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Openairs. Quatrième manifestation d'art public
Henrion Pierre ; Bezzan Cécilia ; Mottard Paul-Emi
YELLOW NOW
24,99 €
Épuisé
EAN :9782873403133
La proposition de Johan Muyle de rassembler des artistes autour du gonflable possède entre autres qualités ce double intérêt de questionner le médium et par voie de conséquence de se pencher sur les problématiques plasticienne et sculpturale qui lui sont propres. À considérer l'histoire de l'art contemporain, il n'y a pas un artiste du gonflable mais beaucoup s'y sont arrêtés le temps de l'une ou l'autre création. Le gonflable serait donc cet espace anecdotique dans la production plastique de l'artiste, " une langue mineure, un devenir minoritaire ", pour reprendre les mots de Gilles Deleuze dans ses Dialogues (1977). Le gonflable est aussi cette feinte, ce mime de la monumentalité : si les sculptures d'OPENAIRS en imposent par leur taille, elles ne sont en réalité qu'un peu d'air emprisonné dans une enveloppe. Les oeuvres seraient à l'image d'un hypothétique caméléon que Jonathan Swift décrit comme le reptile " [.] qui, dit-on, ne se nourrit que d'air, est celui de tous les animaux qui a la langue la plus agile ". Dès qu'il est évoqué, le gonflable renvoie aux notions de l'éphémère, du ludique et du festif, voire du poétique et de l'utopique autant qu'il est associé au jetable, au mou, au modulable, au léger. Sans doute postule-t-il un désir d'immatérialité ? Cependant, dès qu'on l'interroge surgit son caractère intrinsèquement contradictoire : sa " fragilité " n'a-t-elle pas fait ses preuves de vigueur architecturale avec la charpente du pavillon japonais de l'Exposition universelle d'Osaka (1970) ? Et son caractère dit " éphémère " n'est-il pas un leurre lorsqu'on considère sa capacité de réincarnation ? Idem pour ses qualités ludiques et festives qui le parent d'une relative insignifiance alors qu'il permet d'examiner nombre de problématiques éminemment contemporaines que la sculpture traditionnelle (bois, pierre, métal) semble oblitérer : la transparence, la souplesse, l'aisance du déplacement, entre autres. Enfin, à considérer l'exemple de sculptures en de probables architectures aériennes (pensons aux réalisations d'un Tomas Saraceno), la force de pensée utopique des oeuvres embellit le monde et incite l'homme à se projeter dans un futur gonflé d'espérance. Si, métaphoriquement, il y est toujours question du Souffle d'artiste tel qu'immortalisé par Piero Manzoni en 1961, un ballon mis en forme par le propre souffle de l'artiste, le gonflable se voit ici être le support, la membrane sculptée par l'idée " insufflée " de l'artiste. Ces idées, toutes plus originales les unes que les autres, parfois féroces, parfois délicates, ne sont jamais complaisantes.
Il y a des sujets joueurs qui sous certaines conditions - sociales, culturelles, économiques, historiques - pratiquent par millions chaque jour, chaque semaine des jeux où le hasard et l'argent sont présents. Comment s'établissent ces actes de jeu et quelles significations peut-on leur donner ? Quelles formes ludiques sont générées par ces mêmes jeux ? Le présent ouvrage ne concerne pas tous les jeux de hasard et d'argent. Seuls certains d'entre eux ont été isolés en objet de recherche, ils regroupent pour l'essentiel les paris sur les courses de chevaux, les différentes loteries, les machines à sous. L'intérêt sociologique de l'analyse de certains jeux de hasard et d'argent se trouve dans le fait social qu'ils représentent. Derrière des actes de jeu diversifiés et subjectivement différenciés, il y a une attitude ludique qui dépasse les consciences individuelles et les découpages institutionnels ou sémantiques.
René Greisch (1929-2000) figure parmi les ingénieurs les plus brillants et les plus inventifs de son temps. Tant par la spécificité des études de génie civil qu?il a menées à bien, par la pertinence de son conseil pour des confrères architectes que par l?intérêt des bâtiments qu?il dessine, il apparaît comme un acteur majeur de l?histoire de la construction contemporaine en Belgique. Non seulement de lui rendre un juste hommage, la publication de cette monographie comble les lacunes d?une fortune critique limitée à quelques articles parus dans des revues spécialisées et à un catalogue d?exposition aujourd?hui épuisé. Ingénieur civil diplômé de l?Université de Liège, René Greisch poursuit son cursus académique par une formation d?architecte achevée en 1955. C?est en 1959 qu?il fonde son bureau d?études. Pendant plus de 40 ans, il produit une oeuvre diversifiée marquée par un souci de perfection technique et formelle. Parmi ses nombreux domaines d?activités, on peut épingler les ouvrages d?art où son savoir-faire acquiert rapidement une visibilité à l?échelle européenne. Dès les études pour le viaduc de Lavoir achevé en 1968, il s?y distingue par une volonté de sortir des habituelles manières de faire. Les ponts bow-string du canal Albert, le viaduc de l?Eau Rouge, les ponts haubanés de Lixhe, de Ben-Ahin et de Wandre ou encore la passerelle Hoge Brug à Maestricht témoignent de la pertinence de ses recherches mais aussi de ses convictions esthétiques profondément marquées par la pensée moderniste. Sa virtuosité confère une réputation internationale à son bureau qui compte aujourd?hui 180 collaborateurs ; on se souviendra que le viaduc de Millau a été calculé à Liège, une réalisation qui porte haut les couleurs de l?ingénierie belge. L?importance de ces grands travaux de génie civil occulte bien des facettes du personnage, et singulièrement son travail d?architecte. Seul ou en équipe, il conçoit des habitations mais surtout des équipements collectifs comme le bâtiment Trifacultaire de l?Université de Liège, sa nouvelle Faculté des Sciences appliquées, le Hall multifonctionnel de Mons ou encore les installations du beg dans le parc scientifique du Sart Tilman qui apparaissent comme un véritable manifeste. Pour beaucoup de confrères architectes parmi lesquels on peut compter Bruno Albert, Roger Bastin, Bob Van Reeth ou Charles Vandenhove, René Greisch est un consultant expert et inventif : la qualité et l?audace des solutions techniques qu?il propose pour le calcul de leurs projets font de lui une référence en la matière.
Comment le féminin, dans l'histoire, s'articule-t-il à la notion de République et quelles sont les influences inter-réciproques entre les deux principes ? En revisitant deux notions oubliées de la psychologie populaire, qui sont celles du principe et du caractère, nous posons l'hypothèse que le principe du féminin, comme celui du masculin, porterait les germes du caractère de la République. Caractère indivisible, démocratique, laïque et social seraient au coeur des conquêtes et des droits nouveaux à investiguer afin de recouvrer un espace de liberté dans la citoyenneté et dans l'investissement du féminin dans la vie publique. En revisitant l'histoire du féminin et des représentations qui lui sont associées, l'approche par le caractère définit les lignes de force de la nouvelle émancipation de la femme dans ce qui construit le ciment commun universaliste des sexes, partageant des espaces de droits et de devoirs. Féminin et République proposent une éthique du caractère, dans une émancipation non pas individuelle, mais collective. Pour nommer et poursuivre, sans relâche, le sens de la lutte des femmes dans la République.
Les cartons de Jean-Michel Vlaeminckx sont remplis de souvenirs de famille. Les proches qui l'ont entouré et accompagné sa vie durant : Michèle, Tom et ceux que Jean-Michel a accompagnés et suivis : Mary, Chantal, Marion, Jaco, Joachim, Luc et Jean- Pierre, Bouli... La grande famille du cinéma belge était aussi la sienne, sa famille de coeur qu'il admirait. Il a mis tout son savoir-faire au service des créateurs d'images, ceux qui se trouvent derrière la caméra, sur les côtés, hors champ, et devant la caméra. Il leur a donné ce qu'il recevait : reconnaissance, estime et connivence. Sans ces ingrédients, les photos de JMV seraient de simples clichés, témoins d'un réel révolu. Mais ses prises de vue vont au-delà, elles reflètent l'âme du septième art. "Le regard des regards", comme il aimait dire.
Bérard Stéphane ; Gomez-Passamar Nadine ; Pugnet N
Les Alpes de Haute-Provence sont l'un des terrains d'expérimentation de Stéphane Bérard. Il les connaît bien et depuis longtemps. Sur ce territoire, il ne s'agit pas seulement pour lui de valoriser un paysage, d'en exalter la beauté ou les failles, d'y attirer les touristes ou d'en consoler les habitants. Les oeuvres imaginées et l'oeuvre réalisée in situ, Mille Plateaux-repas, ont comme point commun le constant souci de l'usage qu'on pourrait en faire, et le regard qu'elles appellent n'est jamais coupé d'une pensée pratique - et d'une réflexion sur nos habitudes, nos routines. Ces oeuvres s'adressent au passant, qu'il soit d'ici ou d'ailleurs.
Après des poèmes remarqués et des scénarios pour Andzej Wajda et Roman Polanski (Les Innocents charmeurs, Le Couteau dans l'eau),Jerzy Skolimoski a été le représentant le plus talentueux du jeune cinéma polonais des années 60 avec Signes particuliers : néant, Walkover et Le Départ, salués alors avec admiration par Jean-Luc Godard. En 1967, Haut les mains ! lui vaut de graves problèmes de censure qui le forcent à s'exiler ; il entame une nouvelle carrière plus chaotique, marquée par d'autres grands films (Deep End, Le Cri du sorcier, Travail au noir, Le Bateau-phare, Ferdydurke). Il tourne en Italie, aux Etats-Unis et surtout en Angleterre, en s'adaptant admirablement à des contraintes économiques inconfortables. En 1991, il se retire pour s'adonner totalement à la peinture, qu'il a toujours pratiquée parallèlement au cinéma. Puis en 2008, c'est un très attendu retour avec Quatre Nuits avec Anna, suivi d'Essential Killing, deux films qui le placent à nouveau parmi les cinéastes contemporains les plus importants. Ce livre réunit des admirateurs de longue date de Skolimowski ; il a pour ambition de cerner les modulations d'une oeuvre protéiforme en mêlant entretiens avec le cinéaste, témoignages d'amis et de collaborateurs, mises en perspective historiques et essais critiques. Divisé en quatre parties correspondant aux quatre étapes du parcours de Skolimowski : les premiers films en Pologne (1959-1967) ; l'exil (1967-1991) ; la peinture (1992-2008) ; le retour au cinéma et en Pologne (2008-2012), l'ouvrage forme un ensemble critique très riche où se répondent des points de vues variés.