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La reécriture de l’Histoire dans la littérature francophone
Hirchi Mohammed
PETER LANG INC
99,56 €
Épuisé
EAN :9781433116612
Dans ce livre, qui s'inspire en partie du travail de Hayden White, je discuterai la relation entre le discours narratif et la représentation historique et littéraire selon l'approche critique de quatre écrivains contemporains d'expression française, Abdelkebir Khatibi (Maroc), Edouard Glissant (Martinique), Yves Valentin Mudimbé (République Démocratique du Congo) et Assia Djebar (Algérie). Une lecture attentive de leurs oeuvres romanesques et théoriques me suggère que le discours narratif n'est pas une forme neutre dont la fonction est la représentation du monde extérieur, mais plutôt une activité qui se développe selon des choix d'ordre ontologique et épistémologique qui ont des implications idéologiques. Je maintiendrai que l'écriture de ces auteurs soulève des questions concernant la légitimité du discours colonial et son incapacité à signifier la subjectivité du subalterne. Ces questions s'inscrivent dans le cadre d'une tentative de redéfinir l'histoire et la culture de leurs sociétés d'origine. Cette redéfinition consiste à briser les barrières séparant la fiction et l'histoire en faisant recours à une écriture métafictionnelle où on a une cohabitation des genres.
Résumé : Ce récit autobiographique retrace le cheminement sensible, intellectuel et politique d'une enfant de l'immigration postcoloniale, née dans l'Est de la France en 1987. De son plus jeune âge l'écrivain se souvient, et dès lors revisite les expériences fortes qui ont pour elle valeur d'événements constitutifs de sa pensée, de la vérité sociale, politique et historique qui est la sienne aujourd'hui. Souvenirs d'une vie à trois tendre mais laborieuse, de parents aimants, d'un logement dont les fenêtres ouvrent au loin sur une zone pavillonnaire et le tracé d'une rivière. Ainsi passent les années. Mais soudain Hania et Mohamed songent à mettre leur fille à l'abri d'un danger qu'ils ne nommeront jamais. Du quartier ils vont donc l'éloigner pour l'inscrire dans un collège catholique de l'autre côté de la ville. Et c'est à partir de ce double chemin de vie, déplacement imposé, que s'élabore cette enquête intersectionnelle au coeur des mondes sociaux dans lesquels l'écrivain a vécu ; un geste de ressaisissement de soi par lequel elle observe la manière dont l'entremêlement des rapports de pouvoir et de lasse, de genre et de race, marque les existences. Sans jamais tourner le dos aux siens et pour mieux les retrouver, à la sortie du lycée Kaoutar Harchi, narratrice et personnage de ce récit, se lance dans une formation d'intellectuelle critique, celle qui place aujourd'hui ce livre entre la beauté d'une langue puissamment littéraire et le désir de justice.
Résumé : A l'époque coloniale, le corps indigène est soumis à un état d'exception permanent. Ce procédé est au coeur de l'institution de l'indigénat. Sur le plan juridique et politique, le sénatus-consulte rend le droit musulman et les coutumes des colonisés incompatibles avec la moralité républicaine, tandis, que sur le plan culturel, le colonisé est représenté comme indigne de la qualité de citoyen - bien qu'il soit membre de la nation française. Inclus en tant qu'exclu, il se trouve assujetti à un régime légal qui établit au coeur de l'Etat de droit une suspension du principe d'égalité. Cette exception juridique et politique n'a toutefois pas disparu avec la décolonisation, comme le montre la fréquence des crimes policiers dans les quartiers populaires ou le caractère xénophobe et répressif des lois successives sur l'immigration. Les représentations discriminantes demeurent vivaces dans la société française d'aujourd'hui, et la violence institutionnalisée s'abat depuis des décennies sur les populations issues des anciennes colonies. "Le Corps d'exception" fait la démonstration implacable de cette continuité.
Peu de pays égalent l'Irlande dans sa réputation musicale. Car la musique irlandaise fascine : passée d'une petite île en marge d'un vieux continent à l'immense diaspora irlandaise, d'une profession aristocratique à une activité populaire, d'une existence essentiellement rurale à un engouement urbain, des petites cuisines aux scènes du monde, de la musique de danse aux compositions orchestrales, des musiciens irlandais expérimentés aux débutants japonais, sa capacité d'adaptation semble infinie. Cet ouvrage offre un panorama global de l'histoire de la musique irlandaise dans un style clair et accessible, et nous raconte ses ajustements constants et ses révolutions, d'une tradition ancienne jusqu'à son influence internationale aujourd'hui, via sa recréation et sa sauvegarde par des passionnés et des militants. Avec plus de trente-cinq ans de passion pour l'Irlande et sa musique, et d'un point de vue extérieur, l'auteur tente de combler un manque dans l'univers des études irlandaises en explorant les implications des mutations de la musique, de la danse et du chant irlandais, en replaçant continuellement la musique dans son contexte social, politique et historique.
Le présent ouvrage s'intéresse aux archives de l'oeuvre de romanciers ou d'illustrateurs en littérature pour la jeunesse, démarche assez neuve dans ce domaine des études littéraires. L'approche proposée recourt à l'analyse des sources, des témoignages d'auteurs, à l'étude de la genèse du texte ou des images. Il s'agit donc de produire une compréhension des oeuvres en s'attachant à leur fabrique. Le travail de documentation de l'écrivain, la variété de ses sources - matérielles ou non, les avants-textes dans leur rapport à l'oeuvre éditée, portent la trace du projet d'auteur. Les différents travaux réunis tendent ainsi à dévoiler tout ou partie du processus de création artistique, dans sa complexité, dans sa variété et apportent un éclairage nouveau sur le sens des oeuvres considérées.
Cet ouvrage a pour objectif d'interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont "pratiqué l'image dans le concept" . Les auteurs s'interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l'élaboration des schèmes philosophiques à travers l'histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l'histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d'assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L'ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d'opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l'image et la constitution de la pensée par l'image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
Ce volume réunit douze études de cas : des vies d'architectes européens, écrites par des historiens de l'art et de l'architecture allemands, espagnols, français, italiens, russes, suédois. Il s'agit d'architectes qui, nés et éduqués dans une culture, héritiers d'une ou plusieurs traditions nationales, ont travaillé à l'étranger, au sein d'une autre culture, en y apportant des éléments nouveaux. Ou encore de ceux qui vécurent leurs années de voyage comme une véritable expatriation. Ces architectes transfuges, cosmopolites, créateurs de confusions stylistiques qui posent tant de problèmes aux historiens de l'art et rompent les schémas des écoles nationales, furent en grande partie responsables de la création de l'Europe architecturale, architecturée et architecturante bien au-delà de ses propres limites. L'existence de cette "Europe architecturale" est l'hypothèse générale proposée ici. L'européanité de ces architectes italo-français ou italo-russe, franco-suédois ou hispano-mexicain, fut tantôt délibérée, exigée par le commanditaire ou la communauté d'accueil, tantôt une conséquence de leur vie comme ensemble de circonstances. Telle une réaction au besoin d'adaptation, cette dernière, complète ou partielle, a souvent donné lieu à une création inédite. Comment étudier, comprendre, décrire, classer leurs oeuvres ? Pourrions-nous, en nous fondant sur ces cas, ébaucher une nouvelle histoire de l'architecture européenne ?