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Les corps en colonie. Faim, maladies, guerre et crises démographiques en Algérie au XIXe siècle - Ap
Heyberger Laurent
PU MIDI
24,99 €
Épuisé
EAN :9782810706372
La question des identités en situation coloniale, aujourd'hui largement interrogées, renvoie à d'évidents enjeux démographiques, paradoxalement beaucoup moins étudiés. Pour l'Algérie du XIXe siècle, ce constat s'explique par le caractère lacunaire et incertain de la connaissance des faits démographiques, et par le manque de sources fiables. Le bilan de la catastrophe démographique de 1867-1868 reste en partie à dresser, aussi bien pour la population indigène qu'européenne. De plus, l'état économique du pays avant 1830, le nombre d'habitants que compte l'Algérie à l'arrivée des Français, l'impact des maladies sur les populations, ou encore les conséquences démographiques de la guerre d'invasion font encore débat. En mobilisant les abondantes — et en grande partie inexploitées — archives du personnel militaire de la seconde armée coloniale du monde, cet ouvrage pro pose pour la première fois une histoire anthropométrique de l'Algérie sur la longue durée (1800-1880) qui apporte des éléments de réponse à ces questions. La stature adulte des soldats indigènes et européens, considérée comme indice biologique des niveaux de vie, est confrontée aux autres données économiques, démographiques et climatiques. L'ouvrage situe ainsi la trajectoire démographique des populations entre scénario d'Ancien Régime — prima des facteurs naturels — et scénario critique — prima des facteurs humains — et, enjeu majeur, réévalue le nombre d'habitants à l'aube de la colonisation. Il propose une lecture critique de l'histoire économique et sociale de l'Algérie, contribue à replacer les indigènes ruraux au coeur de l'histoire algérienne et offre une mise en perspective internationale et impériale du cas algérien.
L'opinion et les médias occidentaux s'intéressent aujourd'hui de plus en plus aux chrétiens du Proche-Orient. Mais c'est en général sur le mode de la complainte face à leur prochaine disparition. Sans nier les difficultés à être chrétien à l'heure actuelle, dans la région, cet ouvrage place les événements récents dans une perspective du temps long et du contexte politique global. L'histoire des chrétiens en Orient ne se réduit pas à celle d'une lente dégénérescence imputable aux musulmans. Malgré les discriminations qui leur étaient imposées, ils partageaient avec l'environnement islamique dominant des modes de vie, des croyances et des pratiques religieuses, dont l'introduction des formes modernes d'éducation les a progressivement éloignés à partir du XVIIe siècle. La montée des nationalismes a rendu difficile l'adaptation des institutions communautaires et des Eglises aux nouveaux Etats et aux nouvelles frontières, et, à plusieurs reprises, a conduit à des massacres et des expulsions. Les chrétiens ne sont pas des victimes passives de la persécution. Ils agissent et s'adaptent aux changements politiques et culturels de la région et du monde, à travers leurs institutions. Ce livre ne prédit pas la disparition des chrétiens du Proche-Orient, mais il invite à réfléchir sur les nouvelles conditions de leur présence dans des pays majoritairement musulmans.
Les " chrétiens d'Orient " sont aujourd'hui au premier plan, dramatique, de l'actualité internationale. Leur histoire donne aussi lieu, depuis quelques années, à des recherches nouvelles, attentives à l'inscription de ces " communautés chrétiennes dans leurs contextes. La sortie de l'ère postcoloniale et les crises des Etats-nations au Proche-Orient ont conféré une légitimité inédite à une approche des sociétés sous l'angle de leurs minorités, partant d'une nouvelle compréhension des notions de " frontières " , confessionnelles ou ethniques, et des interactions entre " majorité " et " minorités " . Les contributions du présent dossier portent sur l'Egypte, la Syrie, la Jordanie et la Turquie. Ces études envisagent les chrétiens non pas comme des minoritaires victimes des aléas politiques, mais comme des acteurs participant à la vie politique, intellectuelle et culturelle de leurs sociétés. Elles éclairent les fonctionnements internes des communautés chrétiennes et de leurs institutions qui, loin de s'être fossilisées dans des traditions immuables, aménagent constamment leur rapport à l'histoire et aux langues constitutives de leur identité. Ces processus profitent d'un dynamisme spirituel marqué, suivant les lieux et les milieux sociaux, par des influences occidentales et une individualisation du croire. Ils font également apparaître le rôle des diasporas dans les recompositions du fait chrétien au Proche-Orient. Hormis ce dossier, on lira également deux contributions sur une période jusqu'ici mal connue en France de l'oeuvre de Martin Heidegger, celle de ses recherches pour une " phénoménologie de la vie religieuse " , dans lesquelles s'enracine, pour une part profonde, la conception heideggérienne de l'"historialité " . Deux études complètent cette livraison : l'une sur l'économie monastique dans l'Egypte chrétienne de la fin de l'Antiquité et l'autre sur l'Ahmadiyya, ou Ahmadisme, mouvement musulman prophétique né au Penjab à l'époque coloniale, dont sont approchés ici les prolongements contemporains en France.
Ce recueil, construit comme un dialogue entre universitaires, psychologues et psychanalystes, cible la complexité des liens qui unissent l'amour à la sexualité, décrivant et analysant la névralgie de leur articulation. La partition du sexe et de l'amour est soumise à travers les chapitres à l'épreuve des contextes psychopathologiques actuels, interrogeant le féminin, la dépendance, la mort, la temporalité, la procréation et la création. Cet ouvrage sur amour et sexualité est aussi une déclaration amoureuse à la psychanalyse et la psychologie clinique, ces disciplines qui courageusement accueillent, dans l'intimité de leurs séances, la complexe singularité du sujet pour permettre ce qu'Elisabeth Roudinesco nomme une "révolution de l'intime". Les auteurs rappellent les variations de l'amour et cherchent à les conjuguer à différents temps et modes : aimer, être aimé, s'aimer, sans oublier ses modalités d'expression sous transfert. Les situations cliniques originales qui y sont présentées partagent cette complexité de l'amour, décrivent ses dérives, ses ratages, et décortiquent ses liaisons et déliaisons avec la sexualité.
Une impression de déjà-vu ? La forteresse de Dunsinane, c'est le château où s'était retranché l'usurpateur Macbeth à la fin de Macbeth, la "pièce écossaise" de William Shakespeare. David Greig reprend la situation là où Shakespeare l'avait laissée en 1606. L'assassin du bon roi Duncan a enfin été éliminé ; la dangereuse femme-sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Le retour à la paix civile ? Pas tout à fait. Certes, Macbeth l'usurpateur est mort, mais son successeur Malcolm n'est que veulerie et luxure. L'harmonie politique semble ne pas vouloir s'installer en ce royaume. Dans la suite qu'il invente à la tragédie de Shakespeare, David Greig s'infiltre dans les ouvertures, ou plutôt les ellipses de l'histoire de Macbeth, et il les remplit des doutes politiques de notre époque. Greig a vu les armées britanniques et américaines intervenir et s'embourber au Moyen-Orient. Dans Dunsinane, il montre à quel point, une fois les opérations militaires achevées, rien n'est encore joué et comment la politique continue la guerre par d'autres moyens, pour inverser la formule de Clausewitz. Greig rebat les cartes et distribue une nouvelle main aux joueurs de la partie ; il donne la parole à ceux que Shakespeare avait, à l'instar de son tyran, réduits au silence : Lady Macbeth, Malcolm, et les soldats.
Nés dans les années 1960, les jeux vidéo ont, en quelques décennies, accédé au rang de fait économique et culturel majeur. On est en effet bien au-delà, aujourd'hui, d'un phénomène générationnel. Smartphones, tablettes, consoles de salon et portatives ont modifié le profil du gamer type. Désormais, on joue à tout âge, filles ou garçons, ensemble ou séparément, en couple, entre amis, en famille. Les débats sur le sexisme qui ont récemment agité la communauté des pratiquante.s montrent qu'il est nécessaire, voire urgent, de considérer le fait vidéoludique sous l'angle du genre. Ce livre est le premier, en France, à aborder cette question de front en interrogeant les dispositifs de mise en scène et de narration qui construisent dans les jeux vidéo le masculin et le féminin, les modalités genrées d'expression et d'identification à l'oeuvre dans les relations joueur.se / avatar et les changements introduits par l'avènement des gameuses dans l'univers masculinisé des jeux vidéo.
Les grottes de la Renaissance sont des constructions artificielles évoquant par leur architecture et leur décoration les cavernes naturelles, en se référant aux nymphées de l'Antiquité. Elles ont été bâties à l'intérieur de grandes demeures ou dans des pavillons isolés au milieu des jardins, d'abord en Italie puis dans toute l'Europe du Nord à partir du milieu du xvie siècle. Commande royale ou princière, ces grottes rivalisent par leur richesse ornementale : sculptures, rocailles, coquillages, jeux d'eaux... Des recherches récentes ont permis de redécouvrir quelques-unes des plus importantes réalisations en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Italie. Les travaux de restauration menés par des architectes, les fouilles archéologiques, les études historiques conduites dans de nombreux fonds d'archives renouvellent nos connaissances sur ce sujet.