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Une dernière fois la mer
Hamelin Pierrick
PERSEIDES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782915596304
Une dernière fois la mer est un roman où l'intrigue importe moins que les personnages ; l'auteur s'insinue dans les réflexions des uns et des autres, et crée une ambiance où l'on sent que tout peut arriver. Un style parfaitement maîtrisé, qui se met au service de situations particulières, parfois extrêmes : quels sentiments cela génère-t-il, d'avoir une arme à feu dans sa poche, alors qu'on est parmi les passants dans la rue ; en quoi peut-on prétendre que détruire des oeuvres d'art, participe à la création artistique elle-même, etc. Les phrases sont sinueuses, précises, et d'une élégance remarquable. On a affaire là à une vraie écriture, qui se fiche des modes et se met au service de l'oeuvre. Ce roman est un très beau texte, qui vous hante longtemps après avoir refermé la dernière page. (Jean-Luc Nativelle)
Comment ça va ? Ca va, ça va bien, pas trop mal, pas très bien... Ainsi commence la communication entre les hommes, quelque chose qui va et vient entre celui qui ne souhaite pas toujours dire la vérité, ou qui en dit trop, plus qu'il ne veut en dire, ou pas assez, et celui qui ne sait jamais ce qu'il doit au juste entendre sous les mots. Mais à part cela, ça va : les gens finissent toujours par bien ou mal se comprendre".
L'histoire de ce roman commence en Bretagne et se termine en Italie. Paul, écrivain, peiné par une récente rupture amoureuse, propose à son père, Ulysse, de faire avec lui le voyage qu'il a envisagé pour ses 80 ans : visiter des cimetières, en France et à l'étranger, où reposent des personnes qui ont compté dans sa vie. Il nomme ce voyage Tournée d'adieux. Ils se rendent d'abord en Allemagne, dans une vieille Jaguar conduite par un Italien, nommé Gordani. Cet homme qui fut le chauffeur d'Ulysse quand celui-ci était diplomate en Italie, a un passé trouble et, suite à un événement sur la route, montre un comportement qui intrigue de plus en plus Paul. Il décide d'en faire le personnage principal de son prochain roman... Ce livre n'est pas un roman à thèse. Il apporte cependant des réflexions pertinentes sur un sujet qui nous concerne tous : la mort. L'auteur le fait de manière légère, avec humour souvent, notamment grâce aux situations et au profil psychologique, plutôt excentrique, du personnage, le père, qui en a fait une sorte d'obsession... Mais la mort n'est pas son seul sujet, loin de là, il y est aussi beaucoup question de vie, de force de vie et d'amour... Par ailleurs, le texte contient des scènes amusantes et se plaît à jouer avec le réel, comme lors de l'apparition, à plusieurs reprises, de l'écrivain Philippe Sollers, à Venise, dont l'auteur connaît parfaitement l'oeuvre.
II y avait en elle, dans sa manière d'être, une réserve délicatement dosée : elle parlait peu, d'une voix douce, souriait continÃ" ment, connaissait à l'évidence les collections du Musée d'arts de Nantes, sans ostensiblement le montrer. Marchant à ses côtés, légèrement en retrait pour lui laisser l'initiative de la visite, je ne réussissais qu'à dire des banalités, envahi par son parfum, le regard exclusivement empli de sa nuque, de ses cheveux roux, de ses bras nus dont le contact fortuit avec mon avant-bras pendant que nous nous tenions, silencieux, devant une nature morte de Pieter Boel figurant un lièvre pendu par les pattes, provoqua en moi une délicieuse sensation de chaleur. "Vous aimezâ ? " me dit-elle. Effleuré par l'idée qu'elle parlait du contact de nos bras, je répondis : "Oui, j'adore". Elle me considéra avec étonnement".
L'étrange narrateur de cette histoire aime à tel point converser avec les philosophes que son créateur l'a doté du pouvoir de se jouer du temps et de l'espace. Il peut ainsi se rendre tour à tour auprès de John Cowper Powys, Jules de Gaultier (le théoricien du bovarysme), Giuseppe Rensi, Arthur Schopenhauer, Giacomo Leopardi, Oscar Wilde, Charles Baudelaire et Sôren Kierkegaard, pour s'entretenir avec chacun d'eux de leurs rapports à l'existence et à la vérité : religion, illusion, amour... Dans le jeu de ces conversations imaginaires, la règle fut de respecter à la lettre les écrits des auteurs. Aussi est-ce avant tout sur leurs traces que Pierrick Hamelin invite le lecteur à le suivre. Tous les propos "recueillis" ici recoupent cependant nombre de chemins empruntés dans ses romans. Les Promenades proprement dites sont suivies de notices biographiques des huit écrivains philosophes rencontrés dans ces pages.
Ville de l'âme ouverte aux forces de l'esprit, Tréguier inspira régulièrement ses plus illustres enfants et admirateurs. Renan, Pollès y contractèrent très tôt cet "indestructible pli" qui, leur vie durant, alimenta leur imaginaire. De là entre autres, par-delà leur génie réciproque et leur inclination pour le rationalisme et l'histoire, l'enchantement, la poésie ou la mélancolie qui traversent leur univers romanesque ou autobiographique. Quant à Le Braz, séduit à son tour par cette "manière d'Assise bretonne" , un lourd héritage funéraire finit de l'attacher définitivement à l'ancienne ville épiscopale. Le présent ouvrage, en écho à ces diverses sensibilités, rassemble sans prétention exhaustive nombre de communications égrenées au fil du temps, faisant explicitement référence à ces auteurs tous travaillés par le ferment de l'idéalisme celtique et le tropisme de la vieille cité trégoroise.
Cet ouvrage nous plonge au coeur du drame fondateur qui s'est noué sur la scène coloniale caribéenne au moment même où la France accomplissait sa propre révolution. Un drame en trois actes. Un : soulèvement des esclaves de Saint-Domingue - surnommée la "perle des Antilles" et la plus riche des colonies françaises - en 1791, suivi trois ans après de l'abolition de l'esclavage par la nouvelle Assemblée nationale française. Deux : envoi sur l'île par Napoléon Bonaparte d'un corps expéditionnaire dirigé par le général Leclerc, beau-frère de l'empereur, en vue de renverser le chef des rebelles, Toussaint Louverture, et de rétablir l'esclavage. Trois : victoire des insurgés et création, en 1804, de la première république noire de l'histoire : Haïti. C'est cette expédition coloniale désastreuse, qui fit des milliers de morts des deux côtés et restera comme l'une des plus cuisantes défaites de l'empire français, tenu en échec par d'anciens esclaves, que raconte l'historien Philippe Girard dans ces pages. Pour comprendre les enjeux et le déroulement de l'opération, il a mené des recherches de part et d'autre de l'Atlantique et puisé aux sources les plus variées, qu'elles soient militaires, diplomatiques ou commerciales. A travers le prisme de l'expédition Leclerc, qui en fut le paroxysme, c'est toute la Révolution haïtienne, cet événement majeur de l'histoire atlantique, qu'il fait revivre. "Philippe Girard propose un récit très maîtrisé en dix-neuf chapitre. Son apport principal n'est pas dans la forme toute classique que prend son ouvrage, dont la vocation est essentiellement pédagogique. Il s'agit davantage de restituer cette tragédie à travers l'épaisseur souvent complexe de ses explications, de ses situations, de ses intrications. (...) Son récit de la guerre d'indépendance haïtienne offre cette opération historiographique rare qui vise à la coexistence des regards, des représentations, des actions, expliquées selon les différentes parties en présence. A la manière dont Clint Eastwood a voulu comprendre la guerre du pacifique en deux films contrastés, Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima (2006), l'historien propose ici un récit qui serait à la fois celui du Blanc et du Noir, du riche et du pauvre, du colon et du colonisé, du Français et de l'Haïtien". (Antoine de Baecque, Le Monde des Livres)
Dans cette étude novatrice et solidement documentée qui relate un chapitre aussi méconnu qu'emblématique de l'histoire de la globalisation, Paul Gootenberg entreprend de retracer l'essor irrésistible de l'un des produits d'exportation les plus fascinants - et désormais illégal - de l'Amérique latine : la cocaïne, ainsi que celui de la plante andine dont elle dérive, la coca.