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Dans la nasse
Hawad Mahmudan ; Claudot-Hawad Hélène
NON LIEU
12,50 €
Épuisé
EAN :9782352701774
Présentation de l'éditeur Face à l'amnésie, comment exister? Dans ce texte, Hawad s'adresse à l'Azawad en tant que partie de lui-même - c'est-à-dire du Touareg qu'il est -, une partie qui a atteint une telle étape de souffrance, de misère, d'oppression, qu'elle accepte l'effacement derrière les étiquettes qu'on lui accole. A travers ce personnage évanescent, au bord du gouffre, privé de parole, d'espace, de droit à l'existence, Hawad tente de raccommoder une silhouette capable de se redresser. Il cherche à métamorphoser la souffrance en terreau de résistance, une résistance d'un autre type, qui nécessite de revenir à soi-même, à son imaginaire, à sa manière de penser le monde autrement. Le chemin est long. Hawad se sert de la poésie, " cartouches de vieux mots, / mille et mille fois faussés, bricolés, rechargés ", comme outil de résistance.
A la fin du XIXe siècle, les Missionnaires d'Afrique partent de préférence dans certaines régions de l'Algérie coloniale pour s'y implanter et amorcer la conquête des âmes d'un continent encore peu connu. Quels regards sur l'autre et sur soi offrent les nombreuses photographies qu'ils réalisent dès leur installation ? Le point de vue qui sous-tend cette écriture visuelle est ici interrogé, s'appuyant à la fois sur les images et sur les écrits des missionnaires pour mieux saisir le contexte de production de leurs extraordinaires clichés. Notre ouvrage se compose de huit " carnets " illustrés de 30 à 40 photos anciennes, inédites, issues de nos recherches auprès des Archives Générales de la Société des Missionnaires d'Afrique, et des Archives des Soeurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique à Rome. Elles présentent les premiers pas et l'installation des Pères Blancs en Kabylie et dans les Aurès. Leurs photos révèlent leurs découvertes des populations ?, ils adopteront ainsi très vite la manière de s'habiller des habitants afin de se fondre dans l'environnement local ?, elles expriment leur vision des villages, montrent leurs expéditions au Sahara, où ils se déplacent armés, et leur approche des nomades touaregs. Leurs clichés témoignent de leurs fondations (hôpitaux et écoles...) et de leur oeuvre qui ont permis de nombreuses conversions et abouti au changement de style des convertis.
Le coude grince, son menaçant qui annonce son usure et son vieillissement, mais aussi le retour du geste de refus, la réapparition de toutes les figures de la révolte au nord, au sud, à l'ouest ou à l'est, " raccommodeurs des lisières effilochées " de la trame de l'univers. Ce discours poétique, âpre et pamphlétaire, fait entendre la voix des Touareg spoliés de leur pays, mais aussi celle de tous les peuples minorisés, de tous les déshérités de l'univers, de toutes les marges du monde hachées par les barbelés, piétinées par les hordes touristiques et livrées aux armées et aux milices paramilitaires. Qu'est-ce que le " coude de l'anarchie ", sinon l'espace réfractaire à l'autorité de l'Etat, le monde insoumis qui ne connaît ni dieu ni maître, où l'homme, unique pilier de l'univers, résiste à l'encerclement.
Résumé : En octobre 1951, un jeune instituteur de vingt-quatre ans, Marceau Gast, arrive au Sahara chez les Touareg Kel Ahaggar, dans le sud algérien. Pendant trois ans, il sera instituteur nomade, changeant de groupement à chaque rentrée scolaire. Au gré des saisons et des parcours, Marceau Gast photographie les différentes facettes de la vie nomade oscillant entre les ressources rares des monts escarpés de l'Ahaggar et l'abondance des pâturages salés, à six cents kilomètres plus au sud, dans les plaines de la Tamesna. Pour ses hôtes, habiter le désert rime avec nomadisme. Mais, en ce milieu de XXe siècle, la gestion coloniale du vaste territoire des Kel Ahaggar relève de deux administrations distinctes - l'Algérie et l'AOF (Afrique occidentale française). Cette partition porte en germe la menace qui s'abattra sur la salutaire mobilité nomade entre montagne et plaine. Les photographies de Marceau Gast témoignent d'un mode de vie qui en quelques décennies s'est profondément transformé. L'instituteur devenu ethnologue en 1960 poursuivra les questionnements nés au cours de son premier séjour dans l'Ahaggar. Il constituera un important corpus photographique pour illustrer ses recherches sur l'alimentation en milieu aride et les stratégies mises en oeuvre pour échapper à la famine.
Dans les stéréotypes occidentaux, les Touaregs apparaissent comme des guerriers voilés de bleu, nobles et farouches, vivant hors du temps dans les solitudes infinies du désert saharien. Cette vision caricaturale masque une réalité historique, géographique et humaine infiniment plus complexe. Témoignant d'un dynamisme et d'un sens étonnant de l'adaptation, les Touaregs ont su tirer le meilleur parti d'un environnement aride - le Sahara et ses rives sahéliennes -, développer une économie d'échanges commerciaux, d'élevage et d'agriculture oasienne et inventer une organisation politique et une culture profondément originales. Malgré la conquête coloniale, malgré un territoire morcelé au moment des indépendances africaines, malgré les sécheresses, la répression ou la marginalisation, ce peuple n'a cessé de tracer des parcours inédits pour survivre dans la dignité. Hélène Claudot-Hawad restitue avec rigueur et sensibilité les grands traits de l'identité touarègue et s'interroge sur l'avenir de ces « nomades interrompus ».
Résumé : Terre incandescente et inhospitalière, Djibouti est le point de rencontre de trois rifts formant des paysages désertiques "de roc, de sable et de sel". Dénué de ressources naturelles autres que la mer, le soleil, le vent et la chaleur, ce petit Etat de l'Afrique de l'Est est pourtant un acteur essentiel de la région. Stratégiquement situé, Djibouti est la porte de la Corne de l'Afrique, et le port du géant éthiopien enclavé. Havre de stabilité entre l'Erythrée totalitaire et la Somalie décomposée, il est l'oeil du cyclone et accueille la plus importante base militaire française à l'étranger. Cette ancienne colonie française, indépendante depuis 1977, dispose surtout d'atouts touristiques spectaculaires où le minéral domine et le vivant est en sursis : de la banquise de sel du lac Assal aux cheminées de calcaire ocre aux formes surréalistes du lac Abbé, en passant par la mystérieuse forêt du Day et les mangroves de l'île de Moucha. Cet ouvrage est une invitation au voyage sur cette terre volcanique inondée "de lumières et d'espaces", qu'avaient décrite en leur temps Monfreid, Gary, Kessel et Rimbaud.
Un moment peu connu de la vie de Picasso. Un tournant dans son oeuvre. Déconcerté par l'art nouveau, victime de la drogue, le peintre allemand Wiegels (celui dont Mac Orlan ferait le héros de Quai des Brumes) se pendit dans son atelier de Montmartre, en 1908. Picasso, qui entretenait un rapport ambigu avec le jeune peintre homosexuel, fut durablement déstabilisé par sa fin tragique. Sa dépression s'accompagna d'une rupture dans son mode de vie et dans son premier style pictural, même si nombre de personnages de son oeuvre (les Arlequins) resteront "wiegelsiens". En même temps qu'elle s'attache au folklore et aux rapins de la Butte à la Belle Epoque, l'étude éclaire "l'homosexualité secrète" de Picasso, selon l'expression de Cocteau. Cette homophilie éclate parfois dans ses toiles et explique le caractère sado-masochiste larvé de certaines de ses amitiés, sa misogynie, son homophobie — exorcisme de protection.
Ce livre, fruits de nombreuses études de terrain menées par l?auteure dans les années 1990, étudie le phénomène des vierges jurées, ces femmes qui deviennent hommes, dans le nord de l?Albanie. Il explique comment, pour clore un cycle de "reprise du sang", des femmes prennent socialement la place des hommes au sein de famille décimée par la vendatta. Le marqueur principal de cette "masculinisation" est l?habit. Pour devenir homme, la transformation doit être totale : ces femmes acquièrent le droit de porter le pantalon, interdit aux femmes dans cette région. L?accès aux prérogatives masculines (droit de boire, de fumer, de mener un troupeau, de porter le fusil, négocier les conflits familiaux) est aussi, et surtout, accompagné de l?obligation de chasteté. Devenant homme, ces femmes renoncent à tous rapports sexuels (essentiellement pour éviter l?enfantement, marqueur de la position sociale peu enviable de la femme dans la société). A partir d?une situation bien spécifique, le nord de l?Albanie régie par le code du Kanun, l?ouvrage d?Antonia Young montre en quoi la construction du genre est avant tout social, et non pas un phénomène naturel déterminé par des organes sexuels reçus à la naissance. Si la société n?a pas assez d?hommes pour assumer les tâches dévolues traditionnellement aux hommes, alors les femmes sont transformées en hommes par cette société. En plus de l?étude d?Antonia Young, traduit par Jacqueline Dérens, l?ouvrage comporte une préface de Nicole Pellegrin, éclairant les enjeux de la question du genre aujourd?hui. Il comporte également une douzaine de photographies noires et couleurs, un aparat critique enrichi, une annexe sur le Kanun, un index des lieux et une carte du nord de l?Albanie.