Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le western et les mythes de l'Ouest. Littérature et arts de l'image
Menegaldo Gilles ; Guillaud Lauric
PU RENNES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782753542631
Du Dernier des Mohicans de Cooper aux romans de Gustave Aimard et de Kart May, en passant par les "dime-novels", le western a d'abord des origines littéraires. La généalogie du genre passe par les récits de captivité, la terreur gothique liée à l'émergence de la littérature américaine, la fascination pour la violence et le sacré, le rêve (ou le cauchemar) américain. Il puise dans l'histoire de l'Amérique, glorifiant l'épopée des pionniers, sans négliger les Guerres indiennes. Surtout, le western mythifie certains personnages historiques. A la fin de L'Homme qui tua Liberty Valance, une phrase résume l'essence du western : "Quand la légende devient réalité, imprimez la légende !" Un sujet aussi ample que le western requiert une constellation d'approches, que ce soit dans le domaine de la littérature, des arts plastiques et visuels, de la musique et de la civilisation nord- américaine. Il s'agit aussi de revisiter les "figures mythiques" tels Bas de Cuir, Daniel Boone, Jesse James, Billy the Kid, Calamity Jane, Buffalo Bill, et d'autres figures du genre : le cow-boy, l'éclaireur, le shérif, le pionnier, le héros solitaire, la femme fatale. Des topoi sont convoqués, comme la wilderness, la Prairie, le désert, la ville, le saloon, etc. Les motifs westerniens se déclinent dans toutes les formes de la culture savante et populaire et servent des discours critiques, polémiques, voire politiques. Le western connaît les fluctuations de la modernité et de la post-modernité, avec des approches sociologiques, multiculturelles, pluriethniques ou féministes, conduisant à de nouveaux regards sur le genre et à des remises en cause d'une doxa par la satire, le décalage ou l'inversion ironiques, la parodie, le pastiche, l'hybridation générique, la déconstruction des mythes et des icônes, non sans une dose parfois de nostalgie.
La ville nourrit l'imaginaire des écrivains, des peintres, des photographes et des cinéastes. Elle stimule les rêves des utopistes et des architectes, suscite des projets, des cartes et des plans. Elle s'actualise en s'inscrivant sur le territoire et affirme son pouvoir, son aura. C'est par la grande ville que se définit l'identité d'une nation et que se construit son destin. Souvent associée à la modernité, pour le meilleur et pour le pire, la ville est un objet privilégié de réflexion pour les historiens, les géographes, les sociologues et les philosophes qui s'interrogent sur la place de l'individu dans la cité. Qu'elle soit métropole, banlieue ou petite ville, elle sert de cadre à d'innombrables récits, réalistes, oniriques, fantastiques, mais peut aussi devenir un personnage de fiction. La ville, espace complexe, en perpétuelle mutation, se prêt à la métamorphose. C'est un lieu privilégié pour la déambulation, les rencontres, le métissage culturel. C'est aussi un lieu de mémoire qui porte les traces et les stigmates de l'Histoire. A la fin du XIXe, Londres, ville cosmopolite et labyrinthique est devenue un locus privilégié pour la fiction chez des auteurs comme Stevenson ou Conan Doyle. On peut en dire autant de Paris à divers époques, de Berlin, de New York, Rome ou de Saint-Pétersbourg. La ville, décor spectaculaire, suscitant des phénomènes et des événements aléatoires. C'est à une approche plurielle des représentations et mythes collectifs engendrés par le phénomène urbain au cours des XIXe et XXe siècles que se livrent les différents spécialistes de l'histoire, de l'art, des images picturales, photographiques ou filmiques, des littératures russe, anglaise, allemande, qui contribue à ce volume.
La popularité actuelle de Sherlock Holmes, son importance dans notre paysage, posent la question de savoir pourquoi il est, plus que jamais, notre contemporain. Notre société, plus victorienne qu'il n'y paraît, voit monter un certain nombre d'angoisses et d'inquiétudes urbaines - économiques, sociales, médicales - qui ravivent du même coup le paradigme d'un enquêteur quasi infaillible, capable de résoudre, avec rapidité, élégance et brio des énigmes pourtant retorses, défiant les compétences de la notice officielle. Un retour au texte de Conan Doyle montre pourtant que ce paradigme est instable, que le détective est capable de toutes les métamorphoses et de tous les déguisements. Le fait que la série de la SOC Sherlock transpose aujourd'hui avec une aisance ludique l'univers créé par Conan Doyle dans le Strand Magazine à la fin des années 1880 illustre la foncière plasticité et adaptabilité de la figure du célèbre détective, jusque dans le monde des téléphones portables et d'Internet qui est le nôtre. Les actes du colloque international "Sherlock Holmes ; un nouveau limier pour le XXIe siècle" tenu à Cerisy-la-Salle en 2014 remontent aux sources mêmes du mythe littéraire pour suivre les évolutions subies par ce couple éminemment malléable qu'est le duo formé par Sherlock Holmes et le Dr Watson. Des premières adaptations pour l'écran muet, réalisées du vivant même de l'auteur, jusqu'aux séries télévisées actuelles, entre réécritures et pastiches qui passent par le cinéma, la BD, et la littérature, les auteurs ici réunis traquent les formes esthétiques et les supports divers qui ont porté l'image protéiforme du détective et de son acolyte jusqu'à nous, creusant le personnage aux attributs si reconnaissables pour mieux en dégager ta profondeur. Venu à nous "d'un Londres de gai et de bruine", Sherlock Holmes est bien, selon Borges, "une de ces bonnes manies qui nous restent".
Le cinéma hollywoodien éprouve, depuis ses origines, une véritable fascination envers le monde du crime organisé. Il a largement contribué à la mythification du gangster, tout en dénonçant ses pratiques. Les quatre films analysés dans ce volume témoignent de cette relation privilégiée. Le film de gangster est d'abord associé à un espace urbain et souvent nocturne, structuré horizontalement (territoire à conquérir, labyrinthe), et verticalement (image de l'ascension et de la chute inéluctable du héros). Celui-ci se décline selon diverses modalités : brutal et mégalomane, charismatique, arriviste et séducteur, loser nostalgique. Ces différents avatars correspondent à des moments précis de l'histoire du crime et de sa représentation à l'écran : temps du caïd médiatique, temps de la répression et de la rédemption rooseveltiennes, mutation de la machine criminelle, guerre froide et chasse aux sorcières. Chaque film illustre, à sa manière, un état de crise, tend un miroir (déformant) à une société clivée, montre la perversion du rêve américain (fastes et déchéance), le brouillage des frontières entre Underworld et Upperworld mais aussi la nostalgie d'une pureté originelle. Ces différentes incarnations du gangster de celluloïd suscitent des sentiments ambivalents chez le spectateur. Si la loi l'emporte toujours, elle n'a jamais (dans ces quatre films) le beau rôle face au héros criminel, qu'il soit au sommet de sa gloire, agonisant ou dans l'attente de son exécution.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour