Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le sens de la réalité. Logique et existence selon Eric Weil
Guibal Francis
DU FELIN
29,90 €
Épuisé
EAN :9782866457471
Le courage de la raison passe par une pensée de l'agir éthique et politique qui invite finalement à une remontée réflexive jusqu'aux sources du discours et d'une cohérence accordée au sens de la réalité. La Logique de la philosophie se voue à cette tâche systématique d'une pensée résolue à penser sa propre pensée, à se comprendre elle-même, soi et toute chose. Logique du sens, elle soumet l'ensemble des philosophies apparues dans l'histoire à une mise en ordre idéale qui en tire une succession signifiante de catégories intelligibles. Sur fond de silence et de langage archaïque, le déploiement de la raison antique fait ainsi place aux avancées de la liberté moderne avant que la mise en question de la récapitulation spéculative n'ouvre la voie à un philosopher contemporain en quête d'une plus juste articulation entre la pratique, la vue et la vie. Reste à mettre à l'épreuve du réel cette idéalité logiquement dégagée. La forme vide du sens se voit alors confrontée à la condition historique de l'existence ainsi qu'à la fragilité des constructions raisonnables et à la violence potentielle de la liberté finie; avant que soit examinée la manière dont le discours de la compréhension tente de replacer les tensions et contradictions de la négativité dans l'infinité positive du tout sensé de la réalité. Entre logique et existence, l'accord ainsi pensé n'est ni garanti ni arbitraire, ni nécessaire ni impossible, mais il se donne à inventer, toujours à nouveau, comme effectivement possible. Dans le sillage de la pensée kantienne du sens, F Guibal esquisse pour finir une mise-en-dialogue entre ce sens formel de la réalité (Weil) et le sens éthique de la transcendance (Levinas).
Résumé : Pas de parole vraie qui ne soit à la fois provoquée et adressée, mais pas non plus d'inspiration authentique qui n'ait à s'éprouver en s'articulant et en se traduisant, telle est sans doute la double et unique conviction de fond qui préside aux essais de ce livre. La libre réflexion interrogative du philosophe y va donc de pair avec une écoute herméneutique attentive à des textes où se signifient des venues imprévisibles de l'inconnu. Les Ecritures bibliques se trouvent ainsi relues comme des témoignages d'histoire et d'expérience où les visitations de la transcendance divine ne s'attestent jamais qu'à travers ce qu'en éprouvent et en traduisent des sujets humains, envoyés les uns aux autres. La parole vive ne cesse de renaître, en nous et entre nous, d'un souffle qui la suscite, la porte et la relance, mais dont elle n'est pas la mesure.
Résumé : Le sensoriel, le vectoriel et le conceptuel se conjoignent dans le mot sens, ce " diamant " de notre langue qui " évoque un surgissement, un avancement " (F. Cheng), une sorte de poussée explosive où s'atteste la joie de la création. La flèche de l'adresse emporte tous les dits intelligibles et les fait circuler à l'infini entre les voix qui les énoncent et les relancent : l'espace du sens, d'un sens toujours " ab-sens " (jamais donné), s'engendre de cet envoi, de ce passage et de ce partage infixables. Les avancées se croisent, se nouent et se dénouent, se provoquent et se répondent : loin de toute maîtrise possible, nous sommes voués au (x) sens, aux intrigues du et des sens. Pour Emmanuel Levinas, ces versions du sens sont celles d'une proximité éthique irréductible à aucune prise intentionnelle. C'est en allant de l'unicité singulière de l'un à l'altérité irréductible de l'autre que le sens advient ou survient, déjouant l'insistance ou le règne de l'être : appel à répondre, sans condition, qui nous traverse et nous excède, venant en nous de plus loin et de plus haut que nous, nous inclinant les uns vers les autres d'une obligation antérieure à tout choix qui est peut-être l'envoi secret - ou l'élection - de la liberté responsable. Que la vulnérabilité éthique ne signifie ni une passivité de victime ni un refuge de compensation, mais qu'elle invite au risque de (re) penser autrement les dimensions et les tensions d'un " entre nous " que son " à-dieu " même voue étrangement à l'histoire et au monde, voilà sans doute la conviction de fond qui amène ici à prolonger librement les explorations lévinassiennes en montrant comment elles peuvent continuer à inquiéter des approches contemporaines plus soucieuses, apparemment, de justice politique ou de radicalité ontologique.
Résumé : Emmanuel Levinas n'a jamais fait mystère de ses origines juives ni du fait qu'il y avait là pour lui des ressources qui lui apparaissaient inépuisables de signification. Attelé à un travail d'écriture proprement philosophique, il ne renie aucun horizon, n'écarte aucune source de pensée : les " écritures ", reconnues comme saintes dans sa tradition religieuse d'origine, dialoguent en lui avec le Logos venu de la sagesse des Grecs. Source de fécondité que ce dialogue ininterrompu la tradition philosophique occidentale garde aux yeux de Levinas son " droit au dernier mot " et " tout doit être exprimé dans sa langue ". La raison se doit de reconnaître pourtant qu'à l'intérieur de cet espace " la première parole n'est jamais de nous, ce qui nous interdit de prétendre à aucun dernier mot ". Ainsi ce philosophe singulier honore-t-il l'exigence de se mouvoir et de demeurer dans l'espace d'intelligibilité commune qui nous a été ouvert par les Grecs mais " en introduisant dans cette mesure de la raison commune la venue et l'excès, l'au-delà et l'autrement, d'un Infini qui la provoque et la relance ". L'enjeu est bien de philosophie et même de radicalité philosophique : comment porter cette raison au plus haut de sa vigilance interrogative, comment l'éveiller ou la réveiller pour l'ouvrir ou la laisser s'ouvrir à ce qui l'appelle sans qu'elle puisse le maîtriser ? Francis Guibal écrit pour partager sa conviction " qu'il n'est guère possible de philosopher aujourd'hui sans avoir au moins entendu, écouté et médité, ce qu'a avancé Levinas, sans avoir été "touché" par le timbre et la résonance de cette voix et de cette écriture ". Son essai emporte l'adhésion, invite à la rencontre et, par sa limpidité, en facilite grandement le déroulement.
Pendant six siècles la maison d'Osman imposa sa loi à des dizaines de peuples et de nations. À son apogée, au XVIe siècle, l'Empire ottoman s'étendait sur trois continents. Puis il amorce son déclin. Les sultans ne pouvaient moderniser l'empire, en préservant les règles théologiques sur lesquelles il reposait. L'Empire ottoman subit les pressions divergentes des puissances européennes. La Russie convoitait ses territoires. L'Angleterre tenait à la préserver pour assurer sa route des Indes. Au XIXe siècle, miné par l'éveil des nationalismes, l'empire commença à se démembrer et perdit ses possessions européennes et africaines. En rêvant de reconstituer un ensemble turc asiatique, les Jeunes-Turcs précipitèrent son effondrement qui se produisit après la Première Guerre mondiale. La révolution kémaliste préserva l'empire d'une désintégration. Sur ses ruines, Mustafa Kemal édifia une République turque Laïque et moderne. L'Empire ottoman fut un vaste ensemble multiethnique et multiconfessionnel. La Turquie n'est pas la seule héritière de cet empire. Aujourd'hui, plus de vingt États ont, dans leur histoire, un passé ottoman. En restituant à chacun la part de ce passé qui lui revient, ce livre contribue à apaiser des forces irrédentistes et des passions nationalistes toujours vives. Il fournit une grille de lecture nouvelle à l'histoire des Balkans et du Proche-Orient.
Résumé : Modernité hermaphrodite aborde près de deux siècles de l'histoire de ceux qu'on appelait jusqu'au début des années 2000 les hermaphrodites, qui, pour beaucoup, aujourd'hui préfèrent adopter la dénomination d'intersexes. Il commence au moment où pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle les savants, anatomistes, philosophes, mythologues, artistes, littérateurs et érudits éclairés leur ont accordé un intérêt méthodique et symbolique particulier, et se termine au début du XXe siècle lorsqu'on a commencé à vouloir faire disparaître leurs anatomies sous les scalpels des chirurgiens. L'attention toute particulière qu'accorde Johann Wickelmann, père de l'histoire de l'art, aux hermaphrodites en fait le symbole du beau idéal, transcendant l'anatomie des deux sexes au travers d'un individu, jusqu'au XXe siècle où les mutilations quasi systématiques de ce qui représente, dès la naissance, un tabou médical et social deviennent la norme. Magali Le Mens met en lumière les paradoxes et les conséquences de la confusion entre une population bien réelle et tout l'imaginaire qu'elle véhicule.