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Alger la Blanche. Biographies d'une ville
Guemriche Salah
PERRIN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782262034672
Fondée, selon la légende, après le passage d'Hercule et de ses compagnons, la ville d'Alger fut très tôt convoitée: Phéniciens, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes, Espagnols, Turcs et Français l'auront tour à tour aimée et malmenée, glorifiée et saignée à blanc. Faut-il croire que sa "candide blancheur" (Le Corbusier) viendrait de cette saignée, et non pas de son soleil? "Le soleil tue les questions", répondrait un personnage de Camus, dans Le Malentendu... Sous l'égide de Sidi Abd er-Rahman, son saint patron, la ville fut successivement la capitale des corsaires de Barberousse, celle de la France libre et la Mecque des mouvements révolutionnaires du xxe siècle. A travers une ballade historique, littéraire et amoureuse, Salah Guemriche nous conte les très riches heures d'Alger, comme les plus sombres, portant nos pas dans les dédales de la cité, aux côtés des personnalités les plus marquantes. Et elles sont nombreuses: Ibn Ziri, Raïs Hamidou, Ouali Dada, Cervantès, les Goncourt, Karl Marx sans barbe (après le passage chez un barbier de la Casbah), Saint-Saëns (qui y composa Samson et Dalila), Tarzan et Pépé le Moko, Delacroix et Racim, El'Anka et le cardinal Duval, Lili Boniche, Himoud et Zinet, Camus et Kateb, de Gaulle et Bigeard, Ali-la-Pointe et toutes les Djamila, pasionarias de l'Alger d'hier et d'aujourd'hui. Sans oublier ses clubs de foot, sa Casbah, sa basilique Notre-Dame-d'Afrique, ses mosquées et ses saints. Voici Alger dans tous ses états, Alger de tous les Etats.
Résumé : "Ce recueil couvre quatre décennies de mon immigration. Une immigration "choisie" non pas au sens où l'entendait Nicolas Sarkozy, mais au sens premier du terme : mon départ du pays, l'Algérie, ne fut ni une émigration économique ni un exil politique. Il fut dicté par un besoin impérieux d'un ailleurs, d'une quête existentielle. Comme si, l'indépendance ne suffisant plus, il me fallait la liberté. Celle de dire et de se dire. Suprême paradoxe : ce fut la langue qui décida de la destination... Ces chroniques retracent un parcours de vie, le cheminement d'une pensée, celle d'un immigré qui, sans rien céder de sa liberté et de son esprit critique, se découvre (sous le regard narquois de son propre fils, Français de souche... nouvelle) plus intégré qu'il ne se pensait." Salais Guemriche.
... Depuis ses années de lycée, toute première phrase de roman exerce sur lui un attrait quasi mystique. " Ainsi commence le livre de Salah Guemriche qui raconte l'histoire de Youssef, écrivain d'origine algérienne. Fasciné par la première phrase des romans de la littérature mondiale. Le jour où il signe sa première phrase à lui, Youssef ne sait pas encore qu'elle sera le fil conducteur d'une fatwa occulte. Après l'assassinat de son épouse, il fuit l'Algérie pour s'installer à Paris. Un Paris " décalé " par son regard d'exilé, lieu de rencontre où règnent aussi la suspicion et la haine. La boucle sera bouclée quand Youssef sera rattrapé par son destin dans une ville de province... par la faute d'une fatale première phrase. Bâti autour d'une extraordinaire idée - la collection très oulipienne des premières phrases de romans -, ce livre mêle la dérision au tragique pour dire l'immense noirceur des " événements ", le déchirement et les désillusions de l'exil.
« Le 1er juillet 1962, le jour où l'Algérie entrait dans l'indépendance, Larbi entra dans le coma. » Larbi, collégien de 16 ans, a été victime d'un attentat « OAS ». Lorsqu'il se réveille, trente-trois jours plus tard, il ouvre les yeux sur une vision insolite, qui va le poursuivre toute sa vie. Avant de lui faire retrouver sa mémoire, le narrateur revient sur le grand chambardement : « Un temps de délire et de prévarication. Rapatriement à double sens : la ville se vidait de ses pieds-noirs, que des colonnes de familles entières, réfugiées en Tunisie ou regroupées dans les camps de sinistre mémoire, allaient remplacer, dans une confusion de fin du monde. Fin d'un monde. Une usurpation de droit venait supplanter l'usurpation de fait, cette imposture séculaire aux origines de tant de forfaits et d'injustices. Ici et là, l'arbitraire semblait avoir changé de camp. » Représailles anti-harkis, ruée sur les biens vacants, lynchage du dernier Lévy de la ville... Témoin des prévarications, Larbi le sera aussi des heurs et malheurs de la société des femmes : l'occasion, pour l'auteur, dans des scènes où l'intensité dramatique n'exclut pas la tendresse ni l'érotisme, de nous faire pénétrer un univers aux antipodes des clichés et partis pris qui grèvent le regard porté encore de nos jours sur la complexe réalité algérienne. Des pages douloureuses, d'où, cependant, la dérision et l'humour ne sont pas absents, composent ce « roman de l'indépendance » qui restait à écrire et que voici, enfin, au moment du 50e anniversaire du déclenchement de la guerre (1er novembre 1954).
Résumé : Aux yeux de Kundera, tout personnage est un "ego expérimental" . Avec l'autofiction, l'équation s'inverse : c'est l'ego qui se fait personnage expérimental. Dans ces pages, l'auteur tente une expérience inédite : celle d'un personnage intermittent courant d'emploi en contre-emploi, au gré des offres de l'Agence Rôle-Emploi chargée des intermittents de la Fiction. Homme de théâtre, Larbi est un Algérien réfugié en France, suite à une fatwa lancée contre ses adaptations en arabe de Tartuffe et des Femmes savantes. Alors que son pays vient de commémorer les 60 ans de son indépendance, il se retrouve engoncé dans la peau d'un personnage obnubilé par la défense de la langue française qui l'engage dans une croisade surréaliste contre ce qu'il appelle les Accords déviants. La presse le surnommera "Le Fou de Molière" . Pendant qu'en Algérie, le régime lance son "Grand remplacement" (le français par l'anglais), en France, les élites sont au chevet de la langue française, menacée par le langage minimaliste des réseaux sociaux, mais pas seulement... Dans un improbable jeu de rôles, Larbi va traverser ce "roman qui ne veut pas en être un" (Adam Thirlwell), et s'incarner là où le lecteur ne l'attend pas... Tournant délibérément le dos à l'histoire de son pays, à peine évoquée entre dérision et réalisme, l'auteur expérimente, ici, un genre de fiction fragmenté, comme l'est l'Algérie depuis l'indépendance : une sorte de série-fiction. Pour reprendre la formule idoine de Kundera : "Il s'agit de nouvelles emboîtées (...) Une autre façon de dépasser la linéarité" .
Avec 1915, l'enlisement, second volume de sa série consacrée à la Grande Guerre, Jean-Yves Le Naour continue de retracer au plus près le quotidien des Français durant ces quatre années de malheur. Alternant les points de vue d'en haut et d'en bas, s'attachant aux rumeurs comme aux faits établis, au ressenti aussi bien qu'au vécu, l'auteur nous livre un récit haletant. En 1915, le conflit entre dans une phase particulièrement meurtrière, marquée par des offensives aussi terribles qu'inutiles, rendues plus cruelles encore depuis l'usage des gaz asphyxiants. La guerre est partout: à Londres ou à Paris, sous les bombardements des zeppelins, sur la mer, en Afrique et au Moyen-Orient où les Turcs ont lancé le djihad contre les Alliés, au nom du panislamisme, tout en se livrant au génocide des Arméniens... Tandis que les Allemands étrillent la Russie et écrasent la Serbie, les Alliés enchaînent les échecs. Sourd aux critiques, le général Joffre conduit la guerre comme il l'entend: 320 000 Français sont ainsi sacrifiés en pure perte. La crise politique et la lassitude grandissent sur les décombres d'une Union sacrée qui a vécu, comme en témoignent les archives des Renseignements généraux jusqu'ici inexploitées. Pour les Français, 1915 est bien l'année la plus dramatique de toute la guerre, celle des horizons bouchés.
Du Moyen Age au xxe siècle, l'histoire riche en rebondissements d'une famille à l'origine de la Prusse, puis de l'Allemagne moderne, jusqu'à sa chute dans la catastrophe de 1918. Rien ne prédisposait à un tel destin les Hohenzollern, modeste famille de propriétaires terriens implantée en Souabe au XIe siècle. Après une lente ascension au cours du Moyen Age, l'acquisition du duché de Prusse en 1603 marque une étape décisive. Les règnes du Grand Electeur et de son petit-fils Frédéric-Guillaume Ier, le Roi-Sergent, font entrer la Prusse dans l'ère moderne. Frédéric II, l'ami de Voltaire, porte leur oeuvre au plus haut, tandis qu'en luttant inlassablement contre l'Autriche, il donne à son pays une stature internationale que plus personne ne contestera. A sa mort en 1786, il ne restera plus à la Prusse qu'à s'affirmer comme une puissance européenne majeure. C'est chose faite avec Guillaume ler qui, aidé de Bismarck, défait l'Autriche puis la France pour fonder le Deuxième Reich. Le nouvel Empire atteint son apogée avec son petit-fils Guillaume II, avant de disparaître au terme de la Première Guerre mondiale. Dans ce livre clair et fouillé, retraçant tant l'histoire d'une famille que d'un pays, les Hohenzollern sont restitués loin des clichés habituels. Chefs de guerre peut-être, surtout souverains tolérants, soucieux du bien-être de leur peuple, à l'avant-garde de transformations économiques, sociales et artistiques, ayant toujours eu pour but d'assurer la grandeur de leur pays.
A la lumière des recherches les plus récentes, 1914 offre une synthèse des évènements qui ont précédé et suivi l'entrée en guerre de l'Europe. Dans une approche très concrète,nourrie d'archives, Jean-Yves Le Naour y restitue la façon dont cette année a été vécue par les contemporains, loin des antichambres ministérielles ou princières. Il montre la France plongée en situation de tension extrême, sensible à la moindre rumeur: les plaques de publicité Maggi ou du bouillon Kub auraient servi d'indications à l?armée allemande en marche, les Russes auraient débarqué au Havre, des espions allemands distribuent des bonbons empoisonnés, les soldats allemands coupent les mains des enfants durant l?invasion, etc.? Mais ce volume revisite évidemment les grands événements de 1914 comme l?attentat de Sarajevo, l?assassinat de Jean Jaurès et la bataille de la Marne. Il fait place à des évènements ignorés habituellement de l?historiographie: l?hésitation du gouvernement qui, partant pour Bordeaux, a failli décréter Paris « ville libre », sans défense, afin d?éviter sa destruction dans des combats; l?incroyable réception de la célèbre voyante, Mme Fraya, en pleine nuit du 1er août devant une assemblée de ministres angoissés qui s?en remettent à l?irrationnel pour se rassurer! Ou pourquoi Joffre a laissé les Allemands passer par la Belgique (contrairement à la version officielle, on savait que les Allemands passeraient par là!). L'auteur revient sur la fameuse « Union sacrée » qui ne restera qu'un rêve: les querelles se poursuivent, à fleurets mouchetés.... A chaque page, le récit est vivant et le lecteur peut éprouver ce climat si particulier, attisé par les premières morts, les errements des contemporains, leurs espoirs, leurs troubles et leurs angoisses. Poignant.
Résumé : Année trouble pour le président Raymond Poincaré qui ne retient que le doute qui saisit les Français, 1917 est aussi l'année décisive du conflit qui marque la véritable naissance du XXe siècle avec ces deux tremblements de terre que sont la révélation de la puissance américaine et la révolution bolchévique. La guerre, qui n'est plus nationale mais devient idéologique, est en train d'échapper aux Européens et un monde nouveau d'apparaître, coincé entre deux messianismes : l'idéalisme wilsonien et le communisme. 1917 est surtout l'année de l'épuisement où chacun cherche une porte de sortie honorable. Le gouvernement Français, autour de Joseph Caillaux, entame des pourparlers avec Berlin ; l'Autriche-Hongrie, en la personne de Charles Ier, approche les Alliés pour chercher une voie transactionnelle ; même le pape Benoît XV y va de son projet de paix. Jean-Yves Le Naour met son talent narratif au service de l'Histoire et raconte cette année de paix impossible. Se fondant sur des archives inédites et mêlant les expériences du peuple à celles des hauts fonctionnaires, il dresse un tableau complet qui n'épargne pas les grandes figures que la mémoire a statufié. De l'échec de Ribot, alors président du Conseil, lors des négociations avec l'Autriche aux basses manoeuvres de Clemenceau pour parvenir au pouvoir, tout est révélé. Quand l'histoire se raconte, elle est plus romanesque que la fiction.