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Cultures & Sociétés N° 1, premier trimestre 2007 : Renaître
Hintermeyer Pascal ; Dadoun Roger ; Hanus Michel ;
TERAEDRE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782912868367
Renaître c'est recommencer, redémarrer après une scansion, un arrêt sur image, une interruption des programmes, une parenthèse, un entre-deux ou, carrément, une mort, généralement symbolique toutefois. Renaître, donc, impose une rupture dans le continuum temporel, une arythmie d'un temps plus cyclique que linéaire (Pascal Hintermeyer). Mais "Qu'est-ce que naître ? " s'interroge le poète et, dès lors, pourquoi remettre cela, renaître encore et en corps (Roger Dadoun) ? Vivre c'est faire l'apprentissage de la mort à commencer par celle des autres. Les sociétés de la tradition apprivoisent, tout au long des vies individuelles, les morts réelles par l'usage rituel des morts symboliques ; du coup, le deuil s'opère. Dans les sociétés surmodernes, notre rapport au temps rend moins aisés le processus de deuil et la sortie du deuil (Michel Hanus). Renaître c'est aussi composé avec un avant et un après, individuel, telle la schize provoquée par l'annonce d'une séropositivité (Marc Egrot) ou collectif dans un travail de restauration des origines, comme la reconstruction traditionnelle d'un Moai à l'Ile de Pâques (François Le Calvez et Daniel Monconduit), ou la préservation des richesses culturelles, comme la renaissance de la culture cachoube en Poméranie (Ludwik Kostro, Wojtek Bieszk et Magdalena Gajewska). Mais derrière toutes ces mutations ontologiques demeure le mythe persistant d'une immortalité possible ou, tout du moins, d'un corps maîtrisable et moins soumis aux contingences de son environnement. Et si le nouveau bébé était post-humain (Maxime Coulombe) ?
Michel Foucault continue à marquer des pans entiers de la pensée contemporaine en apparaissant comme un penseur à multiples facettes, qui se joue des frontières, bouscule les clivages établis, évolue sans cesse, surgit là où on ne l'attendait pas, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives. Depuis sa mort, en 1984, son influence épistémologique, géographique et culturelle n'a cessé de croître. Pour expliquer son rayonnement international, on insiste souvent sur son succès aux Etats-Unis. Nous nous intéressons ici à sa réception dans plusieurs aires culturelles européennes et au positionnement de son oeuvre par rapport à divers auteurs (Lacan, Habermas, Weber, etc.). L'influence exercée par Foucault post mortem à travers la diffusion de toute une terminologie issue de ses travaux est un signe de cette empreinte durable : assujettissement, panoptisme, dispositifs, biopolitique. Ainsi se dessine un portrait de Foucault à la fois cohérent et divers. Cohérent dans son refus des essentialismes et des téléologies, dans sa volonté de transcender les divisions instituées. Divers dans ses talents, ses combats, ses initiatives.
Qu'elle soit une valeur, un mythe, une idéologie moderne ou la garante d'un nouveau réalisme libre de toute idéologie, la singularité est toujours un parti-pris. Ainsi la singularité du Robinson de Defoe fait-elle oublier l'invraisemblance psychologique flagrante de sa performance solitaire et forge-t-elle le rêve démiurgique moderne de l'individu auto-suffisant et autonome. Le parti pris peut être nominaliste - car le nominalisme (Occam, Mauthner, Stirner, Nietzsche...) ne connaît d'objets que particuliers -, subjectiviste (Rousseau, Goethe...), esthétique (Huysmans, Wilde, Barrès...), nationaliste (Barrès encore...) ou prendre la forme d'une stigmatisation assimilant génie et folie, exception et idiotie... Les Figures de la singularité explorent l'aspect nominaliste jusque dans ses variantes "quelconques" (Clément Rosset, G. Agamben) et la philosophie du sujet de l'époque idéaliste jusque dans ses conséquences solipsistes (Fichte). Elles s'intéressent à la singularité biographique et narrative de l'époque moderne et à la diversité de ses incarnations : artistes créateurs d'eux-mêmes, rebelles, dissidents... Comme aurait dit Nietzsche, c'est un thème pour chacun et personne, au croisement de la philosophie, de la littérature et de l'imaginaire collectif.
Etincelle de la philosophie du langage moderne, Lichtenberg fait, le premier, apparaître que nous sommes toujours en train de parler déjà quand nous nous mettons à raisonner sur le langage. Wittgenstein cherche à appréhender ce qui, dans le langage, est seul susceptible de fonctionner et ce qui ne l'est pas. Le dialogue entre ces deux auteurs si éloignés dans le temps est susceptible d'éclairer d'une lumière nouvelle l'oeuvre de Wittgenstein. Etincelle de la philosophie du langage moderne, Lichtenberg fait, le premier, apparaître que nous sommes toujours en train de parler déjà quand nous nous mettons à raisonner sur le langage. Nous ne pouvons sortir du langage avec le langage. La théorie ascétique et entièrement descriptive de Wittgenstein constitue une mise en application systématique de la maxime de Lichtenberg : "Toute notre philosophie est rectification de l'usage linguistique". Wittgenstein cherche à appréhender ce qui, dans le langage, est seul susceptible de fonctionner (d'avoir du sens ou une utilisation concrète) et ce qui ne l'est pas. Le sujet n'est pas à proprement parler éliminé. Or si l'on se limite à ce qui est seul possible et sensé dans l'utilisation du langage, les problèmes posés par les prérogatives du sujet s'éteindraient d'eux-mêmes. Lichtenberg, en revanche, parvient à relier la mise au centre du sujet de l'expérience, caractéristique de son époque, à une approche non pas affirmative, mais performative, expérimentale et mouvante du sujet. Le dialogue entre ces deux auteurs si éloignés dans le temps est susceptible d'éclairer d'une lumière nouvelle l'oeuvre de Wittgenstein, voire d'aider à mettre à distance les impasses et dualismes coutumiers : holisme et individualisme, langage privé et public, subjectif et intersubjectif, structure et rythme, identité et éclatement, profondeur et surface, explication causale et explication par l'usage ou par le jeu qui est déjà en cours...
Ce livre est une analyse polémologique fondée sur une approche multidisciplinaire et une culture de la sociologie politique dont les suggestions, comme la ritualisation de la guerre, la martyrologie, les mythes, la question de l'honneur et du prestige, et la dimension sacrificielle des stratégies, conduisent, à la fois, à l'examen exploratoire de la dynamique guerrière et à une réflexion approfondie des conflits armés dans le système international contemporain. L'auteur parle également du statut onirique du lien social, une hypothèse inspirée par Gaston Bouthoul. Il souligne la pertinence de "l'imaginaire collectif" dans l'analyse de la bellicité, telle que développée par Castoriadis dans L'Institution imaginaire de la société, et présente les dimensions sur lesquelles se construisent la mobilisation guerrière, le courage et l'ardeur du combattant, à savoir : la dimension sacrificielle qui symbolise la force et la mise à mort et traduit le degré de dévouement des hommes, et la dimension dualiste, qui traduit l'affrontement et à laquelle répond le phénomène de ritualisation des combattants. Bref, une perspective polémologique qui s'articule avec la dimension anthropologique et avec l'analyse actuelle des relations internationales, notamment dans les situations de troubles chroniques.
La prédication par Muhammad d'une nouvelle religion, les conquêtes arabes et la formation d'un puissant Empire islamique sont des faits bien connus et exposés dans de nombreux ouvrages. Mais cette histoire, qui paraît solidement établie, reflète la vision idéalisée d'auteurs musulmans écrivant deux siècles plus tard, soucieux avant tout de légitimer les califes abbassides et l'islam sunnite. Est-il possible d'écrire une histoire scientifique des débuts de l'Islam ? Et selon quelles voies ?
La pensée scientifique et l'essor du capitalisme ont favorisé le déclin des valeurs patriarcales et de la religion. L'approfondissement de la démocratie nous a fait sortir de l'obscurantisme et de l'intolérance, mais ces progrès ont des contreparties : l'hypermodernité estompe les différences entre les sexes et les générations, entre le maître et l'élève. Les grandes personnes s'infantilisent en s'affranchissant de leurs responsabilités et répugnent à frustrer leur progéniture. Le jeune devient, pour la première fois dans l'histoire, notre modèle et notre horizon. L'adulte tend à perdre la raison dans sa folle passion - pédofolie - pour un enfant devenu à la fois fétiche et tabou. Cet affolement face à l'enfant évoque en négatif la représentation du pédophile ; l'adulte obsédé par sa "bien-traitance" et sa protection se défendrait-il inconsciemment contre ses propres tendances incestueuses ? Etouffés par l'amour anxieux de leurs parents ou perdus au sein de familles sans cesse recomposées, les jeunes alimentent les consultations de psys qui évoquent le terme fourre-tout de "trouble du comportement". Les situations évoquées dans cet ouvrage amènent alors à poser la question : Faut-il soigner l'enfant, ses parents... ou la société ?
Guelfi Julien ; Mathé Georges ; Debré Bernard ; Mi
Le débat sur l'euthanasie comporte une forte charge irrationnelle parce qu'il nous renvoie, chacun et chacune, à notre propre mort, parce qu'il suscite des images où chacun projette ses peurs et ses fantasmes, parce qu'il fait appel pour un certain nombre d'entre nous à des observations ou des expériences vécues, parfois douloureuses. Cela pose deux questions fondamentales : A partir de quels critères peut-on juger qu'une vie vaut ou ne vaut pas d'être vécue ? Qui peut se donner le droit d'en décider ? A ceux qui pensent que le droit à l'euthanasie serait un progrès de la société, ce livre apporte des éléments d'appréciation sur les implications médicales, psychologiques et sociales. Il révèle des réalités méconnues ou passées sous silence.
Ce livre est le résultat d'une recherche-action menée avec des directeurs d'établissements spécialisés dans la prise en charge de personnes polyhandicapées. Sa visée est d'éclairer la complexité de la place qu'ils ont à tenir pour constituer leurs établissements comme des lieux de vie pour les résidents, dans le respect de leur spécificité et de leur dignité. Il s'adresse à tous ceux qui se sentent concernés par la place faite aux personnes polyhandicapées.