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Le coude grinçant de l'anarchie
Hawad Mahmudan
PARIS MEDITERRA
11,61 €
Épuisé
EAN :9782842720506
Le coude grince, son menaçant qui annonce son usure et son vieillissement, mais aussi le retour du geste de refus, la réapparition de toutes les figures de la révolte au nord, au sud, à l'ouest ou à l'est, " raccommodeurs des lisières effilochées " de la trame de l'univers. Ce discours poétique, âpre et pamphlétaire, fait entendre la voix des Touareg spoliés de leur pays, mais aussi celle de tous les peuples minorisés, de tous les déshérités de l'univers, de toutes les marges du monde hachées par les barbelés, piétinées par les hordes touristiques et livrées aux armées et aux milices paramilitaires. Qu'est-ce que le " coude de l'anarchie ", sinon l'espace réfractaire à l'autorité de l'Etat, le monde insoumis qui ne connaît ni dieu ni maître, où l'homme, unique pilier de l'univers, résiste à l'encerclement.
Dans les stéréotypes occidentaux, les Touaregs apparaissent comme des guerriers voilés de bleu, nobles et farouches, vivant hors du temps dans les solitudes infinies du désert saharien. Cette vision caricaturale masque une réalité historique, géographique et humaine infiniment plus complexe. Témoignant d'un dynamisme et d'un sens étonnant de l'adaptation, les Touaregs ont su tirer le meilleur parti d'un environnement aride - le Sahara et ses rives sahéliennes -, développer une économie d'échanges commerciaux, d'élevage et d'agriculture oasienne et inventer une organisation politique et une culture profondément originales. Malgré la conquête coloniale, malgré un territoire morcelé au moment des indépendances africaines, malgré les sécheresses, la répression ou la marginalisation, ce peuple n'a cessé de tracer des parcours inédits pour survivre dans la dignité. Hélène Claudot-Hawad restitue avec rigueur et sensibilité les grands traits de l'identité touarègue et s'interroge sur l'avenir de ces « nomades interrompus ».
Biographie de l'auteur Hélène Claudot-Hawad, directrice de recherche au CNRS, est anthropologue et travaille au sein de l'Unité Mixte Internationale 3189 d Marseille. Véronique Ginouvès, ingénieure de recherche au CNRS, est responsable de la Phonothèque de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme à Aix-en-Provence.
Résumé : En octobre 1951, un jeune instituteur de vingt-quatre ans, Marceau Gast, arrive au Sahara chez les Touareg Kel Ahaggar, dans le sud algérien. Pendant trois ans, il sera instituteur nomade, changeant de groupement à chaque rentrée scolaire. Au gré des saisons et des parcours, Marceau Gast photographie les différentes facettes de la vie nomade oscillant entre les ressources rares des monts escarpés de l'Ahaggar et l'abondance des pâturages salés, à six cents kilomètres plus au sud, dans les plaines de la Tamesna. Pour ses hôtes, habiter le désert rime avec nomadisme. Mais, en ce milieu de XXe siècle, la gestion coloniale du vaste territoire des Kel Ahaggar relève de deux administrations distinctes - l'Algérie et l'AOF (Afrique occidentale française). Cette partition porte en germe la menace qui s'abattra sur la salutaire mobilité nomade entre montagne et plaine. Les photographies de Marceau Gast témoignent d'un mode de vie qui en quelques décennies s'est profondément transformé. L'instituteur devenu ethnologue en 1960 poursuivra les questionnements nés au cours de son premier séjour dans l'Ahaggar. Il constituera un important corpus photographique pour illustrer ses recherches sur l'alimentation en milieu aride et les stratégies mises en oeuvre pour échapper à la famine.
Idjerouidene Arezki ; Beniada Frédéric ; Dilem Ali
Résumé : Ce destin à tire d'aile est le récit bouleversant du parcours d'un homme parti de rien, élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur, qui grâce à des valeurs fondamentales, telles que l'intégrité, le travail et la solidarité a été une véritable figure de l'entreprenariat en France et en Algérie. Mère décédée à sa naissance, père ouvrier agricole, il aura pour seule amie, une chèvre, sa vraie nourrice pendant son enfance. Arezki connaîtra la guerre d'indépendance, la répression, la guerre civile, et créa l'un des principaux groupes de transport mondiaux, GoFast Transport (aujourd'hui Weaving Group) qui racheta Aigle Azur en 2001 pour en faire la seconde compagnie aérienne française. Celui qu'on appelait Monsieur Arezki, est une véritable source d'inspiration pour les jeunes.
Cela commence à la manière d'un journal de guerre intestine. Des voix se relaient, elles évoquent, elles s'incarnent, elles assaillent leur héros - l'homme, l'écrivain, l'amant, l'époux, le fils, l'ami, le père, le militant et même, qui sait, l'inconnu. Procès réel ou possible, il ne cesse de hanter Aïn. Comme ne le lâche pas d'une ombre un certain Hdiddane, aussi inventif que futé, caricaturiste impénitent, prompt à la réplique : faisant d'Aïn un personnage de son cru, il récrit des scènes, apostrophe, se prétend l'avocat obstiné de la fiction, cette grande tentatrice. Son " Epître sur la luxure " n'est pas la moindre de ses provocations. L'homme du journal, lui, a décidé, coûte que coûte, de mettre sa vie à l'épreuve de la vérité. Un pays peut-il en cacher un autre ? Un homme peut-il en cacher un autre ? De Paris à Rabat, sans oublier Fès, la ville natale, cette traversée des miroirs brise les images trop vite figées. Un bel exemple de littérature vécue comme aventure, une aventure dont la poésie est le diapason essentiel, relié aux convulsions du monde.
Cloué dans un fauteuil roulant, Ali évoque le destin de ses trois amis d'enfance, Hamid, Kader, Malik, trois hommes perdus dans l'Algérie des lendemains de l'Indépendance. Ils s'étaient promis de construire un monde plus beau, plus excitant que celui qu'avaient connu leurs pères. Mais ils se sont assoupis et ont laissé le champ libre aux apprentis sorciers. Au bout du compte, ils ont récolté une houle d'une rare violence qui a emporté leurs vies dans un tourbillon de folle destructrice.
Dans cet ensemble de nouvelles, Maati Kabbal évoque sur un mode tantôt grave, tantôt burlesque, l'univers étrange et les ambiances chaudes de Khuribga, sa ville natale. Sur fond de chergui (sirocco) et d'embruns de phosphate se déroulent devant nous les roulis lascifs des cheikhates (danseuses du ventre), les séances de beuverie, de sexe et de sport. Sans fioritures et sur le ton de l'autodérision, ce recueil marque un retour sans détours sur les lieux de l'enfance, hantée par la figure imposante d'une tante-mère en mal de maternité. En filigrane transparaît l'interrogation de l'auteur sur la signification du retour au moment où la majorité des jeunes aspirent au départ.