L'avènement de la médecine dite personnalisée, de l'intelligence artificielle et de ses dispositifs algorithmiques ont reconfiguré la notion de données médicales, mais aussi les modalités concrètes de la relation thérapeutique que ce numéro repense dans un temps long (XVIIe-XXIe siècle). De nos jours, le paradigme du grand nombre (big data) entraîne un renouvellement des représentations médicales du corps et de la relation thérapeutique. L'avènement de la médecine dite personnalisée, de l'intelligence artificielle et de ses dispositifs algorithmiques s'accompagne de nouveaux imaginaires et rhétoriques soignants. Ces dernières déploient un discours prophétique sur les découvertes scientifiques à venir, sur la capacité des sciences à repousser les maladies et même la mort, à renforcer et normaliser les corps ; l'idée d'une médecine toute puissante, en somme. La "vérité" des corps et la résolution de leurs troubles ne se trouveraient que dans ce qui est pensé comme une double objectivation : traitement de données quantitativement nombreuses et réalisation de l'exercice par une machine non douée d'affects. Ce numéro revient sur ces rhétoriques médicales, saisissant ces promesses intellectuelles et techniques dans le temps long, en les articulant aux relations thérapeutiques qu'elles induisent. Il enquête sur les césures que génère l'émergence des données médicales en grand nombre, comme sur les très fortes permanences de l'idée d'un "progrès" nécessairement obtenu par une mise à distance de la médiation humaine, pour saisir les corps et leurs pathologies.
Klein Alexandre ; Guillemain Hervé ; Thifault Mari
Au cours des années 1960, les pays occidentaux s'engagèrent, avec des rythmes et des conceptions variés, dans un processus politique, médical et administratif visant à sortir les malades des hôpitaux psychiatriques. En opposition au modèle asilaire développé au XIXe siècle, cette désinstitutionnalisation valorisait une prise en charge de la maladie mentale fondée sur les ressources communautaires et les services ambulatoires. Mais est-ce pour autant la fin de l'asile ? En retraçant l'histoire des modalités de sortie de l'asile dans le monde francophone du XXe siècle, cet ouvrage constate la nature mythique de la désinstitutionnalisation. Si on a bien fermé quelques asiles et libéré des malades mentaux pour les réintégrer dans la communauté, on était loin d'atteindre les ambitions des réformateurs de l'après-guerre. En Europe comme en Amérique du Nord, la déshospitalisation s'est en effet déployée tardivement par rapport aux proclamations théoriques et aux injonctions légales, à des rythmes différents selon les régions et de manière souvent conflictuelle. C'est sur les enjeux et les conséquences de ce phénomène historique majeur pour nos sociétés que revient cet ouvrage. Avec le soutien de l'université du Mans
Une approche transversale souvent inédite qui permet de nourrir la pratique historienne et offre notamment aux jeunes chercheurs et étudiants en formation le moyen de mieux situer l'état de la recherche en histoire de la médecine et de la santé aujourd'hui. Sans souci d'exhaustivité, ce numéro propose plusieurs manières d'écrire l'histoire de la santé aujourd'hui. Il interroge la place des historiens par rapport aux autres disciplines (Léo Bernard et Hélène Leuwers). Il suggère ce que serait un musée idéal d'histoire de la médecine (Nahema Hanafi, Hervé Guillemain, Hélène Leuwers) après avoir dressé un panorama muséographique subjectif et néanmoins assez exhaustif de ce type d'institutions (Nahema Hanafi). Il questionne les manières d'écrire l'histoire de la santé autour des études de cas (Sophie Vasset et François Zanetti) et du point de vue des premiers concernés, les malades (Claire Barillé et Philip Rieder). Il interroge les liens entre histoire de la médecine et histoire des sciences en proposant un décloisonnement des histoires disciplinaires à travers une histoire des médecins (Elisa Andretta et Rafael Mandressi). Ces articles permettront par leur approche transversale souvent inédite de nourrir la pratique historienne et offriront notamment aux jeunes chercheurs et aux étudiants encore en formation le moyen de mieux situer l'état de la recherche en histoire de la médecine et de la santé aujourd'hui.
Ce dossier présente un panorama des différentes médecines ou pratiques alternatives sur la longue durée en montrant que chacune ne constitue pas une secte indépendante des autres mais qu'elles forment une nébuleuse qui entretient des relations complexes et ambiguës avec le reste de la médecine. Le numéro vise à contribuer à l'écriture collective d'une histoire de la santé qui ne distingue plus les pratiques en fonction de leur statut plus ou moins académique ou de leur position plus ou moins centrale par rapport au pouvoir politique et savant. Cette manière d'écrire l'histoire des pratiques de santé, en figeant un centre et des marges, a de fait conduit à négliger les points de contacts importants entre les deux. Il s'agit donc d'en finir avec une manière de considérer ces médecines comme "parallèles". Ce qualificatif est à bannir puisqu'il renvoie ces pratiques dans un monde différent depuis lequel celles-ci ne seraient jamais en contact, sauf de manière étrange peut-être, avec le monde de la médecine. Ce dossier, qui est le premier en France à notre connaissance à aborder l'ensemble de ces pratiques (herboristerie, homéopathie, magnétisme, acupuncture, naturisme, holisme, végétarisme), apportera quelques réponses à ces questions en mobilisant la plupart des chercheurs qui, en France, se sont intéressés à ces pratiques.
L'amour des animaux est au coeur d'une société du changement qui donnerait une place de premier plan aux attachements, aux liens et aux connexions, à une empathie qui est la clé de tout changement sociétal. Des espèces compagnes à la relation des ani-maux pour des membres de leur propre espèce ou d'espèces différentes, l'expression "l'amour des animaux" est polysémique. Le but de ce volume est d'envisager l'amour des animaux, l'amour animal, l'amour pour les animaux dans sa multiplicité et sous un angle à la fois philosophique, environne-mental, scientifique, esthétique et littéraire ((littératures du monde), c'est-à-dire en ins-crivant ce thème dans la relation plus large de l'homme au monde".
Les grottes de la Renaissance sont des constructions artificielles évoquant par leur architecture et leur décoration les cavernes naturelles, en se référant aux nymphées de l'Antiquité. Elles ont été bâties à l'intérieur de grandes demeures ou dans des pavillons isolés au milieu des jardins, d'abord en Italie puis dans toute l'Europe du Nord à partir du milieu du xvie siècle. Commande royale ou princière, ces grottes rivalisent par leur richesse ornementale : sculptures, rocailles, coquillages, jeux d'eaux... Des recherches récentes ont permis de redécouvrir quelques-unes des plus importantes réalisations en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Italie. Les travaux de restauration menés par des architectes, les fouilles archéologiques, les études historiques conduites dans de nombreux fonds d'archives renouvellent nos connaissances sur ce sujet.
Cet ouvrage a pour objectif de préparer les candidats à l'épreuve de linguistique de l'agrégation d'anglais. Il permettra à ceux qui ont déjà suivi une formation en linguistique de mettre à jour leurs connaissances; les autres y trouveront une initiation indispensable et accessible: un rappel des bases grammaticales nécessaires, assorti de références bibliographiques permettant de compléter leurs connaissances, ainsi que l'exposé d'une méthodologie efficace. L'ouvrage propose une mise en oeuvre de cette méthodologie à partir d'exercices conformes aux modalités de l'épreuve (quatorze sujets sont traités, qui couvrent les points essentiels de la grammaire anglaise). Biographie de l'auteur Les trois co-auteurs sont docteurs en linguistique anglaise, enseignent à l'Université, et interviennent dans le cadre de la préparation aux concours de recrutement CAPES et Agrégation d'anglais. Ils ont été membres du jury de l'agrégation interne d'anglais.
A un moment où de nombreux domaines affichent des préoccupations relatives à la littératie, ce numéro s'intéresse à la constitution et à la réinterprétation de son espace conceptuel dans le champ de l'enseignement et de l'éducation. Plutôt que de se focaliser sur les différentes tentatives de définition qui ont pu en être proposées, ce volume cherche à comprendre en quoi la littératie conduit à penser autrement le développement des activités langagières : le continuum de leurs apprentissages, leurs interactions, leurs usages dans différentes institutions sociales, leurs fonctionnalités pour l'individu et la société.