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Archives de sciences sociales des religions N° 171, Juillet-septembre 2015 : Chrétiens au Proche-Ori
Heyberger Bernard ; Girard Aurélien
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713224706
Les " chrétiens d'Orient " sont aujourd'hui au premier plan, dramatique, de l'actualité internationale. Leur histoire donne aussi lieu, depuis quelques années, à des recherches nouvelles, attentives à l'inscription de ces " communautés chrétiennes dans leurs contextes. La sortie de l'ère postcoloniale et les crises des Etats-nations au Proche-Orient ont conféré une légitimité inédite à une approche des sociétés sous l'angle de leurs minorités, partant d'une nouvelle compréhension des notions de " frontières " , confessionnelles ou ethniques, et des interactions entre " majorité " et " minorités " . Les contributions du présent dossier portent sur l'Egypte, la Syrie, la Jordanie et la Turquie. Ces études envisagent les chrétiens non pas comme des minoritaires victimes des aléas politiques, mais comme des acteurs participant à la vie politique, intellectuelle et culturelle de leurs sociétés. Elles éclairent les fonctionnements internes des communautés chrétiennes et de leurs institutions qui, loin de s'être fossilisées dans des traditions immuables, aménagent constamment leur rapport à l'histoire et aux langues constitutives de leur identité. Ces processus profitent d'un dynamisme spirituel marqué, suivant les lieux et les milieux sociaux, par des influences occidentales et une individualisation du croire. Ils font également apparaître le rôle des diasporas dans les recompositions du fait chrétien au Proche-Orient. Hormis ce dossier, on lira également deux contributions sur une période jusqu'ici mal connue en France de l'oeuvre de Martin Heidegger, celle de ses recherches pour une " phénoménologie de la vie religieuse " , dans lesquelles s'enracine, pour une part profonde, la conception heideggérienne de l'"historialité " . Deux études complètent cette livraison : l'une sur l'économie monastique dans l'Egypte chrétienne de la fin de l'Antiquité et l'autre sur l'Ahmadiyya, ou Ahmadisme, mouvement musulman prophétique né au Penjab à l'époque coloniale, dont sont approchés ici les prolongements contemporains en France.
S'appuyant sur plusieurs réseaux d'écoles, celui des congrégations catholiques puis des missions protestantes, mais également ceux de l'Alliance israélite universelle et de la Mission laïque française, la France cherche à propager un modèle, celui de la mission civilisatrice. Elle parvient ainsi à entretenir ses clientèles dans le Maghreb colonial, au Levant comme dans les marges de l'Empire ottoman. L'ouvrage interroge tout particulièrement la place des communautés juives dans le dispositif scolaire français. Accueillis dans les établissements de l'Alliance israélite, créée à la suite de l'affaire de meurtre rituel survenue à Damas en 1840, les juifs figurent également en nombre dans les autres établissements français, chrétiens comme laïques. L'antisémitisme développé en métropole et dans la société coloniale algérienne est partagé par certains missionnaires. Est-il pour autant propagé dans les écoles des missions catholiques? Que masque le "Jewish work" revendiqué par les missionnaires protestants dans l'Empire ottoman ou en Perse? Cet ouvrage vise à croiser les types d'archives, en premier lieu celles de l'Alliance israélite qui offrent une source remarquable à l'historien de l'éducation, afin de mettre à jour les distorsions entre les discours et les stratégies mises en oeuvre au sein du réseau scolaire français. Le discours de la "régénération" morale des juifs orientaux par l'école rejoint en fin de compte celui des missionnaires envers les chrétiens d'Orient. Comme la Mission laïque française, l'Alliance israélite offre une éducation qui répond aux standards français et se veut ouverte à tous, juifs et non-juifs, chrétiens et musulmans. Elle oppose un autre modèle à l'enseignement juif traditionnel et éclaire les tensions à l'intérieur des communautés juives. Confrontée successivement à l'ottomanisme, au nationalisme arabe et au sionisme envers lequel elle est supposée hostile, l'Alliance israélite apparaîtrait donc presque comme un sujet banal de cette histoire coloniale française en Méditerranée. Ses écoles, comme celles des autres réseaux missionnaires ou laïcs, en révèlent néanmoins toutes les arcanes, pour ce qu'elles nous apprennent des sociétés méditerranéennes, des relations entre communautés et entre États colonisateurs et peuples colonisés.
L'opinion et les médias occidentaux s'intéressent aujourd'hui de plus en plus aux chrétiens du Proche-Orient. Mais c'est en général sur le mode de la complainte face à leur prochaine disparition. Sans nier les difficultés à être chrétien à l'heure actuelle, dans la région, cet ouvrage place les événements récents dans une perspective du temps long et du contexte politique global. L'histoire des chrétiens en Orient ne se réduit pas à celle d'une lente dégénérescence imputable aux musulmans. Malgré les discriminations qui leur étaient imposées, ils partageaient avec l'environnement islamique dominant des modes de vie, des croyances et des pratiques religieuses, dont l'introduction des formes modernes d'éducation les a progressivement éloignés à partir du XVIIe siècle. La montée des nationalismes a rendu difficile l'adaptation des institutions communautaires et des Eglises aux nouveaux Etats et aux nouvelles frontières, et, à plusieurs reprises, a conduit à des massacres et des expulsions. Les chrétiens ne sont pas des victimes passives de la persécution. Ils agissent et s'adaptent aux changements politiques et culturels de la région et du monde, à travers leurs institutions. Ce livre ne prédit pas la disparition des chrétiens du Proche-Orient, mais il invite à réfléchir sur les nouvelles conditions de leur présence dans des pays majoritairement musulmans.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.