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Le devoir de non-abandon. Pour une éthique hospitalière et du soin
Hirsch Emmanuel ; Sicard Didier
CERF
31,90 €
Épuisé
EAN :9782204075299
Si les questions de bioéthique suscitent aujourd'hui encore quelques passions, l'actualité nous renvoie plus directement et de manière urgente aux réalités de l'éthique hospitalière et du soin. Les débats relatifs à la fin de vie, à la dépendance, aux handicaps, à la grande vieillesse, à l'accueil des vulnérabilités sociales mais aussi aux droits des personnes malades, touchent à la nature et an sens de responsabilités et de décisions qui ont pour cadre l'hôpital public. En 1995, Emmanuel Hirsch initie avec le concours de soignants de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (premier groupe hospitalier européen) une démarche sans précédent: la création de l'Espace éthique AP-HP Observatoire des pratiques hospitalières et institut universitaire de formation et de recherche, cette structure est désormais considérée comme une référence au plan national et européen. D'autres institutions conçoivent aujourd'hui leur approche de l'éthique professionnelle sur son modèle. C'est dire l'intérêt de l'expérience acquise à travers les années. Elle est en grande partie reprise et analysée dans cet ouvrage, au plus près des réalités quotidiennes du soin. Au c?ur des enjeux les plus délicats de la vie en société, l'hôpital publie est sollicité par des demandes et des attentes chaque jour plus fortes. Garant à sa façon des valeurs démocratiques, c'est vers ce lieu d'exception, accessible de manière continue et en toutes circonstances, que sont dirigées les vulnérabilités et les souffrances de la vie. L'hospitalité y est vécue dans l'engagement éthique et pratique du soin. Ne convient-il pas dès lors de mieux comprendre ce que signifie la relation de soin vécue et assumée par les professionnels comme devoir de non-abandon? Que représentent aujourd'hui les valeurs hospitalières dans une société à la recherche de repères mais aussi de signes tangibles d'humanité, de sollicitude et de solidarité? Comment comprendre cette expression d'une résistance éthique assumée par des professionnels face aux tentations du désistement, du renoncement, voire de l'indifférence? L'hôpital incarne au vif des réalités sociales les plus délicates un engagement moral et politique qui s'avère plus que jamais indispensable à la cohésion sociale.
Résumé : La crise sanitaire s'inscrit désormais dans la longue durée. Nous devrons " vivre avec ". Mais, pour ce faire, il est impératif que nous saisissions les défis éthiques qui attendent notre démocratie et les principes à mobiliser afin d'assurer des arbitrages. Une réflexion urgente ! Limitation des libertés individuelles, consignes de tri en réanimation, déprogrammation d'opérations, priorisation des vaccinations et de l'accès aux soins, obligation vaccinale des soignants... La pandémie nous a confrontés à des dilemmes moraux et éthiques inédits, qui ont ébranlé nos certitudes et nos valeurs, et sur lesquels il a fallu trancher dans l'urgence, sans véritable concertation sur le sens des libertés. La crise sanitaire s'inscrit désormais dans la longue durée. Nous devrons " vivre avec ", et nous préparer à faire face à d'autres menaces, d'autres risques qui ne manqueront pas de survenir. Mais, pour cela, il est impératif que nous saisissions les défis qui attendent notre démocratie et les principes à mobiliser pour assurer des arbitrages judicieux. A partir des situations et des débats les plus significatifs, Emmanuel Hirsch analyse rigoureusement le fil du processus décisionnel assumé par l'Etat, afin de tirer les leçons de cette crise. Un traité d'éthique indispensable pour comprendre hier et nous préparer à demain.
Extrait Introduction Entre vie et survie Faire le choix de la vie Il est une existence à réhabiliter, une vie à inventer, des espaces à conquérir, des significations et des relations à réinstaurer au-delà même de la maladie. Les militants du sida, puis d'autres par la suite, ont porté comme une exigence éthique la revendication de «vivre avec la maladie». Les conséquences de la maladie - souvent davantage que la maladie elle-même - altèrent une existence dès lors perçue dans ses fragilités, ses limitations et ses dépendances. La dignité de la personne malade tient pour beaucoup à sa faculté d'autodétermination ou, pour le moins, à la reconnaissance de cette part de liberté individuelle préservée en dépit des circonstances avec ses capacités propres, des ressources parfois insoupçonnées qu'il convient de rendre effectives. Le sentiment d'appartenance conforte une estime de soi mise à mal par les multiples souffrances induites par le processus de maladie si difficile à maîtriser, et plus encore par ces logiques de la dévalorisation et de l'exclusion - elles amputent la personnalité de ce qui lui est constitutif. Faire le choix de la vie malgré la maladie, c'est affirmer la volonté et le désir d'affronter et de surmonter un défi total. Il s'agit là d'un parti pris qui implique et expose, là où la tentation de renoncer a priori peut parfois apparaître préférable. Car les quelques étapes qui symbolisent ou marquent les temps fort de la maladie grave (les signes annonciateurs, l'annonce, la procédure de décision du traitement, le suivi avec ses différentes phases, l'attente) ne restituent que partiellement ce que représente la sensation d'un irrépressible envahissement. La menace s'insinue dans la sphère intime jusque dans ses fibres, au point de l'assujettir à cette obsession. La présence de la maladie suscite incertitude, effroi, mises en cause, précarités. Elle oppresse et enferme la personne dans un espace qui à la fois se rétracte, se fige et la détache, la sépare progressivement du monde. D'errance en errance, un inexorable mouvement déporte la personne hors de soi, hors des autres, hors du temps, en ce territoire incertain de l'exil où se dissipent les derniers repères et même le sentiment d'encore exister. Le balancement perceptible entre vie et survie représente alors un enjeu déterminant de ce qui s'éprouve face à la maladie grave. Aujourd'hui, la notion de «souci de soi» relève en effet de préoccupations qui interrogent, par exemple, le sens même d'une existence qui s'avérerait incompatible avec des critères subjectifs justifiant la valeur d'une existence et refusant ainsi ce qui la disqualifierait. Les conditions mêmes de la vie, l'évaluation de sa respectabilité au même titre que celle de sa dignité, représentent pour la personne malade l'indicateur ou la balise susceptible de déterminer ses choix. De telle sorte que certains contestent le statut de survivant ou plutôt s'y opposent en faisant valoir des revendications, des droits spécifiques à la personne malade qui, faute d'être reconnus, incitent aux positions du renoncement à se soigner. Ne pas honorer en pratique ces principes de dignité, induit parfois l'ultime expression d'une affirmation et donc d'une autonomie. En situation extrême, elle peut s'exprimer dans la sollicitation du suicide médicalement assisté, voire de l'euthanasie. Il s'avère donc nécessaire d'identifier les différents registres que recouvre l'interrogation portant sur les conditions d'existence d'une maladie digne d'être vécue, digne d'être assumée comme un combat de vie justifié et socialement reconnu dans ses significations profondes. Mieux comprendre ce qui du sentiment de vivre fait évoluer vers cette sensation de survie, c'est tenter d'analyser l'indignité de ce qui s'éprouve invivable, insurmontable et donc préjudiciable dans l'expérience de la maladie chronique. Les catégories de l'éthique biomédicale sont dès lors tout autant impliquées dans cette réflexion que les valeurs constitutives de la vie démocratique, à travers l'arbitrage des choix politiques qui parfois incitent aux plus contestables renoncements. Je concluais mon précédent ouvrage sur ces quelques observations que je souhaite reprendre dans la continuité d'une réflexion que j'approfondis aujourd'hui.
La bioéthique ne concerne pas que les aspects les plus innovants ou performants de la biomédecine. Il convient de saisir les valeurs du soin, cette notion de care désormais au coeur du politique qui confère une signification autre que strictement médicale à cette sollicitude exprimée dans l'acte de soin. La personne malade revendique le droit d'être reconnue dans ses valeurs propres et son autonomie, au-delà de ce que serait le seul traitement (cure) de sa maladie. Depuis quelques années, le « droit de la personne malade » induit de nouvelles pratiques. Au coeur du soin, les circonstances délicates de l'annonce de la maladie, celles de la décision partagée incitent à penser selon d'autres termes la relation de soin. Mais les avancées biomédicales sollicitent également une réflexion approfondie portant sur les mutations produites notamment par la pratique des tests génétiques, la thérapie cellulaire, l'assistance médicale à la procréation, les neurosciences, les allogreffes de face, les prélèvements d'organes. Les nouvelles représentations de la vie, du vivant, de la fin de vie, voire de la mort dite « clinique » déplacent les repères et peuvent inciter à des ruptures qui affectent nos conceptions de la personne et les valeurs constitutives de la démocratie. Il importe de pouvoir concilier l'humanité du soin avec sa technicité. Il s'agit de la réédition en 3 tomes entièrement revue, actualisée et augmentée, de l'ouvrage Ethique, médecine et société
La loi sur la fin de vie du 2 février 2016 rend désormais possible une assistance médicalisée assimilée par certains à l'aide active à mourir, ce que revendiquent depuis des années les apôtres du suicide assisté ou de l'euthanasie. De nouveaux droits y sont proclamés, comme celui d'éviter toute souffrance en décidant de mourir de manière anticipée, sous sédation profonde et continue. Pouvoir ainsi recourir aux dispositifs d'une mort à la demande, dans la minutie de procédures médico-légales, est-ce l'avancée démocratique attendue pour "mourir dans la dignité" ? Cette "dernière liberté" constitue-t-elle le nouveau modèle de la "bonne mort", une nouvelle éthique du "bien mourir" sous contrôle médical ? Les derniers temps d'une existence sont affaire intime ; ils relèvent de circonstances personnelles. Ils sont pourtant devenus l'enjeu de débats politiques et de décisions légales qui aboutissent aujourd'hui à de nouvelles pratiques médicales. Au-delà d'une promesse électorale et d'une concertation nationale n'ayant pu aboutir qu'au consensus provisoire d'un texte de loi ambigu et d'une application compliquée, nos responsabilités demeurent auprès de celui qui va mourir. N'aurait-il pas été alors plus sage et courageux de créer les conditions effectives d'un choix possible entre un accompagnement humain jusqu'au terme de la vie et une euthanasie par compassion ?
Ca démange, ça brûle, ça sent mauvais ? Ca vous rend moche à vos yeux ? Votre corps fait des siennes, mais vous ne savez pas comment vaincre la gêne d'en parler ? Tous ces petits et gros tracas ont un point commun : il n'est pas aisé d'en parler à votre médecin. Trop anodin, trop loufoque, trop intime... Pourtant, aucune question n'est trop ridicule pour être posée. Et aucun désagrément n'a le droit de vous gâcher la vie, sous prétexte qu'il se niche sous vos aisselles ou dans votre intestin. Haleine, poux, gaz, sécrétions... Mélanie Morin, chroniqueuse au "Magazine de la santé", sur France 5, a mené l'enquête au fond de vos estomacs, à la racine de vos cheveux, sous vos draps et jusque dans votre culotte. Elle a sollicité des médecins chevronnés pour répondre aux questions les plus embarrassantes que vous vous posez. Sans tabou, cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui, un jour, ont eu envie de commencer une phrase par : "Docteur, j'ai un ami qui...". Soyons honnêtes, des questions "délicates", on s'en pose tous ! Grâce à ce livre, apprenez à mieux connaître votre corps, à dédramatiser et à vous décider à parler de votre souci, aussi gênant soit-il !
Résumé : "Avec le développement de l'information santé sur internet et dans tous les médias, l'hypocondrie se porte bien ! Inconvénient : elle déverse des tombereaux d'anxiété sur toutes celles et tous ceux qui veulent vivre mieux et le plus longtemps possible. On est tenté de penser au pire au moindre pépin. Dans l'immense majorité des cas, on se trompe. Et mon expérience de médecin me le prouve : il suffit de se pencher avec un peu de sérieux sur les symptômes que présente le patient pour, très souvent, constater qu'il a surinterprété les choses. Ce livre, je l'ai écrit pour vous rassurer, vous convaincre que ce dont vous souffrez n'est peut-être pas si grave, vous dire que oui, vous allez mourir, mais pas forcément tout de suite ! Je ne prétends pas rivaliser avec Molière et son inoubliable Malade imaginaire mais, vous verrez, le décalage qui existe entre vos craintes et la réalité est parfois assez cocasse... " M. C.
Qu'est-ce que la médecine humanitaire ? Celle qui s'adresse à des populations marginalisées, éprouvées par une crise ou privées d'accès aux soins. Celle qui s'exerce sans autre objectif que de se rendre utile. Tout membre d'une organisation oeuvrant dans ce domaine se reconnaîtra sans doute dans cette définition.Mais au-delà de ces principes essentiels et partagés, les situations sur le terrain conduisent à interroger les enjeux, les limites, les contraintes politiques, les paradoxes, les développements possibles de cette médecine. Car, plus que dans l'acte, ce sont les situations qui font la spécificité de la médecine humanitaire et que Rony Brauman nous invite à comprendre.
A l'âge de 49 ans, on diagnostique à Norman Cousins une grave et douloureuse maladie. Les médecins ne lui donnent qu'une chance sur cinq cents de guérir. Plutôt que de se morfondre, il décide de prendre les choses en main et se lance dans un programme intensif de "positive attitude". Il quitte l'environnement anxiogène de l'hôpital, s'installe à l'hôtel, se fait projeter les meilleurs films comiques et réduit son traitement à de fortes doses de vitamine C. En quelques mois, ses résultats sont stupéfiants et Cousins retrouve un état de santé satisfaisant. C'est cette incroyable expérience qui bouleversa sa vie, et ses enseignements, qu'il raconte dans ce livre fondateur. Grâce à lui, de nombreux médecins comprendront enfin le rôle essentiel des patients dans le processus de guérison.