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La gloire en exil. Le témoignage philosophique d'Emmanuel Levinas
Guibal Francis
CERF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782204073769
Emmanuel Levinas n'a jamais fait mystère de ses origines juives ni du fait qu'il y avait là pour lui des ressources qui lui apparaissaient inépuisables de signification. Attelé à un travail d'écriture proprement philosophique, il ne renie aucun horizon, n'écarte aucune source de pensée : les " écritures ", reconnues comme saintes dans sa tradition religieuse d'origine, dialoguent en lui avec le Logos venu de la sagesse des Grecs. Source de fécondité que ce dialogue ininterrompu la tradition philosophique occidentale garde aux yeux de Levinas son " droit au dernier mot " et " tout doit être exprimé dans sa langue ". La raison se doit de reconnaître pourtant qu'à l'intérieur de cet espace " la première parole n'est jamais de nous, ce qui nous interdit de prétendre à aucun dernier mot ". Ainsi ce philosophe singulier honore-t-il l'exigence de se mouvoir et de demeurer dans l'espace d'intelligibilité commune qui nous a été ouvert par les Grecs mais " en introduisant dans cette mesure de la raison commune la venue et l'excès, l'au-delà et l'autrement, d'un Infini qui la provoque et la relance ". L'enjeu est bien de philosophie et même de radicalité philosophique : comment porter cette raison au plus haut de sa vigilance interrogative, comment l'éveiller ou la réveiller pour l'ouvrir ou la laisser s'ouvrir à ce qui l'appelle sans qu'elle puisse le maîtriser ? Francis Guibal écrit pour partager sa conviction " qu'il n'est guère possible de philosopher aujourd'hui sans avoir au moins entendu, écouté et médité, ce qu'a avancé Levinas, sans avoir été "touché" par le timbre et la résonance de cette voix et de cette écriture ". Son essai emporte l'adhésion, invite à la rencontre et, par sa limpidité, en facilite grandement le déroulement.
Résumé : Ce livre retrace le chemin de pensée qui a conduit Franz Rosenzweig à opérer un "retour" au judaïsme et à élaborer un système philosophique original. L'auteur montre comment, dans L'Etoile de la Rédemption, la parole vient éclairer les obscurités du paganisme et susciter l'espérance d'un avenir dont témoignent notamment la vie juive et la voie chrétienne. Les fulgurances de ce livre ouvrent des perspectives inédites dont l'actualité est sans doute loin d'être épuisée.
Ce livre met l'accent sur la cohérence originale d'une pensée attentive à une inspiration d'expérience habituellement tenue pour étrangère au logos conscient de soi. Il retrace le cheminement d'une pensée qui s'élève de l'aventure anthropologique de la temporalité à l'intrigue de responsabilité éthique qui s'y dessine, avant de se risquer à évoquer la signifiance théologique du témoignage prophétique inscrit dans les Écritures bibliques. Il montre que le sens éthique de la responsabilité, au coeur de l'oeuvre, est inséparable de son enracinement anthropologique et de ses prolongements métaphysico-religieux. Biographie de l'auteur Francis GUIBAL est professeur émérite de philosophie à l'Université Marc Bloch de Strasbourg. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Emmanuel Levinas ou les intrigues du sens (PUF, 2005).
Le courage de la raison passe par une pensée de l'agir éthique et politique qui invite finalement à une remontée réflexive jusqu'aux sources du discours et d'une cohérence accordée au sens de la réalité. La Logique de la philosophie se voue à cette tâche systématique d'une pensée résolue à penser sa propre pensée, à se comprendre elle-même, soi et toute chose. Logique du sens, elle soumet l'ensemble des philosophies apparues dans l'histoire à une mise en ordre idéale qui en tire une succession signifiante de catégories intelligibles. Sur fond de silence et de langage archaïque, le déploiement de la raison antique fait ainsi place aux avancées de la liberté moderne avant que la mise en question de la récapitulation spéculative n'ouvre la voie à un philosopher contemporain en quête d'une plus juste articulation entre la pratique, la vue et la vie. Reste à mettre à l'épreuve du réel cette idéalité logiquement dégagée. La forme vide du sens se voit alors confrontée à la condition historique de l'existence ainsi qu'à la fragilité des constructions raisonnables et à la violence potentielle de la liberté finie; avant que soit examinée la manière dont le discours de la compréhension tente de replacer les tensions et contradictions de la négativité dans l'infinité positive du tout sensé de la réalité. Entre logique et existence, l'accord ainsi pensé n'est ni garanti ni arbitraire, ni nécessaire ni impossible, mais il se donne à inventer, toujours à nouveau, comme effectivement possible. Dans le sillage de la pensée kantienne du sens, F Guibal esquisse pour finir une mise-en-dialogue entre ce sens formel de la réalité (Weil) et le sens éthique de la transcendance (Levinas).
Résumé : L'irruption récente de la notion de "post-vérité", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité d'innombrables commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du "régime de vérité" de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des "vérités de fait" en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la "post-vérité" appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.
Résumé : Emmanuel Levinas a renouvelé en profondeur la philosophie, qu'il s'agisse de la définition de la subjectivité par la responsabilité, des implications politiques de cette conception du sujet ou de son insistance sur la corporéité, pensée comme vulnérabilité ou associée à une phénoménologie du "vivre de" et des nourritures. Dans un séminaire qui s'adressait à des étudiants en philosophie et à des soignants, Corine Pelluchon donne les clefs pour comprendre cette oeuvre exigeante et communique une expérience de pensée liée à la manière dont la réflexion et le style de Levinas l'ont bouleversée. Elle montre en quel sens il a inspiré ses propres travaux, qui prolongent et parfois discutent ses thèses, soulignant aussi l'actualité de Levinas, y compris lorsqu'on s'intéresse à des sujets sur lesquels il ne s'est pas exprimé, comme la médecine, l'écologie et le rapport aux animaux.
Comte-Sponville André ; Delumeau Jean ; Farge Arle
La vie ne vaudrait d'être vécue, dit-on, que si elle apporte le bonheur. Mais que signifie être heureux ? Y a-t-il des recettes au bien-être ? Où se niche le bonheur ? Dans l'argent ? La réussite personnelle ? La santé ? Les plaisirs ? L'espérance d'un jour meilleur ? Est-il dans ce que nous avons ou dans ce que nous sommes ? De la pensée antique à nos frustrations modernes, en passant par l'invention du paradis, on verra avec les regards croisés du philosophe, du croyant et de l'historien, comment l'idée du bonheur a évolué au fil du temps, et combien son histoire mouvementée peut nous aider à mieux vivre aujourd'hui.André Comte-Sponville : philosophe, a publié de nombreux ouvrages sur l'éthique et la question du bonheur. Jean Delumeau : professeur honoraire au Collège de France, est spécialiste de l'histoire des mentalités religieuses. Arlette Farge : historienne et spécialiste du XVIIIe siècle.
Résumé : La notion de l'autorité a été écrit en 1942, peu avant l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, avec lequel il entretient d'étroits rapports. "Chose curieuse, le problème et la notion de l'autorité ont été très peu étudiés" , note Kojève en ouverture de ce qu'il appelle lui-même un "exposé sommaire" . "L'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention". Soixante ans après le constat garde sa validité, en dépit de quelques contributions notables. C'est ce qui fait le prix de cet essai d'élucidation philosophique. Kojève procède à la décomposition du phénomène, en dégageant quatre types purs d'autorité humaine qu'il met chacun en correspondance avec une théorie : le Père (la scolastique), le Maître (Hegel), le Chef (Aristote), le Juge (Platon). Les formes concrètes de l'autorité représentent des combinaisons de ces types purs. Loin des circonstances qui ont présidé à son élaboration, et que François Terré rappelle dans sa présentation, ce petit livre arrive à point nommé dans le débat d'aujourd'hui autour de la disparition de l'autorité dont la nature reste toujours aussi énigmatique.