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La cruauté mélancolique
Hassoun Jacques
FLAMMARION
7,20 €
Épuisé
EAN :9782080813930
La mélancolie, cette " bile noire " que les Anciens considéraient comme constitutive de l'être, occupe une place de choix dans la théorie psychanalytique. Freud la définit comme une destruction, marque d'un deuil impossible qui touche à la structure même du sujet. Elle se signale effectivement comme suspens du désir, emprisonnement dans la mort, ressassement, apathie, cruauté - et jouisance - exercée à l'endroit de l'autre et de soi-même, et va de pair avec une réduction des fonctions du vivant au seul ordre du besoin et de la survie. La souffrance, la passion, la toxicomanie, la violence, le désespoir politique et l'appel à la tyrannie sont autant de manifestations d'une affection dont Jacques Hassoun entreprend ici d'analyser le fonctionnement et les causes à travers la clinique et la littérature.
Comment traiter des passions du point de vue de la théorie psychanalytique alors que ce terme n'apparaît qu'exceptionnellement dans le corpus freudien ou lacanien ? Est-ce la pulsion de mort qui déchaîne la passion ? La passion est en proie à ses démons qui bousculent jusqu'à la folie l'existence de celui qui en est la victime. Et elle rejoue le drame d'un deuil impossible. Jacques Hassoun suit ici à la trace quelques-uns des avatars de la passion, à travers des romans, des essais, la mystique ou l'histoire politique. Il interroge le destin de Judas, de Boukharine, de Georges Bataille, d'Oscar Wilde, de Rilke, de Cocteau... pour tenter d'entendre que la passion exigeante et intraitable a pour partenaire la solitude.
Actualités d'un malaise nous parvient dans sa forme inachevée, posthume, avec tout l'empressement d'un dernier message, d'un dernier témoignage. Ce texte exprime le souci que Jacques Hassoun portait en lui déjà depuis longtemps et qui, les années passant, ne faisait que grandir. Ainsi à l'origine de son oeuvre est le souci politique, le lien entre le mal-être individuel et la Cité, la polis, c'est-à-dire la pluralité, la multitude qui cherche à déterminer une vie ensemble. Le parcours critique de Jacques Hassoun se termine avec cet essai sur le malaise actuel et la responsabilité du psychanalyste en tant que citoyen. Le discours psychanalytique ne saurait s'abstraire de la culture, c'est-à-dire du politique qui aujourd'hui recèle, en tant qu'élément innommable, une part du religieux. Ces pages appellent à une autre conception du rôle du psychanalyste. Tout comme Freud se désignait comme "juif infidèle", Jacques Hassoun espérait qu'au-delà des associations psychanalytiques, au-delà des conflits de chapelles institutionnels, des transferts et des croyances dans la force thaumaturge qui ferait Un, puissent naître des psychanalystes infidèles", Geog Garner. Ainsi conçu non comme un point d'orgue qui mettrait un point final à un oeuvre mais comme une ouverture qui engage à poursuivre le travail, cet ouvrage pousse les analystes, à l'écoute d'une parole à l'articulation même de l'inconscient et du social, dans les retranchements mêmes de la cure. Entre la politique et l'éthique, l'auteur nous montre comment dans la langue même, ils sont amenés à prendre la mesure du malaise de notre société et à rester vigilants face à toute entreprise de désubjectivisation politiquement organisée.
L'écoute était son métier, la parole son talent intarissable, l'écriture sa passion intraitable. Psychanalyste, écrivain et conteur, homme engagé dans les combats de son temps, humaniste, esprit universel, exilé inconsolable, il était tout cela Jacques Hassoun. Il nous a quittés le 24 avril 1999. Bouillonnant archiviste de la longue présence des Juifs en Egypte, il a réussi à nous la restituer dans sa richesse, sa complexité depuis les premiers temps jusqu'au point final. Ce livre est un hommage à la mémoire de notre ami Jacques Hassoun.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)