des écoles. La démarche adoptée ici cherche à resituer les lettrés et leurs productions dans leur contexte social, à mesurer l'impact de leurs discours sur les contemporains et à examiner de plus près les vecteurs de diffusion des savoirs. Deux des contributions posent la question du positionnement du lettré dans la société de son temps, les trois autres abordent des thèmes particuliers tels que l'art d'écrire, les conseils d'étiquette, et les savoirs contenus dans les encyclopédies populaires. Le volume s'achève par quelques extraits du Keikodan (Leçons du passé) de Kaiho Seiryô (1755-1817) qui permettront au lecteur de se faire une idée plus concrète des préoccupations du monde lettré japonais à la fin du XVIIIe siècle.