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A-Dieu. De la philosophie à la théologie ?
Guibal Francis
CERF
27,50 €
Épuisé
EAN :9782204098519
Francis Guibal reprend ici une réflexion qu'il mène depuis longtemps. Il s'agit d'abord de préciser l'articulation d'une inspiration religieuse et d'une intention raisonnable. Il est utile pour ce faire de retracer le débat historique de la philosophie et de la théologie, puis de montrer pourquoi et comment la foi-pensée de la raison peut être amenée à prendre en charge et à prolonger, voire à intensifier, aussi bien la foi première de l'aventure existentielle que la foi positive de la tradition biblique et évangélique. C'est donc la même question d'une articulation signifiante de nos provenances que soulève Francis Guibal, soit sur un plan plus objectif soit en risquant une réflexion plus existentielle. Entre ces deux extrêmes, est reprise une interrogation analogue : on rappelle à l'intelligence (théologique) de la foi les dimensions "fondamentales" de sa responsabilité, avant d'en appeler à une prise de distance (philosophique) qui atteste que le phénomène chrétien demeure pour notre monde et sa conscience de soi un lien important, voire décisif, de réflexion raisonnable. Car c'est toujours tout l'homme, toutes forces vives recueillies et vigilantes, qui se trouve invité à avancer dans un cheminement d'expériences portant l'existence et la pensée aux limites d'elles-mêmes : là où la quête en vérité de la réalité s'éprouve inséparable d'une marche vers l'inconnu qui pousse hors de ses murs l'homme de désir.
Résumé : Le sensoriel, le vectoriel et le conceptuel se conjoignent dans le mot sens, ce " diamant " de notre langue qui " évoque un surgissement, un avancement " (F. Cheng), une sorte de poussée explosive où s'atteste la joie de la création. La flèche de l'adresse emporte tous les dits intelligibles et les fait circuler à l'infini entre les voix qui les énoncent et les relancent : l'espace du sens, d'un sens toujours " ab-sens " (jamais donné), s'engendre de cet envoi, de ce passage et de ce partage infixables. Les avancées se croisent, se nouent et se dénouent, se provoquent et se répondent : loin de toute maîtrise possible, nous sommes voués au (x) sens, aux intrigues du et des sens. Pour Emmanuel Levinas, ces versions du sens sont celles d'une proximité éthique irréductible à aucune prise intentionnelle. C'est en allant de l'unicité singulière de l'un à l'altérité irréductible de l'autre que le sens advient ou survient, déjouant l'insistance ou le règne de l'être : appel à répondre, sans condition, qui nous traverse et nous excède, venant en nous de plus loin et de plus haut que nous, nous inclinant les uns vers les autres d'une obligation antérieure à tout choix qui est peut-être l'envoi secret - ou l'élection - de la liberté responsable. Que la vulnérabilité éthique ne signifie ni une passivité de victime ni un refuge de compensation, mais qu'elle invite au risque de (re) penser autrement les dimensions et les tensions d'un " entre nous " que son " à-dieu " même voue étrangement à l'histoire et au monde, voilà sans doute la conviction de fond qui amène ici à prolonger librement les explorations lévinassiennes en montrant comment elles peuvent continuer à inquiéter des approches contemporaines plus soucieuses, apparemment, de justice politique ou de radicalité ontologique.
Résumé : L'originalité de la pensée d'Eric Weil tient à sa manière singulière d'articuler la cohérence de la raison systématique avec les risques de l'existence libre et la finitude de la condition historique. Francis Guibal l'aborde ici par son versant résolument pratique, qui fait d'elle, dans le sillage de Kant, une philosophie du monde et pour le monde. Soucieux d'initiation pédagogique, l'auteur commence par mettre l'accent sur l'élan moral d'une orientation qui ne porte la subjectivité agissante vers l'universel de la loi qu'à partir et à l'intérieur du concret de la vie particulière. Vertu et devoir s'y trouvent donc invités à l'excellence d'une réconciliation où la prudence joue un rôle central et où l'inspiration du jugement éthique ne se sépare pas de sa juste institution sociale. En résulte une compréhension de l'espace politique qui se refuse aux réductions positives (Max Weber) comme aux abstractions existentielles (Martin Heidegger). Ressaisie dans ses structures fondamentales et son historicité radicale, l'effectivité de l'agir invite les sujets humains à une participation civique qui s'ouvre finalement aux dimensions du monde, la responsabilité raisonnable s'y avérant irréductible tant au cynisme immanentiste (Alexandre Kojève) qu'au conservatisme métaphysique (Léo Strauss). Dans une fidélité sans servilité, les analyses ici menées nous aident à prendre la mesure encore actuelle de ce courage de la raison, d'une raison dont te jugement s'expose à l'épreuve de la violence mondaine et historique.
Ce livre met l'accent sur la cohérence originale d'une pensée attentive à une inspiration d'expérience habituellement tenue pour étrangère au logos conscient de soi. Il retrace le cheminement d'une pensée qui s'élève de l'aventure anthropologique de la temporalité à l'intrigue de responsabilité éthique qui s'y dessine, avant de se risquer à évoquer la signifiance théologique du témoignage prophétique inscrit dans les Ecritures bibliques. Il montre que le sens éthique de la responsabilité, au coeur de l'oeuvre, est inséparable de son enracinement anthropologique et de ses prolongements métaphysico-religieux.
Ce livre met l'accent sur la cohérence originale d'une pensée attentive à une inspiration d'expérience habituellement tenue pour étrangère au logos conscient de soi. Il retrace le cheminement d'une pensée qui s'élève de l'aventure anthropologique de la temporalité à l'intrigue de responsabilité éthique qui s'y dessine, avant de se risquer à évoquer la signifiance théologique du témoignage prophétique inscrit dans les Écritures bibliques. Il montre que le sens éthique de la responsabilité, au coeur de l'oeuvre, est inséparable de son enracinement anthropologique et de ses prolongements métaphysico-religieux. Biographie de l'auteur Francis GUIBAL est professeur émérite de philosophie à l'Université Marc Bloch de Strasbourg. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Emmanuel Levinas ou les intrigues du sens (PUF, 2005).
Résumé : Abus sexuels, concentration de la parole et du pouvoir, exclusion des femmes : comment ces faits ont-ils été rendus possibles au sein d'une institution née pour incarner la parole de Jésus ? Avec toute la vigueur de la colère et d'un attachement authentique au message évangélique, Loïc de Kerimel va à la racine du mal : l'Eglise ne produit pas privilèges et abus comme n'importe quelle institution de pouvoir le fait ; elle est fondée sur l'affirmation d'une différence essentielle entre une caste sacerdotale, sacrée, et le peuple des fidèles. Alors que Jésus dénonce le monopole des prêtres et de la hiérarchie lévitique du Temple dans l'accès au salut, l'Eglise chrétienne naissante se dote d'une organisation similaire. Alors même que le judaïsme naissant se convertit à une spiritualité sans prêtres ni sacrifices, l'Eglise donne au repas du Seigneur, l'eucharistie, une tournure sacrificielle. Or, c'est précisément autour du monopole sacerdotal, et masculin, de cette célébration que le cléricalisme a fait système et s'est installé dans l'histoire. Tenu à l'écart des réformes, il a généré les abus de pouvoir qui gangrènent l'Eglise aujourd'hui. Un livre passionnant et nécessaire. Loïc de Kerimel est agrégé de philosophie. Il a un rôle actif dans l'Amitié judéo-chrétienne de France et au sein de la Conférence catholique des Baptisé-e-s francophones
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.