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Entre technique et politique. L'invention de la photographie
Grange Juliette
KIME
17,00 €
Épuisé
EAN :9782380720488
Au XIXe siècle en Europe, la capacité à fixer techniquement les images va changer la culture et les sociétés. Il s'agit d'un des vecteurs essentiels, avec les chemins de fer, de l'intégration par la société du progrès industriel. Dans son essai, Juliette Grange met en relation la philosophie positiviste et la daguerréotypie. Elle interroge l'essence de la technique photographique à ses débuts, entre enthousiasme et inquiétude. L'objectif introduit l'objectivité et l'exhaustivité de l'inventaire spatial ou temporel. Le portrait, la prose réaliste (Balzac se propose de "daguerréotyper la société"), transforment l'identité individuelle ou sociale. S'ajoute au volume la publication d'un certain nombre de textes de autour de l'invention de la photographie. En tout premier lieu le discours d'Arago, spécialiste de l'optique en même temps que grand républicain, à la Chambre des députés (1839). Ce discours sur Daguerre précipite l'invention technique dans le champ politique et constitue la photographie comme bien commun, à la disposition de tous. Le gouvernement français acquiert en effet le brevet pour "en doter libéralement le monde entier". Par ailleurs, les textes de Delacroix, Baudelaire, Valéry montrent la vivacité de l'interrogation sur la nature de la peinture et de la littérature dans ses rapports avec la technique.
La nature, l'environnement sont au centre des préoccupations de tous, mais peinent à entrer dans le discours politique sous une forme cohérente. Mouvement contestataire et libertaire - particulièrement en France - l'écologie politique manque de bases théoriques, préfère les déclarations d'éthique au travail législatif, met en doute l'efficience des institutions et dénonce parfois de manière irréaliste la technique, les sciences, l'industrie. Ce livre intègre la dimension écologique à la philosophie politique moderne et particulièrement à un républicanisme rénové. La protection de la nature comme "Bien commun" y est considérée comme le nouveau visage du "Bien public". En annexe, l'auteur propose quelques idées concrètes.
Résumé : Dans la rigueur qu'il met à la recherche de la vérité attachée à la forme même du roman, Balzac prend place parmi les plus grands. Il a pensé déjà le roman comme transitoire et finissant, il a pensé la prose comme devant contenir tous les styles, tous les objets. Myriades de variétés partielles, fragments indéfinis, mouvement bousculé ou lisse du récit, cette éclatante agonie de l'unité, le roman ne la poursuit-il pas avec Céline, Musil ou Joyce ? Les théoriciens du roman pourtant ont fait de l'?uvre de Balzac une sorte d'origine mythique, de naturalité romanesque, de miroir de la société française du XXe siècle... Cet essai considère la Comédie humaine comme un unique roman, qui, né du sentiment d'une ruine radicale du passé, d'une rupture consommée, indique sans l'exprimer, dans sa forme même, l'impossibilité d'écrire au XIXe siècle une nouvelle Divine Comédie. Paradis et Enfer mêlés, les romans séparés sont comme des îles appartenant à un archipel ouvert, toute cohérence s'amenuisant en lisibilité de la description.
Auguste Comte (1798-1857) est l'auteur d'un système philosophique de grande influence aux XIXe et XXe siècles, à l'étranger comme en France. Fondateur du positivisme (il invente le néologisme), il est cependant plus proche d'une philosophie de l'histoire comme celle de Hegel, que des travaux de Stuart Mill ou, au XXe siècle, de ceux du "positivisme logique". La philosophie de Comte comporte un versant moral et religieux, une philosophie politique et sociale. Ce petit ouvrage d'introduction explore la voie d'accès la plus classique à cette oeuvre multiforme: celle de la philosophie des sciences et de la théorie de la connaissance. On verra donc comment, à partir de spéculations sur l'histoire des sciences exactes modernes, Comte répond aux célèbres questions: que pouvons-nous savoir? Qu'est-ce que l'homme? Que devons-nous faire? Que nous est-il permis d'espérer?
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.