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L'obscur objet de la haine
Hassoun Jacques
AUBIER
14,00 €
Épuisé
EAN :9782700721959
Le sujet en proie à la haine est celui qui, dévoré par l'horreur que l'autre fait naître en lui, s'acharne à détruire cette cause supposée de son indignité. Fanatisé par cette idée obsédante, il ne cesse de susciter puis de traquer cet obscur objet de sa rage désespérée pour mieux le détruire, pour mieux se détruire aussi. Mais si, comme l'aurait dit Empédocle, " la genèse commence quand la haine s'accomplit ", ici nulle genèse, nul accès à la création ne semble être envisageable ni même pensable. Celui qui est possédé par la haine semble se dissoudre dans l'acte même de l'exécration qui le pousse à vouloir éradiquer l'autre. Cette haine le dévore, abîme son espace à tel point que, cessant de frayer avec l'étranger pour ne plus aimer que son semblable, il en arrive de proche en proche à détester ensuite ses cousins, ses frères, ses enfants et disparaît dans la vague de haine qui va submerger jusqu'à son image. "
Actualités d'un malaise nous parvient dans sa forme inachevée, posthume, avec tout l'empressement d'un dernier message, d'un dernier témoignage. Ce texte exprime le souci que Jacques Hassoun portait en lui déjà depuis longtemps et qui, les années passant, ne faisait que grandir. Ainsi à l'origine de son oeuvre est le souci politique, le lien entre le mal-être individuel et la Cité, la polis, c'est-à-dire la pluralité, la multitude qui cherche à déterminer une vie ensemble. Le parcours critique de Jacques Hassoun se termine avec cet essai sur le malaise actuel et la responsabilité du psychanalyste en tant que citoyen. Le discours psychanalytique ne saurait s'abstraire de la culture, c'est-à-dire du politique qui aujourd'hui recèle, en tant qu'élément innommable, une part du religieux. Ces pages appellent à une autre conception du rôle du psychanalyste. Tout comme Freud se désignait comme "juif infidèle", Jacques Hassoun espérait qu'au-delà des associations psychanalytiques, au-delà des conflits de chapelles institutionnels, des transferts et des croyances dans la force thaumaturge qui ferait Un, puissent naître des psychanalystes infidèles", Geog Garner. Ainsi conçu non comme un point d'orgue qui mettrait un point final à un oeuvre mais comme une ouverture qui engage à poursuivre le travail, cet ouvrage pousse les analystes, à l'écoute d'une parole à l'articulation même de l'inconscient et du social, dans les retranchements mêmes de la cure. Entre la politique et l'éthique, l'auteur nous montre comment dans la langue même, ils sont amenés à prendre la mesure du malaise de notre société et à rester vigilants face à toute entreprise de désubjectivisation politiquement organisée.
Résumé : En chacun de nous palpite le désir de transmettre à nos descendants histoires, coutumes et convictions. Ce qui allait de soi dans des sociétés stables, sédentarisées, semble avoir été mis à mal par l'exode rural, les transhumances, les migrations. Mais que transmettre de la génération d'avant et comment ? Pour ne pas perdre contact avec le pays quitté, la terre désertée, la langue menacée d'oubli, il y a deux postures opposées et tout aussi inconfortables selon Jacques Hassoun : la première consiste à se replier sur des traditions ou des pratiques ancestrales en prenant le risque d'entretenir une nostalgie et de se couper de la société. La seconde consiste à se taire sur son passé, et donc à n'en rien transmettre, cela produit des générations à la dérive, incapables de s'insérer dans le social, faute de repères. En s'appuyant sur des exemples cliniques et sur le destin exceptionnel de Charlotte Salomon notamment, Jacques Hassoun montre qu'il faut toujours quitter pour retrouver, détourner notre histoire familiale pour recomposer un espace de liberté entre ce que nous avons reçu, ce que nous construisons, ici et maintenant, avec nos descendants et ce que nous leur transmettons. Il nous enjoint d'être les contrebandiers de " notre " mémoire.
Comment traiter des passions du point de vue de la théorie psychanalytique alors que ce terme n'apparaît qu'exceptionnellement dans le corpus freudien ou lacanien ? Est-ce la pulsion de mort qui déchaîne la passion ? La passion est en proie à ses démons qui bousculent jusqu'à la folie l'existence de celui qui en est la victime. Et elle rejoue le drame d'un deuil impossible. Jacques Hassoun suit ici à la trace quelques-uns des avatars de la passion, à travers des romans, des essais, la mystique ou l'histoire politique. Il interroge le destin de Judas, de Boukharine, de Georges Bataille, d'Oscar Wilde, de Rilke, de Cocteau... pour tenter d'entendre que la passion exigeante et intraitable a pour partenaire la solitude.
Résumé : La mélancolie, cette " bile noire " que les Anciens considéraient comme constitutive de l'être, occupe une place de choix dans la théorie psychanalytique. Freud la définit comme une destruction, marque d'un deuil impossible qui touche à la structure même du sujet. Elle se signale effectivement comme suspens du désir, emprisonnement dans la mort, ressassement, apathie, cruauté - et jouisance - exercée à l'endroit de l'autre et de soi-même, et va de pair avec une réduction des fonctions du vivant au seul ordre du besoin et de la survie. La souffrance, la passion, la toxicomanie, la violence, le désespoir politique et l'appel à la tyrannie sont autant de manifestations d'une affection dont Jacques Hassoun entreprend ici d'analyser le fonctionnement et les causes à travers la clinique et la littérature.
Van Orman Quine Willard ; Bonnay Denis ; Laugier S
L a logique, pour Quine comme pour les membres du Cercle de Vienne dont il a repris et critiqué l'héritage, est un outil qui permet d'éclairer les débats philosophiques ; elle est le langage de la science, le langage dans lequel la science peut être exprimée avec la clarté maximale et dans lequel les discussions concernant l'existence de tel ou tel type d'objet ou la meilleure explication de tel ou tel concept peuvent être tranchées. Mais, à la différence des philosophes du Cercle de Vienne, et en particulier de son maître Rudolf Carnap, Quine n'attribue pas pour autant à la logique un statut épistémologique d'exception. La logique est une partie du grand tout de la science, et, à ce titre, elle est sur un pied d'égalité avec les mathématiques, la physique et les autres sciences. C'est là la conséquence de la critique par Quine du mythe de l'analyticité, selon lequel il y aurait des vérités - celles de la logique et, par réduction, des mathématiques - qui ne dépendraient pas du monde mais seulement du langage. Philosophie de la logique est commandé par cette double perspective : d'un côté, il s'agit de proposer une reconstruction de la logique classique qui soit en harmonie avec le rôle d'arbitre accordé au " point de vue logique ", et d'un autre, Quine doit préciser le statut qu'il accorde à cette partie de la science, pour expliquer en quel sens les vérités logiques, tout en étant des vérités " comme les autres " s'imposent à nous par leur évidence. C'est ainsi qu'on retrouve dans ce livre les grands thèmes de la philosophie quinienne, qu'il s'agisse du rejet des concepts intensionnels ou de l'utilisation philosophique de la situation de traduction.
Ce livre est dédié aux parents et aux soignants qui accompagnent dans la vie un enfant autiste. L'auteur a voulu éclairer la route tourmentée sur laquelle ils sont engagés, en montrant que cette affection n'est pas un déficit mental irréversible. Les observations les plus récentes des cliniciens lui ont permis d'établir que les autistes sont en réalité arrêtés au stade primordial de la vie, dominé par les sensations, stade où déferlent en permanence sur le nourrisson des flots d'excitations anarchiques et insensés. Pour émerger de cet état primitif et accéder à l'espace plus élaboré des perceptions, l'autiste attend seulement d'être relancé dans la dynamique du langage à laquelle les autres enfants sont introduits spontanément, sans difficultés majeures. Le défaut de communication, expression la plus manifeste de l'enfermement de l'autiste, révèle alors qu'il peut être corrigé et le contact avec l'entourage restauré. Mais il faut pour cela avoir reconnu la nature des processus psychiques qui régissent normalement les premiers échanges entre le nourrisson et les parents, afin d'identifier le type de court-circuit qui, à un moment donné, a coupé l'enfant de la possibilité du partage. Redonner leur sens aux conduites aberrantes et souvent rebutantes des enfants autistes et, à partir de là, comprendre pourquoi ils ont échoué dans la relation vitale à autrui est aujourd'hui l'approche la plus respectueuse des sujets prisonniers de cette condition douloureuse, en même temps que la seule véritablement susceptible de les réintégrer dans la communauté humaine.
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.