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Un an dans la vie d'une forêt
Haskell David George ; Piélat Thierry
FLAMMARION
21,90 €
Épuisé
EAN :9782081310384
Je marchai des heures dans la forêt. Ma progression était ralentie par la neige. Je cherchais un endroit qui me dirait: "Stop, c'est là." Un endroit où m'asseoir et observer, qui m'accueillerait au long de l'année, un carré de feuilles, de cailloux et d'eau, un espace d'un mètre de diamètre, équivalant en taille aux mandalas circulaires des moines tibétains. Il m'apparut juste après que j'eus suivi le vol d'un faucon au-dessus des arbres dénudés. Je n'eus pas une seconde d'hésitation: elle était là ma représentation symbolique du monde, au pied de ce rocher massif, enfouie sous l'austère robe de l'hiver. Je m'assis sur le bloc de grès plat, et me répétai les règles que je m'étais fixées: venir le plus souvent possible, y observer le jeu des saisons, garder le silence, ne rien prélever, ne rien déplacer, effleurer peut-être, et patiemment me fondre dans le microcosme.
Quel crédit accorder aux images pour la connaissance du passé ? Quel usage faire, en histoire, de ce que nous appelons oeuvres d'art ? Quel type de sources constitue les documents figuratifs ? C'est la longue genèse de questions très actuelles que retrace ici Francis Haskell, pour la première fois systématiquement. Elle oblige le grand historien d'art d'Oxford à un parcours savant, de la Renaissance aux débuts du XX ? siècle. Comment l'étude des objets et des monuments imagés est longtemps restée le domaine des "antiquaires", collectionneurs et érudits qui ont mis au jour un énorme matériel de portraits, bustes, sculptures, statues, monuments funéraires et effigies de monnaies... Comment, au XVIII ? siècle, historiens et philosophes, avec Voltaire, ont commencé à s'appuyer sur les sources visuelles pour fonder une histoire de la culture et de la civilisation. Comment cet intérêt culmine, pendant la Révolution, dans le musée des Monuments français où Michelet a découvert sa vocation, et quel type d'attention ont après lui accordé à l'art et à ses oeuvres tous les penseurs du passé, de Gibbon, Ranke et Mommsen à Ruskin, Burckhardt et Huizinga. On mesure l'ampleur des questions théoriques et même philosophiques qui courent à travers cette enquête : elles portent sur le statut des images, ce qu'elles ont de spécifique et d'irremplaçable par rapport aux témoignages écrits ; ce qu'elles font voir de l'invisible ; sur ce que la dimension esthétique ajoute ou retire, interdit ou autorise au regard de l'historien.
Des expositions de Maîtres anciens l'histoire restait à faire, avec leurs promoteurs, leurs sujets, leurs enjeux artistiques, parfois aussi idéologiques et politiques. Il revenait à Francis Haskell d'entreprendre d'en retracer les débuts à Rome, au XVIIe siècle, pour en suivre l'évolution jusqu'à nos jours, en montrant les effets à long terme de ces manifestations et les changements qu'elles ont apportés à notre regard sur l'art du passé. Bouleversement des hiérarchies établies, découverte et promotion d'artistes longtemps ignorés, dévoilement pour le grand public d'affinités perçues jusqu'alors par les seuls connaisseurs, mise en valeur de périodes ou d'écoles négligées: à côté des travaux des historiens d'art, et plus qu'eux encore, les expositions de Maîtres anciens ont façonné notre idée de l'histoire de l'art et les manières dont les musées l'exposent. L'éphémère serait-il devenu durable? Peut-être, mais est-ce suffisant pour que ces expositions mettent les ?uvres en péril en leur faisant parcourir le monde? Et que les catalogues, toujours plus gros, créent l'illusion d'un savoir exhaustif, alors qu'ils laissent dans l'ombre des aspects parfois importants? Ce livre, le dernier de Francis Haskell, écrit dans les mois précédant sa mort, est tout entier traversé par cette interrogation dramatique qui porte, plus généralement, sur notre attitude face à l'art dont nous avons hérité et dont nous faisons un usage irresponsable. Travail d'historien, c'est aussi l'ultime mise en garde d'un observateur lucide et critique de notre époque.
Résumé : Pendant un an, jour après jour, David Haskell a observé un mètre carré de verdure, niché au beau milieu d'une forêt des Appalaches. Au fil des saisons, le voilà qui scrute le sol à la loupe et, patiemment, ausculte le vivant : les tritons, les mousses, les lucioles... L'espace restreint de sa contemplation, son "mandala" , se révèle un monde à part entière, plein de mystères insoupçonnés. Décrivant l'infinie ingéniosité des lois de la nature, il interroge la place de l'homme en son coeur, signant un magnifique condensé d'histoire naturelle et de méditation philosophique.
Haskell David George ; Piélat Thierry ; Plessy Val
Douze arbres mythiques, de l'olivier de Jérusalem au noisetier d'Ecosse en passant parle sapin baumier d'Ontario et le poirier de Chine. Chacun à sa façon, ils sont porteurs d'une sagesse millénaire. Pour la recueillir, David G. Haskell est parti à leur rencontre. Attentif au moindre bruissement dans la canopée, au craquement de l'écorce, au suintement de la sève ou au ballet des fourmis coupe-feuille, Haskell révèle un monde d'une beauté inouïe. Alliant une écriture poétique au savoir du naturaliste, il montre que les arbres forment un immense réseau encore insoupçonné, qui raconte l'histoire de tous les êtres vivants ? à commencer par la nôtre.