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LE SOUFFLE ET LA PAROLE - LIBERTE PHILOSOPHIQUE ET INSPIRATI
GUIBAL FRANCIS
DU FELIN
24,99 €
Épuisé
EAN :9782866458546
Pas de parole vraie qui ne soit à la fois provoquée et adressée, mais pas non plus d'inspiration authentique qui n'ait à s'éprouver en s'articulant et en se traduisant, telle est sans doute la double et unique conviction de fond qui préside aux essais de ce livre. La libre réflexion interrogative du philosophe y va donc de pair avec une écoute herméneutique attentive à des textes où se signifient des venues imprévisibles de l'inconnu. Les Ecritures bibliques se trouvent ainsi relues comme des témoignages d'histoire et d'expérience où les visitations de la transcendance divine ne s'attestent jamais qu'à travers ce qu'en éprouvent et en traduisent des sujets humains, envoyés les uns aux autres. La parole vive ne cesse de renaître, en nous et entre nous, d'un souffle qui la suscite, la porte et la relance, mais dont elle n'est pas la mesure.
Le courage de la raison passe par une pensée de l'agir éthique et politique qui invite finalement à une remontée réflexive jusqu'aux sources du discours et d'une cohérence accordée au sens de la réalité. La Logique de la philosophie se voue à cette tâche systématique d'une pensée résolue à penser sa propre pensée, à se comprendre elle-même, soi et toute chose. Logique du sens, elle soumet l'ensemble des philosophies apparues dans l'histoire à une mise en ordre idéale qui en tire une succession signifiante de catégories intelligibles. Sur fond de silence et de langage archaïque, le déploiement de la raison antique fait ainsi place aux avancées de la liberté moderne avant que la mise en question de la récapitulation spéculative n'ouvre la voie à un philosopher contemporain en quête d'une plus juste articulation entre la pratique, la vue et la vie. Reste à mettre à l'épreuve du réel cette idéalité logiquement dégagée. La forme vide du sens se voit alors confrontée à la condition historique de l'existence ainsi qu'à la fragilité des constructions raisonnables et à la violence potentielle de la liberté finie; avant que soit examinée la manière dont le discours de la compréhension tente de replacer les tensions et contradictions de la négativité dans l'infinité positive du tout sensé de la réalité. Entre logique et existence, l'accord ainsi pensé n'est ni garanti ni arbitraire, ni nécessaire ni impossible, mais il se donne à inventer, toujours à nouveau, comme effectivement possible. Dans le sillage de la pensée kantienne du sens, F Guibal esquisse pour finir une mise-en-dialogue entre ce sens formel de la réalité (Weil) et le sens éthique de la transcendance (Levinas).
Dans l'ombre immense de Hegel et de Heidegger, deux juifs philosophes s'engagent dans l'aventure philosophique en renouant à leur manière avec les orientations critiques de la pensée kantienne. Mais là où Weil dégage le sens formel d'une universalisation raisonnable soucieuse de prendre en charge la totalité concrète du réel, Levinas en appelle, lui, à l'intrigue dissymétrique d'une responsabilité pour l'autre, relation éthique paradoxale qui ne cesse de déchirer la trame du discours cohérent. Qu'il puisse y avoir des rapprochements entre ces trajectoires contrastées n'autorise ni à les identifier ni à les "relever" à l'intérieur d'une dialectique englobante. Mais les laisser se provoquer et se répondre dans une sorte "d'entretien infini" pourrait contribuer à maintenir vive, en nous et entre nous, la vigilance jamais assez réveillée d'une liberté appelée à la responsabilité.
Résumé : Francis Guibal reprend ici une réflexion qu'il mène depuis longtemps. Il s'agit d'abord de préciser l'articulation d'une inspiration religieuse et d'une intention raisonnable. Il est utile pour ce faire de retracer le débat historique de la philosophie et de la théologie, puis de montrer pourquoi et comment la foi-pensée de la raison peut être amenée à prendre en charge et à prolonger, voire à intensifier, aussi bien la foi première de l'aventure existentielle que la foi positive de la tradition biblique et évangélique. C'est donc la même question d'une articulation signifiante de nos provenances que soulève Francis Guibal, soit sur un plan plus objectif soit en risquant une réflexion plus existentielle. Entre ces deux extrêmes, est reprise une interrogation analogue : on rappelle à l'intelligence (théologique) de la foi les dimensions "fondamentales" de sa responsabilité, avant d'en appeler à une prise de distance (philosophique) qui atteste que le phénomène chrétien demeure pour notre monde et sa conscience de soi un lien important, voire décisif, de réflexion raisonnable. Car c'est toujours tout l'homme, toutes forces vives recueillies et vigilantes, qui se trouve invité à avancer dans un cheminement d'expériences portant l'existence et la pensée aux limites d'elles-mêmes : là où la quête en vérité de la réalité s'éprouve inséparable d'une marche vers l'inconnu qui pousse hors de ses murs l'homme de désir.
Résumé : L'originalité de la pensée d'Eric Weil tient à sa manière singulière d'articuler la cohérence de la raison systématique avec les risques de l'existence libre et la finitude de la condition historique. Francis Guibal l'aborde ici par son versant résolument pratique, qui fait d'elle, dans le sillage de Kant, une philosophie du monde et pour le monde. Soucieux d'initiation pédagogique, l'auteur commence par mettre l'accent sur l'élan moral d'une orientation qui ne porte la subjectivité agissante vers l'universel de la loi qu'à partir et à l'intérieur du concret de la vie particulière. Vertu et devoir s'y trouvent donc invités à l'excellence d'une réconciliation où la prudence joue un rôle central et où l'inspiration du jugement éthique ne se sépare pas de sa juste institution sociale. En résulte une compréhension de l'espace politique qui se refuse aux réductions positives (Max Weber) comme aux abstractions existentielles (Martin Heidegger). Ressaisie dans ses structures fondamentales et son historicité radicale, l'effectivité de l'agir invite les sujets humains à une participation civique qui s'ouvre finalement aux dimensions du monde, la responsabilité raisonnable s'y avérant irréductible tant au cynisme immanentiste (Alexandre Kojève) qu'au conservatisme métaphysique (Léo Strauss). Dans une fidélité sans servilité, les analyses ici menées nous aident à prendre la mesure encore actuelle de ce courage de la raison, d'une raison dont te jugement s'expose à l'épreuve de la violence mondaine et historique.
Résumé : Modernité hermaphrodite aborde près de deux siècles de l'histoire de ceux qu'on appelait jusqu'au début des années 2000 les hermaphrodites, qui, pour beaucoup, aujourd'hui préfèrent adopter la dénomination d'intersexes. Il commence au moment où pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle les savants, anatomistes, philosophes, mythologues, artistes, littérateurs et érudits éclairés leur ont accordé un intérêt méthodique et symbolique particulier, et se termine au début du XXe siècle lorsqu'on a commencé à vouloir faire disparaître leurs anatomies sous les scalpels des chirurgiens. L'attention toute particulière qu'accorde Johann Wickelmann, père de l'histoire de l'art, aux hermaphrodites en fait le symbole du beau idéal, transcendant l'anatomie des deux sexes au travers d'un individu, jusqu'au XXe siècle où les mutilations quasi systématiques de ce qui représente, dès la naissance, un tabou médical et social deviennent la norme. Magali Le Mens met en lumière les paradoxes et les conséquences de la confusion entre une population bien réelle et tout l'imaginaire qu'elle véhicule.
En 1940, la France capitule. En 1941, Jacques Lusseyran, alors qu'il est aveugle et n'a pas 18 ans, entre en résistance en rejoignant le mouvement Défense de la France. " Le 20 juillet 1943, il est arrêté par la Gestapo, interrogé pendant des jours interminables et enfermé à Fresnes. Il sera déporté en 1944 à Buchenwald. " Comment un aveugle peut-il survivre à cet enfer ? Grâce à la protection d'un groupe de Russes et à sa connaissance de l'allemand qui lui permettra d'informer les autres déportés des agissements des S.S. Après un an et demi d'horreur, il est libéré et revient en France où il poursuivra ses études en affirmant ses aspirations littéraires balayées par la guerre. Jacques Lusseyran deviendra un brillant conférencier et enseignera la littérature française dans différentes universités américaines. En 1971, il meurt dans un accident de voiture. Il a alors 47 ans. Cette autobiographie est un exceptionnel exemple d'amour de la vie, de courage et de liberté intérieure face à l'adversité.