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Le tumulte de Paris
Hazan Eric
FABRIQUE
12,00 €
Épuisé
EAN :9782358722117
Ce livre a e´te´ entrepris pour de´fendre Paris dont on dit aujourd?hui tant de mal ? ville muse´ifie´e, atone, embourgeoise´e, etc. Le plus fort, c?est que ces propos ne sont pas tenus exclusivement par les ennemis habituels de Paris, ceux qui s?en tiennent a` distance, qui ont peur de ses explosions pe´riodiques. Mais ceux que Paris a abrite´s, e´duque´s, cultive´s, ceux qui lui sont largement redevables de ce qu?ils sont devenus, ceux-la` participent au de´nigrement de leur ville nourricie`re. C?est peut-e^tre qu?il y a une part justifie´e dans cette fac¸on de de´boulonner Paris, de ruiner le mythe. Depuis les funestes anne´es Pompidou le Paris populaire est grignote´, soit par des destructions (le Vel d?Hiv ou` avait lieu la grande kermesse populaire des Six Jours avec E´dith Piaf et Marcel Cerdan, la place des Fe^tes ou` les habitue´s de restaurants avaient encore leur rond de serviette en 1960, la rue Watt et ses alentours, che`re aux situationnistes), soit plus insidieusement par une sorte de colonisation interne qui finit par pousser les premiers habitants, les indige`nes, chasse´s par la hausse des loyers, a` s?e´tablir plus loin, a` Saint-Denis s?ils ont de la chance, ou a` Garges les Gonesse, a` Goussainville ou dieu sait ou`. Si le capitalisme continue a` prospe´rer, le processus finira par vider Paris de tous ses pauvres et s?e´tendra a` la premie`re couronne ou` ils auront migre´. Mais si nous sommes a` la fin d?un cycle commence´ avec Thermidor ? bien des signes permettent de l?espe´rer ? alors tout va redevenir possible, y compris le retour des exclus, des entasse´s, des me´prise´s. En attendant, il faut garder une main sur la ville, en connai^tre l?histoire et les de´tours pour que le moment venu elle puisse reprendre ses couleurs et sa gloire. Tel est l?objet de ce livre. Il a un mode`le : le "Tableau de Paris" de Louis- Se´bastien Mercier, dont les derniers volumes furent publie´s en 1788. Sans chercher a` e´galer cette ?uvre admirable, je lui ai emprunte´ l?ide´e de textes courts, discontinus, sur des sujets variant d?une page a` l?autre voire a` l?inte´rieur de la me^me page. Je les ai peu retravaille´s et les ai laisse´s dans l?ordre ou` ils ont e´te´ e´crits.
L'ordre existant, ce scandale permanent et mondial, ne répond plus à personne, ni de rien. Il a renoncé à tout argument, hormis celui de la force. Aussi, nous ne le critiquerons plus, nous l'attaquerons. Pour attaquer, il faut constituer une force et disposer d'un plan. Ce livre est une proposition de plan pour rendre l'insurrection irréversible, pour que le vieux monde ne puisse plus faire retour, passé le moment où le pouvoir se sera évaporé, où ses débris tournoieront dans le vide. Un plan pour sortir du cycle trop connu des révolutions ratées. Quant à la force, nous la constituerons en commun, tout en discutant, en amendant ce plan, en en formant un meilleur. Avec tous ceux qui n'en peuvent plus et qui attendent que quelque chose se lève pour nous porter ailleurs. Il faut faire vite: le vent de la révolte parcourt le monde et le domino français ne va pas tarder, comme bien d'autres avant lui, à tomber. Rencontrons-nous. Organisons-nous. Soulevons-nous.
En compagnie d?un piéton amoureux de Paris, Eric Hazan, parcourons le Paris de Balzac, Stendhal, Hugo ou Nerval, un Paris qui resplendit ici dans les tons frais et joyeux des aquarelles et dessins réunis par l?architecte Destailleur et conservés au département des Estampes et de la Photographie de la BNF. Ce Paris aux allures de cité encore médiévale, qui enchaîne les révolutions, couronne les empereurs et restaure par deux fois la monarchie, c?est le Paris d?avant Haussmann: du Marais au Quartier latin, du faubourg Saint-Germain au Palais-Royal, du pont des Arts au pont Neuf, des théâtres des Boulevards au Louvre, on circule à cheval, on pêche dans la Seine, on patauge dans la boue de rues sans trottoirs, on court les théâtres, on s?installe aux toutes nouvelles terrasses des cafés.
Comment les barricades fleurissent-elles ? En quoi bouleversent-elles la cartographie des villes ? Quelle tribune offrent-elles aux insurgés ? Depuis les guerres de Religion jusqu'à la Commune, ces amas d'objets disparates ont accompagné les revendications sociales et politiques des Français. Curieusement, que les barricades aient été victorieuses ou non, on semble avoir retranché leurs héros et leurs héroïnes du récit officiel. A Paris ou à Lyon, ce sont pourtant ces gamins, étudiants et cantinières, ces aristocrates ou prolétaires, maîtres fugaces d'un quartier de la ville, qui ont fait de la barricade un obstacle à la souveraineté. Un essai édifiant, qui fait singulièrement écho aux insurrections contemporaines.
Parmi les textes réunis dans ce livre, certains sont historiques : la défense de Paris contre les Alliés en mars 1814, les journées de juin 1848 et leur oubli programmé, la photographie des quartiers sous l?Occupation, le Paris de Baudelaire... D?autres sont plus liés à la ville actuelle : les noms de ses rues et ce qu?ils portent comme éclairage sur les édiles successifs, la manière dont l?apartheid parisien ménage des communautés fermées à l?américaine, les modifications de la ville dans les dix dernières années ou encore les projets de Grand Paris. Ce qui réunit ces textes apparemment éclatés, c?est qu?ils ont en commun de parler de la tension propre à Paris, de la force de rupture de Paris. Bien qu?il soit devenu habituel de considérer que Paris « gentryfi?, glacé, vidé de sa substance populaire, est devenu inoffensif, la conviction qui porte ces textes est que la nouvelle couche située au-delà du périphérique va lui rendre, conformément à la tradition de cette ville depuis Charles V, tout son potentiel de subversion.
Les nuages de gaz lacrymogènes et les détonations incessantes composent l'atmosphère désormais habituelle des manifestations en France : des ZADs aux campus, des quartiers populaires aux cortèges syndicaux, toute expression d'une opposition collective à l'Etat expose aujourd'hui à la violence des armes non létales. Alors qu'un nouveau palier a été franchi avec la répression du mouvement des Gilets jaunes, ce livre propose une analyse critique du recours massif à l'arsenal non létal, principal pilier du maintien de l'ordre à la française. Les premiers chapitres s'appuient sur une typologie historique, depuis la matraque aux armes sonores, en passant par les multiples grenades, gaz et lanceurs de balles de défense, d'où il ressort que : 1) le développement de cet attirail se présente toujours comme une solution purement technologique à une crise de légitimité ; 2) l'écart est saisissant entre les prescriptions des fabricants et la pratique policière : bien que conçues comme des armes défensives, permettant de maintenir à distance un adversaire, les forces de l'ordre en font un usage offensif, disproportionné, terrorisant voire tortionnaire - et parfois létal, comme l'exemplifient dramatiquement les décès de Rémi Fraisse, Zineb Redouane et Steve Maia Caniço. Ceci n'empêche pas l'Etat et les industriels du secteur d'employer la rhétorique humanitaire pour booster un marché juteux tourné vers l'exportation (chapitre III). L'opacité des contrats et l'intraçabilité des armes jettent l'ombre sur l'utilisation de matériel de fabrication française par des régimes dictatoriaux : le gaz lacrymogène français d'Alsetex et les Flash-Balls de Verney-Carron ont ainsi servi à réprimer les populations au Bahreïn, en Tunisie et au Congo. L'intensification de la répression "non létale" a engendré de nouvelles pratiques d'autodéfense populaire, qui font l'objet du chapitre suivant : de la recension des blessés et leur politisation à travers des appels au désarmement de la police, à la protection des manifestants via un équipement de circonstance, l'activité des streets medics, la solidarité et l'inventivité au sein des cortèges, etc. Paul Rocher montre comment ces pratiques sont en retour criminalisées par l'Etat. L'ultime chapitre replace l'usage des armes non létales dans le cadre d'un durcissement autoritaire de l'Etat qui cherche à imposer complètement son agenda néolibéral, longtemps freiné par la résistance populaire. Le recours à un arsenal d'origine militaire pour régler les conflits politiques domestiques, loin de correspondre à un adoucissement du maintien de l'ordre, apparaît ici comme le corollaire de la suspension des procédures démocratiques en France.
Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé? Celui qui refuse d'ouvrir ses livres est-il un dyslexique? Le gamin turbulent est-il atteint de TDAH (trouble-déficit de l'attention avec hyperactivité)? Faut-il lui prescrire une cure de Ritaline? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles s'attaque ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) élaborée, en s'appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l'Etat normalise et évalue à tout-va tandis que l'industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme.
Platon, Aristote, l'invention de la démocratie : c'est une tout autre image de la Grèce que montre ce livre, celle d'un pays sacrifié et humilié - comme il l'est aujourd'hui. On y verra comment la Résistance grecque, l'une des plus actives et efficaces de l'Europe occupée par les nazis, fut mise au pas et massacrée par les collaborateurs et les Anglais en 1944 : il fallait ramener le roi sur le trône, rétablir l'ordre social d'avant-guerre, éviter que la véritable démocratie de la Résistance ne s'impose à la Libération. On y découvrira une image peu flatteuse de Churchill, capable de tout et même de nuire à l'effort de guerre pour maintenir la Grèce dans l'orbe britannique. On assistera au flottement fatal de la direction du Parti communiste, lâché par l'URSS et acculé aux compromis. On verra, en 1945, la terreur, lancée par le gouvernement et les bandes armées d'anciens collaborateurs, qui s'abat sur les résistants désarmés, les syndicalistes, les démocrates. Les lignes de front sont tracées et la Grèce s'apprête à vivre trois années de guerre civile qui laisseront le pays exsangue. Trois années pendant lesquelles ce sont les Américains, dans le contexte de guerre froide, qui prennent la relève des Anglais dans la répression du mouvement populaire. Tout ce qui va advenir par la suite, de la dictature des colonels à la mise à mort actuelle du pays, sommé de payer "sa dette", est en germe dans cette histoire tragique de la Résistance grecque.
Pourquoi le terme "fe ? ministe" est-il librement approprie ? a` la fois par l'extre^me droite, la gauche, et le capitalisme ? Dans un contexte, ou` les notions de fe ? minisme et d'e ? ga- lite ? sont vide ? es de leur sens hier radical, que peut signi- fier e^tre fe ? ministe aujourd'hui ? Quels sont les combats a` mener ? Comment mettre au coeur des luttes des femmes l'antiracisme, l'anticapitalisme et l'anti-impe ? rialisme ? Franc ? oise Verge`s s'attache d'abord a` interroger les deux re ? cits me ? diatiques qui dominent l'histoire du mouvement des femmes des anne ? es 1970 en France, l'un qui parle d'un mouvement qui aurait mene ? a` une reconnaissance de la place des femmes franc ? aises dans la re ? publique avec ses valeurs de lai ? cite ? et d'e ? galite ? , l'autre qui de ? nonce un mouvement qui aurait e ? te ? exclusivement "blanc" et essen- tiellement inte ? resse ? par la liberte ? sexuelle. Reconnaissant une profonde asyme ? trie entre ces deux re ? cits, Franc ? oise Verge`s questionne cependant les causes de l'effacement de fe ? minismes radicaux et anticoloniaux, antiracistes et anti-impe ? rialistes des anne ? es 1970. Il faut en effet analy- ser comment le fe ? minisme e ? tatique contribua a` la pacifica- tion du mouvement radical en faisant des discriminations et de la loi l'objectif des luttes ; comment il transforma le contro^le des naissances dans le Sud global ou aupre`s des femmes pauvres et immigre ? es et l'inte ? gration des femmes racise ? es dans le monde du travail globalise ? en politiques de la sororite ? . Il a su faire de l'inte ? gration des femmes dans le monde du travail et dans celui de l'e ? ducation la mesure du progre`s des gouvernements et des institutions internatio- nales. Le fe ? minisme carce ? ro-punitif a pris peu a` peu une place majeure, donnant au tribunal et a` la police le ro^le de prote ? ger les femmes des discriminations et des abus, ignorant l'analyse sociale et politique. Violences domes- tiques et sexuelles sont devenus le fait d'individus isole ? s, Franc ? oise verge`s Leur fe ? minisme et le no^tre 208 pages 11 x 16, 8 cm 12 euros 9782358721745 enferme ? s dans une pathologie de masculinite ? s arrie ? re ? es et n'ont plus e ? te ? analyse ? es comme faits sociaux. En faisant disparai^tre le radicalisme des mouvements de femmes des anne ? es 1970 qui furent porte ? s par l'e ? nergie des grandes luttes anti-impe ? rialistes et antiracistes pour passer a` un fe ? minisme de la pacification, c'est le de ? sir de faire e ? clater les structures qui est efface ? . Dans un deuxie`me temps, a` travers une lecture critique de la me ? taphore de "vagues" , l'auteure propose une temporalite ? et une spatialite ? des luttes des femmes pour la justice et la liberte ? , contre le racisme et pour l'e ? ga- lite ? qui exce`de celles du cadre national. En partant des luttes des femmes esclavagise ? es et colonise ? es, puis des luttes des femmes des socie ? te ? s postcoloniales franc ? aises, elle montre l'internationalisme des luttes. Puis, partant des gre`ves de ces dernie`res anne ? es de femmes ouvrie`res racise ? es qui font le me ? nage dans les ho^tels ou nettoient les gares, Franc ? oise Verge`s revient sur les analyses fe ? ministes autour de la question du travail dit "fe ? minin" - le travail de soin et de nettoyage. Elle propose de mettre au coeur d'un fe ? minisme politique et re ? volutionnaire ce travail dans ses dimensions de classe et de race. Enfin, Franc ? oise Verge`s fait une analyse critique des politiques gouvernementales actuelles - la parite ? et l'ine ? galite ? - et, s'appuyant sur les nombreux exemples d'offensive fe ? ministe a` travers le monde, elle sugge`re des pistes d'action et des axes de recherche pour renforcer un fe ? minisme politique et re ? volutionnaire.