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Du front à l'asile
Guillemin Hervé ; Tison Stéphane
NUVIS
24,00 €
Épuisé
EAN :9782363671790
Depuis que je suis parti de la maison de santé mon état ne s'est pas amélioré. J'ai essayé toutes choses : travail, exercices divers, repos, ce travail du cerveau est toujours là, élancement, persécutions, craquements, coups, ronflements, insomnies m'enlevant l'aptitude au travail... Or je n'ai pas de situation personnelle et il m'est impossible en cet état de gagner ma vie. Comme vous m'avez conseillé monsieur le docteur de m'adresser à mon député pour un secours, je viens d'être forcé de le faire. Il trouve ma demande parfaitement justifiée et me demande de produire un certificat médical attestant mon état nerveux d'origine de guerre." Le caporal Daniel D. écrit ces mots en août 1917 au médecin-chef de l'asile d'Alençon. De l'homme de troupe jusqu'à l'officier, ils sont des milliers à souffrir de troubles du comportement ou à revenir délirants du front. Comment interpréter et prendre en charge cette vague inédite de symptômes variés ? Ces hommes dont certains passent en conseil de guerre et d'autres échouent à l'asile sont-ils des déserteurs, des victimes de l'artillerie moderne ou bien des malades mentaux ? La guerre peut-elle vraiment rendre fou ? Se fondant sur des documents inédits, puisés dans les archives des établissements psychiatriques, Hervé Guillemain et Stéphane Tison font entendre la voix de ceux qui furent brisés par la guerre, les difficultés des familles et la difficile reconnaissance de ce que l'on nomme aujourd'hui le traumatisme de guerre. Des récits vrais, bouleversants dans leur simplicité et leur sobriété, rythment l'enquête. Ils montrent l'ampleur du défi auquel furent confrontés psychiatres et militaires.
L'avènement de la médecine dite personnalisée, de l'intelligence artificielle et de ses dispositifs algorithmiques ont reconfiguré la notion de données médicales, mais aussi les modalités concrètes de la relation thérapeutique que ce numéro repense dans un temps long (XVIIe-XXIe siècle). De nos jours, le paradigme du grand nombre (big data) entraîne un renouvellement des représentations médicales du corps et de la relation thérapeutique. L'avènement de la médecine dite personnalisée, de l'intelligence artificielle et de ses dispositifs algorithmiques s'accompagne de nouveaux imaginaires et rhétoriques soignants. Ces dernières déploient un discours prophétique sur les découvertes scientifiques à venir, sur la capacité des sciences à repousser les maladies et même la mort, à renforcer et normaliser les corps ; l'idée d'une médecine toute puissante, en somme. La "vérité" des corps et la résolution de leurs troubles ne se trouveraient que dans ce qui est pensé comme une double objectivation : traitement de données quantitativement nombreuses et réalisation de l'exercice par une machine non douée d'affects. Ce numéro revient sur ces rhétoriques médicales, saisissant ces promesses intellectuelles et techniques dans le temps long, en les articulant aux relations thérapeutiques qu'elles induisent. Il enquête sur les césures que génère l'émergence des données médicales en grand nombre, comme sur les très fortes permanences de l'idée d'un "progrès" nécessairement obtenu par une mise à distance de la médiation humaine, pour saisir les corps et leurs pathologies.
Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en "mieux." C'est ainsi qu'Emile Coué (1857-1926), pharmacien de son état, préconisait à chacun de s'adresser à lui-même pour commencer la journée. Autour de lui, un nouveau réseau de praticiens se développe dans les années 1920, héritier de l'hypnose thérapeutique, mais affirmant désormais le rôle central du sujet dans sa cure. Avant de faire son entrée dans le langage courant, victime de discrédit, la méthode Coué connut des heures de gloire entre la Première et la Seconde Guerre mondiale. La réputation internationale de Coué (véritable vedette aux Etats-Unis), l'attrait exercé par sa méthode auprès des anciens combattants, des milieux évangéliques et du public féminin, le regard plutôt bienveillant que porte sur elle la médecine: autant de réalités qui ne laissent pas a posteriori de surprendre, tout autant que l'accueil que lui réserve la psychanalyse naissante, ou les liens tissés avec des figures et des organisations du nationalisme conservateur français. En s'appuyant sur une confrontation de la méthode Coué avec l'histoire sociale, politique, religieuse et médicale, en la resituant dans un moment clé de l'histoire des psychothérapies, Hervé Guillemain analyse les ressorts d'un succès et les raisons d'un déclin.
Comment la foi s'est-elle inscrite dans le siècle ? A partir d'exemples empruntés aux différentes périodes de l'histoire, les auteurs de cet ouvrage collectif interrogent les modes d'interaction entre la religion chrétienne, la culture profane et la société. On redécouvrira ici sous de nouveaux traits l'empreinte culturelle du christianisme (musique, peinture, construction et restauration d'églises, travaux des clercs érudits). On comprendra, à travers des études de cas régionaux et de manuscrits inédits, comment la religion chrétienne diffuse ses valeurs de référence par le biais de réseaux et de relais spécifiques, comment elle inspire un certain type de rapports à la cité ou à la science, suscitant par là des pratiques sociales singulières mais aussi des controverses politiques et des confrontations intellectuelles passionnantes. Les conflits du XXe siècle sont des temps majeurs de cette histoire. On lira donc aussi dans ce volume de quelle manière ceux-ci pèsent sur l'expression culturelle, individuelle ou collective, de la foi. Cet ouvrage est un hommage à Brigitte Waché dont les travaux contribuent à faire sortir l'histoire religieuse de son isolement en la confrontant à une histoire culturelle en plein développement.
Inventée vers 1900, la schizophrénie est devenue en cent ans la plus grande pourvoyeuse d'hospitalisations psychiatriques. Un objet récurrent d'intérêt médiatique également. L'appellation, stigmatisante, semble d'ailleurs amenée à disparaître des classifications mondiales. L'historien Hervé Guillemain s'est plongé dans les dossiers de milliers de patients. Pour écrire non pas l'histoire de la schizophrénie mais bien celle des schizophrènes, ce nouveau sous-ensemble de population qui réunit, sous l'égide de la science et de la clinique, aussi bien des domestiques en difficulté que des migrants confrontés à la crise ou de jeunes adultes aspirant à l'émancipation. Pourquoi et comment une maladie mentale naît-elle, évolue-t-elle et meurt-elle ? A ces questions, l'auteur répond en écoutant la voix de ceux qui furent les sujets et l'objet d'un épisode phénoménal du XXe siècle.
Résumé : Que se passe-t-il quand un citoyen qui croit fermement, et depuis des années, à l'origine humaine du réchauffement climatique, décide un jour de creuser à fond le sujet pendant trois ans ? Quelles sont ses découvertes ? Son opinion s'en trouve-t-elle modifiée ? Au-delà du sujet traité, cette démarche a valeur de symbole : est-il encore possible aujourd'hui, pour un citoyen de base sans soutien public ou privé, d'accéder à une information contradictoire et de se faire une opinion documentée sur un sujet aussi sensible que le réchauffement climatique ? Les réponses à ces questions se trouvent dans ce livre, sous la forme d'un exposé novateur divisé en douze thèmes qui illustrent la nature des résultats obtenus par l'auteur grâce à ses recherches. Au fil d'une quête passionnante, ce livre fait découvrir une science climatique bien plus incertaine de ses méthodes et de ses résultats qu'on pourrait le supposer a priori. Loin des affirmations péremptoires ou sensationnelles, trop souvent divulguées sans raison, c'est d'ailleurs l'avis de Phil Jones, directeur de l'Unité de Recherche Climatique (CRU) de l'université britannique d'East Anglia, institut très lié au GIEC : " Ce serait supposition de ma part de prétendre que tous les scientifiques qui disent que le débat climatique est clos, le disent pour la même raison. Je ne crois pas que la grande majorité des spécialistes du climat le pensent. Ce n'est pas mon avis. Il y a encore beaucoup à entreprendre pour réduire les incertitudes, non seulement pour l'avenir, mais aussi pour le passé. "
Pourquoi les politiques publiques n'atteignent elles pas ouinsuffisamment leurs cibles? Pourquoi des réformesaboutissent-elles tardivement, souvent à contretemps?Pourquoi ne sont-elles jamais menées à leur terme alors que letemps presse? Parce que la société française et les citoyenseuropéens n'exigent pas du Politique les transformations quis'imposent afin de réformer l'Etat. Pour comprendre lanécessité de modifier en profondeur le pilotage public,national ou européen, face à l'endettement public galopant etaux crises multiformes qui émergent à des échellesd'intervention différentes, l'auteur prend le parti d'uneintrospection de nos cultures sociétales, politiques etadministratives. "Refonder le Politique" consiste pour lui àinduire de nouvelles démarches de changement à partir d'unnouveau regard porté sur le monde tel qu'il est. Ainsi, l'auteurtire de la Culture les ressorts possibles d'un renouveausociétal. En se situant délibérément au coeur du blocagefrançais et des raisons profondes des dysfonctionnements duservice public, il trace les orientations susceptibles de réformerl'Etat en profondeur, en sorte qu'il se place réellement auservice de la Société et des citoyens. "Pour sortir de l'impasseactuelle et lutter contre le cynisme et la cupidité, écrit-il, nousdevons mener un quadruple combat: 1. faire émerger unesphère de vie sociale où puissent se recréer des dynamiques derecherche et d'investissement éthiques; 2. formaliser unnouveau contrat social entre les citoyens français eteuropéens; 3. reconnaître les entrepreneurs, le marché et lesentreprises; et 4. rénover notre vision d'un Etat-stratège,national et européen. Ceci implique qu'un intérêt général soitredéfini à partir de la Culture, c'est-à-dire d'un vivreensemble."
Résumé : Ce livre résulte des investigations menées par l'auteur sur la création de valeur que génèrent les systèmes d'information, et donc sur leur effectivité. L'auteur commence par analyser avec précision tous les éléments du " décor numérique " dans lequel apparaissent trois éléments-clé : le sujet, l'objet et l'usage. Ce qui lie et relie le sujet à l'objet, ce sont les relations d'usage qu'ils entretiennent. Ces relations provoquent des interactions qui sont multiples, complexes et diversifiées ; leur mise en évidence permet d'en saisir la portée et de leur donner un sens. L'auteur reconfigure ensuite ce " décor numérique " en situant l'individu dans son rapport aux autres avec l'émergence des communautés, puis l'entreprise dans ses rapports aux clients avec la transformation de son offre, puis l'entreprise dans ses rapports aux salariés avec la convergence entre les sphères privée et professionnelle ; et plus généralement en situant le service rendu par les systèmes d'information dans leurs interfaces avec les utilisateurs ou les usagers. Mais ce livre dépasse le cadre des systèmes d'information. Au-delà de la valeur économique, l'auteur s'interroge sur les valeurs d'effectivité liées à l'usage, lesquelles ne se réduisent pas à une équivalence monétaire, et propose une taxinomie de ces valeurs. Enfin, il dénonce les déviances de notre société qu'exacerbe, sur fond de mondialisation, le développement du monde numérique. Ce qui l'amène à s'interroger sur la finalité des immenses moyens informatiques disponibles aujourd'hui et à dresser un plaidoyer pour l'émergence d'une éthique numérique.
Résumé : Entre 1937 et 1939, Charles de Gaulle a exercé le commandement du 507e régiment de chars de combat à Metz. Cet épisode peu connu de sa vie ne manque pas d'intérêt. Sur le plan humain, il révèle les qualités et les travers d'un officier tenace et exigeant, pragmatique et audacieux. Mais il montre aussi une tragédie : celle d'un pays qui refuse de voir la guerre qui approche et d'une armée aveuglée par le souvenir de sa victoire de 1918. Les officiers d'état major se montrent sourds, pour ne pas dire hostiles aux théories nouvelles que défend de Gaulle quant à la façon dont il faut désormais employer les chars. Ironie du sort : le seul homme qui l'écoute vraiment se nomme Guderian, il est allemand, et c'est à lui qu'Hitler confiera le soin d'envahir la France avec ses divisions blindées... Pour mener à bien cette enquête, Joël Cambre, lui-même Saint-Cyrien et ancien officier de carrière, a interrogé de nombreux témoins directs et consulté des archives inédites à ce jour. Toujours le plus a été écrit dans le cadre d'un travail de recherche universitaire.