Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La "Méthode Condo". Héritages et actualités de l'expérience ethnographique, Textes en français et an
Grave Jean-Marc de ; Gallenga Ghislaine
INDES SAVANTES
28,01 €
Épuisé
EAN :9782846544184
L?oeuvre de G Condominas, avant-gardiste des critiques textualistes des post-modernes, ne cesse d?inspirer les jeunes générations d?ethnologues. Il est l?un des premiers à utiliser le terme d?ethnocide ; il le fait à propos des Mnong Gar, peuple montagnard du Sud Vietnam, "son" peuple d?adoption. De la notion d?"ethnocide" à celle d?"espace social", son travail couvre un spectre conceptuel qui va au-delà de l?ethnologie, sa discipline. Si les lecteurs occasionnels de Georges Condominas retiennent en premier lieu cette notion d?espace social, les lecteurs avertis quant à eux mobilisent et mettent en pratique les réflexions sur la méthode ethnographique que l?on a pu qualifier de "méthode Condo". Ses expériences de terrain, relatées avec une minutie ethnographique reconnue, constituent de plus une source d?inspiration qui entre en résonance avec l?actualité et le quotidien de l?anthropologie. Pour "Condo", l?ethnographe doit en effet établir une relation humaine véritable avec ses informateurs. Adepte de l?enquête méticuleuse et de la proximité relationnelle poussée, il a aussi initié une réflexion sur les changements occasionnés par le chercheur dans le contexte étudié, point central de la contextualisation somme toute peu abordé jusque dans les années 1980. Les auteurs reprennent d?abord les thèmes de prédilection du grand ethnographe, thèmes toujours d?une très grande actualité. Le lecteur bénéficiera ainsi d?une vue générale de l?approche de Condominas concernant la pratique de l?enquête et celle du rendu, avant d?aborder les cas d?étude ponctuels de ce recueil.
Le thème abordé traite des pratiques initiatiques et des arts martiaux javanais tels qu'on les trouve dans le sultanat de Yogyakarta. Il s'agit d'un sujet porteur qui se situe au carrefour de plusieurs champs d'intérêt : rituels, religion, politique, techniques du corps, savoir-faire, arts rituels; sport. Les résultats obtenus sont centraux pour la compréhension de la société javano-indonésienne. En effet, les écoles et associations de formation aux pratiques martiales jouent un rôle primordial dans le maintien de l'équilibre social. Elles concernent une part très importante de la population et sont avant toute chose des écoles de socialisation. Le travail descriptif porte sur trois écoles. Il concerne les généalogies de maîtres, les techniques utilisées, le déroulement de la pratique, les personnes et les groupes concernés, la structure organisationnelle aux niveaux local, national et intermédiaire, les activités internes et externes (concernant les rituels, les pèlerinages, l'identité nationale et le tourisme), le rapport à l'histoire sociale, ainsi que la mise en relief des valeurs de référence de chacun des trois groupes étudiés. Le détail des descriptions indique qu'il s'agit bien d'une relation au monde à comprendre de l'intérieur. L'analyse présente un trajet retour - comme l'influence du registre économique ou l'orientation sportive de certaines activités - qui éclaire en quelque façon le caractère compétitif du système moderne de formation et de production.
Ecrit en 1901, soit cinq ans avant Terre libre, par l'éditeur et militant libertaire Jean Grave, une des grandes figures de l'anarchisme français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, le conte Les aventures de Nono vise avant tout à divertir mais aussi à faire réfléchir ses jeunes lecteurs. Derrière les aventures rêvées du jeune Nono, Jean Grave ébauche l'esquisse d'une autre société, d'une société d'êtres humains libres et égaux. Il propose une alternative en opposant deux sociétés distinctes que le petit garçon va successivement observer. D'abord l'Argyrocratie, pays de la propriété mais aussi de l'obéissance aveugle et de la pauvreté. Puis le pays d'Autonomie, où règnent la liberté et le libre-arbitre. Grâce à la connaissance des deux mondes, Nono pourra, en toute conscience, sortir de l'aveuglement nourri par les traditions, les superstitions et tous les pouvoirs établis et devenir, grâce à sa propre réflexion, un adulte libre et responsable. Prototype du roman libertaire pour la jeunesse, Les aventures de Nono est un conte qui refuse la moralisation et qui prône la liberté de penser pour tous les êtres humains, en particulier les enfants, avenir d'une autre société. A l'instar de Terre libre, ce premier roman pour les enfants répondait à une commande du pédagogue libertaire Francisco Ferrer Guardia, soucieux de créer des ouvrages pour les élèves de la fameuse Ecole moderne fondée par lui à Barcelone, la "rose de feu" de l'anarchisme ibérique, cette même année 1901.
Comment l'institution scolaire s'insère-t-elle dans un contexte plus englobant ? En quoi les processus de formalisation liés à l'introduction de l'école modifient-ils - ou non - les formes locales de transmission et les valeurs ? Inversement, comment les systèmes standardisés s'enrichissent des pratiques et des savoirs locaux ? Ces questions sont abordées sous l'angle ethnographique et anthropologique dans huit études touchant quatre pays asiatiques : l'Inde, la Chine, l'Indonésie, la Thaïlande, pays différents par l'histoire, les traditions, la forme des institutions, le poids de l'État. La grande diversité ethnique et culturelle de la région donne naissance à un dialogue entre les savoirs traditionnels et la scolarisation organisée par les États. Dans le contexte asiatique, les préoccupations éducatives s'intéressent beaucoup au corps. En Chine, cela a pu prendre l'apparence d'un contrôle étatique lié à la discipline corporelle, à la gymnastique collective, et à la calligraphie. Cette importance accordée au corps implique le maintien d'un mode d'action qui s'élabore dans le présent. De façon contrastée, les modes formels voient présent et passé envahis par le futur dans un environnement proportionnellement indifférencié en valeur ; l'espace apparaît dévalorisé du fait d'un recul marqué par rapport à l'action relationnelle et socialisante. Le questionnement central se définit alors par la façon dont les systèmes d'apprentissage s'organisent pour maintenir un mode de relation un tant soit peu qualitatif.
Né au XIXe siècle, le mouvement anarchiste, fondé sur la libre association, a longtemps nourri les sociétés française et européenne, à travers des formes d'organisation comme les coopératives ou les mutuelles. Figure emblématique du " communisme libertaire ", Jean Grave (1854-1939) arrive enfant à Paris de son Auvergne natale. Très vite, après la Commune de 1871, il devient anarchiste et se charge de diffuser ses idées tout en exerçant les métiers de cordonnier puis typographe. En 1883, il part en Suisse diriger le Révolté, journal créé par ses amis Kropotkine et Reclus, et qui deviendra plus tard les Temps nouveaux. En 1894, il est condamné à deux ans de prison pour avoir écrit La Société mourante et l'Anarchie. Dans ce récit émaillé de nombreuses anecdotes et lettres, on croise la route d'illustres écrivains et artistes comme Zola (c'est l'affaire Dreyfus), Anatole France, Pissaro ; on assiste au foisonnement de journaux plus ou moins éphémères, à la naissance de courants divergents, comme l'anarchisme individualiste ou le syndicalisme révolutionnaire. Déçu par l'affaiblissement du mouvement après la guerre de 1914-1918, mais persuadé que les idées d'égalité, de liberté et de bien-être pour tous reviendront un jour en force, Jean Grave se retire du combat politique. Il meurt en 1939.
Jean Geoffroy est né à Marennes en 1853. Très tôt, avec ses parents, il part pour Paris où il reçoit une solide éducation artistique. A partir de 1875, il travaille pour l'éditeur Jules Hetzel, participe à l'illustration de nombreux ouvrages destinés à la jeunesse et réalise plusieurs affiches publicitaires. Sous le nom de Géo, il participe régulièrement aux Salons qui accueillent avec succès ses peintures et ses aquarelles. Représentant du courant naturaliste, il met ses sujets principaux, l'enfance et la famille, au service de la jeune troisième République et de ses idéaux, se faisant un héraut des réformes scolaires lancées par Jules Ferry ou Ferdinand Buisson. Dès lors, son art se met dans les pas de l'Histoire, celle qui prônait les vertus nationales à travers l'exaltation de l'école républicaine et la mise en place d'un système de santé pour tous. En peignant, sans pathos, le quotidien, voire l'intimité, des humbles, Geoffroy devient un passeur d'idées sociales aussi important pour les historiens que pour les historiens d'art. En son temps, la réception de son oeuvre fut enthousiaste et il bénéficia de nombreux achats et commandes de l'Etat et de collectionneurs. La ville de Saintes reconnut très tôt cet enfant du pays, puisque dès 1893, elle lui acheta son Compliment, un des chefs-d'oeuvre du musée de l'Echevinage.
Quand deux personnes se rencontrent dans un escalier, celle qui descend porte des souliers vernis et celle qui monte des sabots pleins de paille. Cet aphorisme était fort prisé dans les salons de la petite bourgeoisie des bourgs charentais au début du XXe siècle. Il illustre l'angoisse d'une classe sociale en déclin. Et Les Valentin en sont une magnifique expression littéraire. Il s'agit du premier roman de Pierre-Henri Simon, tout juste sorti de Normale Sup'. Il a 28 ans lors de sa publication. Son thème est l'histoire d'une famille déchirée dans une Saintonge marquée par la crise de l'entre-deux-guerres. Remarquables descriptions de notables ruraux dépassés par leur temps, atmosphère de gros bourg parfaitement rendue avec ses rites immuables qui pourtant se craquellent de partout, portraits forts évocateurs de ceux qui montent comme de ceux qui descendent, de ceux qui tentent de s'en accommoder comme de ceux qui résistent, ce premier roman est une réussite qui augure pleinement de la profondeur de vision de l'?uvre à venir. Le personnage le plus saisissant est celui d'une petite Antigone de village qui, pour sauver quelques bribes de la tradition, se voit destinée par sa famille à un mariage qu'elle rejette de tout son être. Elle tente d'abord d'échapper à la situation, elle fuit pour " faire la morte ", puis se ressaisit et fait face courageusement. La maison de famille devient alors un symbole de résistance et non plus un simple destin matériel.
Cet ouvrage est le troisième de quatre volumes, dont les deux premiers sont parus en 2019 et 2020. Le premier, intitulé "l'Inde entrevue" , est consacré aux deux Compagnies, celle de Colbert et celle de Law, aux comptoirs et à leur commerce, à la politique de Dupleix et à la rivalité franco-britannique, qui se termine par la mainmise de l'East India Company et à l'éviction complète des intérêts français dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, des officiers napoléoniens qui administrent le royaume sikh du Punjab et des missionnaires catholiques entretiennent une présence française dans un pays où la France ne joue plus aucun rôle. Elle végète dans ses misérables comptoirs jusqu'au Second Empire quand, grâce aux progrès du libre-échange au Royaume-Uni, grâce à l'essor de l'émigration indienne aux colonies à sucre, grâce à son industrie textile, Pondichéry connaît un spectaculaire renouveau. Le second volume traite de la politique d'assimilation de la Troisième République dans ses comptoirs, dont tous les habitants sont dès 1871 proclamés citoyens et électeurs sans distinction de couleur, de religion ni de caste. Imposée sans concertation préalable par le pouvoir central, cette politique qui se veut décentralisatrice produit des effets désastreux, conférant le pouvoir à un parti indien réactionnaire et anti-français, puis, à partir de 1906, à de véritables maffias politiques. Les effets de l'assimilation se font sentir jusqu'au dernier moment : héritière de sa devancière, la IVe République ne peut céder ses établissements à l'Inde de Nehru sans consulter leurs habitants qui sont des citoyens français. Or, le parti du Congrès ne veut pas d'un référendum. Le troisième et le quatrième volumes sont consacrés aux regards et aux influences croisés. Les représentations de l'Inde en France, l'image et l'influence de la France en Inde, les perceptions du nationalisme indien en France et les relations bilatérales après l'indépendance de l'Union indienne jusqu'à nos jours. Le quatrième volume " Les relations bilatérales " est la suite du troisième et reprend la bibliographie et un index général. Jacques Weber, professeur émérite d'Histoire contemporaine à l'université de Nantes, membre de l'Académie des Sciences d'outre-mer, grand spécialiste de l'Inde à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages, et de l'histoire coloniale. Il a publié aux Indes savantes : Les Relations entre la France et l'Inde de 1673 à nos jours ; Littérature et Histoire coloniale (ouvrage collectif) ; Le Siècle d'Albion. L'empire britannique au XIXe siècle (1815-1914) ; Les Elections législatives et sénatoriales outre-mer (1848-1981) avec L. Jalabert et B. Joly".