Dans un contexte où la parole et les pratiques tendent à être bridées par un gouvernement autoritaire et dirigiste, qui voit dans les enseignant·es de simples exécutant·es et dans les élèves des boîtes à remplir, déconnectées de tout milieu et de toute expérience, il est des voies encore peu explorées en France et qui, pourtant, pourraient constituer une réponse à la fois éducative, éthique et politique à ces tentatives de soumission. Inspirées de Paulo Freire en particulier, les pédagogies critiques questionnent et semblent attirer de plus en plus, sans pour autant qu'en France, il y ait unanimité dans leur définition ni dans leurs champs d'application. Ce sont ces questionnements et ces tâtonnements que N'Autre école a décidé de mettre en lumière dans ce numéro. Le titre du numéro se décline en une série de questions : De quoi ces pédagogies font-elles la critique ' Sur quoi portent-elles leur regard ' La société, le monde, les individus, leurs relations, l'école ' Au delà du regard critique sur la société, quelles sont les visées politiques des pédagogies critiques ' Les textes théoriques évoquent l'émancipation sociale, la conscientisation des rapports de domination ou encore l'empowerment ou l'encapacitation à agir sur le monde. Comment, en tant que pédagogues, se saisir de ces principes et les faire vivre dans les classes ' Comment ça marche avec les élèves, les parents et l'institution ' Et si les pédagogies critiques remettaient aussi en cause nos pratiques pédagogiques '
Pour les migrants mineurs qui arrivent à être scolarisés, rien n'est réglé : le chemin pour obtenir des papiers est long, aléatoire, difficile car dépendant au lycée professionnel du bon vouloir de patrons, et avec de terribles retours à la case départ. Sur leur parcours ces jeunes rencontrent aussi la solidarité : RESF, des associations, des parents d'élèves et des enseignants qui en les aidant veulent faire de l'école, dans et hors ses murs, un lieu d'accueil. C'est de cette militance, peu connue et peu reconnue, faite d'aide et d'accompagnement quotidien, souvent jusqu'au guichet des préfectures, dont ce numéro spécial de N'autre école veut témoigner
Après les méthodes, les programmes scolaires sont bien l'autre question récurrente qui fait débat quand on parle de l'école. Leur conception en dit beaucoup sur une société, sur ses représentations, ses promotions ou ses conservatismes. Elaborer un programme scolaire comiste à opérer des choix qui ne sont jamais idéologiquement neutres. C'est vrai en particulier d'une discipline comme l'histoire-géographie que d'aucuns voudraient transformer en roman national. Récit qu'il faudrait inculquer aux apprenantes au mépris des débats savants et du jugement critique. Mais enseigner l'histoire sans révéler ce que les différents récits cachent ou révèlent d'une société donnée, est-ce construire un savoir ? Des pédagogues, au nom de la liberté d'enseigner, du tâtonnement expérimental ou de la non-hiérarchisation des savoirs, ont fait une critique radicale des programmes et des manuels scolaires. Mais peut-on vraiment s'en passer et pour quoi faire à la place ? Au-delà de celle des contenus, se pose la question d'un savoir qui s'élabore et se développe de façon transdisciplinaire et pour lequel aucun programme n'a prévu d'espace défini. Et si le programme c'était une éducation intégrale où les jeunes font l'expérience, au travers de l'élaboration de savoirs, de la responsabilité individuelle et collective, de l'autonomie et de la démocratie dans ce qu'elle a de plus vivant ?
Une plongée dans le quotidien de lécole, par celles et ceux qui y travaillent, y apprennent, y souffrent et y luttent, tel est le propos de ce dossier de la revue NAutre école. Elèves, enseignant. es, personnels dentretien, de restauration, de santé, agent. es administratifs, assistant. es de vie scolaire, accompagnant. es délèves en situation de handicap, et autres protagonistes scolaires, ces voix qui nous parlent de lécole, loin des fantasmes médiatiques ou des clichés militants, éclairent les multiples facettes dune institution traversée par ses contradictions. Un dossier complété par de nombreuses rubriques : lectures, international, pratiques pédagogiques...
Après les méthodes, les programmes scolaires sont bien l'autre question récurrente qui fait débat quand on parle de l'école. Leur conception en dit beaucoup sur une société, sur ses représentations, ses promotions ou ses conservatismes. Elaborer un programme scolaire comiste à opérer des choix qui ne sont jamais idéologiquement neutres. C'est vrai en particulier d'une discipline comme l'histoire-géographie que d'aucuns voudraient transformer en roman national. Récit qu'il faudrait inculquer aux apprenantes au mépris des débats savants et du jugement critique. Mais enseigner l'histoire sans révéler ce que les différents récits cachent ou révèlent d'une société donnée, est-ce construire un savoir ? Des pédagogues, au nom de la liberté d'enseigner, du tâtonnement expérimental ou de la non-hiérarchisation des savoirs, ont fait une critique radicale des programmes et des manuels scolaires. Mais peut-on vraiment s'en passer et pour quoi faire à la place ? Au-delà de celle des contenus, se pose la question d'un savoir qui s'élabore et se développe de façon transdisciplinaire et pour lequel aucun programme n'a prévu d'espace défini. Et si le programme c'était une éducation intégrale où les jeunes font l'expérience, au travers de l'élaboration de savoirs, de la responsabilité individuelle et collective, de l'autonomie et de la démocratie dans ce qu'elle a de plus vivant ?
Souvent associées dans l'esprit du public, les figures de Célestin Freinet et de Maria Montessori ne sauraient se confondre. Si elles s'inscrivent toutes deux dans le courant de l'éducation nouvelle, ces deux pédagogies se nourrissent à des sources différentes et surtout se fixent des finalités radicalement opposées. En proposant pour la première fois un recueil des textes rédigés par Freinet sur la pédagogie Montessori, ce nouveau hors-série de la revue N'Autre école met à disposition du plus grand nombre un outil de réflexion et de critique - pédagogique, sociale et politique - du business Montessori aujourd'hui en plein essor.
Pour les migrants mineurs qui arrivent à être scolarisés, rien n'est réglé : le chemin pour obtenir des papiers est long, aléatoire, difficile car dépendant au lycée professionnel du bon vouloir de patrons, et avec de terribles retours à la case départ. Sur leur parcours ces jeunes rencontrent aussi la solidarité : RESF, des associations, des parents d'élèves et des enseignants qui en les aidant veulent faire de l'école, dans et hors ses murs, un lieu d'accueil. C'est de cette militance, peu connue et peu reconnue, faite d'aide et d'accompagnement quotidien, souvent jusqu'au guichet des préfectures, dont ce numéro spécial de N'autre école veut témoigner
Comment expliquer et analyser l'incroyable engouement médiatique et commercial suscité par la méthode Montessori, l'instrumentalisation pédagogique et politique des neurosciences, la multiplication d'écoles privées hors contrat en lien avec une récupération et un détournement des pédagogies alternatives...? Mettre en lumière le parcours et le projet de Maria Montessori, dans sa dimension fondamentalement religieuse et scientiste permet de comprendre comment les adversaires de l'école publique peuvent aujourd'hui s'en revendiquer. Au-delà de Leurs divergences (des traditionalistes considérant l'école laïque trop laxiste et trop immorale, des adeptes du retour à l'autorité, à l'ordre et aux fondamentaux, des ultra-libéraux partisans du libre marché scolaire, des écologistes en quête d'îlots de bienveillance et de développement personnel), tous et toutes se réclament peu ou prou de sa méthode dans le même temps qu'ils recherchent fréquemment la caution des neurosciences. Derrière l'effet de mode, l'enjeu est bien idéologique : il s'agit de jeter à bas l'idée même d'une école égalitaire et émancipatrice commune à tout.e.s les élèves au profit d'une vision individualiste et vitaliste de "l'enfant" qui se développerait spontanément selon des "lois naturelles". Cet ouvrage se propose d'examiner le phénomène à travers ses réseaux et ses références pédagogiques, mais également de dénoncer cette offensive, au nom d'un service public d'éducation, qui reste à réinventer autour des notions de bien commun et d'égalité.