Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
BALZAC - L'ARGENT, LA PROSE, LES ANGES
GRANGE JULIETTE
CIRCE
10,50 €
Épuisé
EAN :9782842422455
Dans la rigueur qu'il met à la recherche de la vérité attachée à la forme même du roman, Balzac prend place parmi les plus grands. Il a pensé déjà le roman comme transitoire et finissant, il a pensé la prose comme devant contenir tous les styles, tous les objets. Myriades de variétés partielles, fragments indéfinis, mouvement bousculé ou lisse du récit, cette éclatante agonie de l'unité, le roman ne la poursuit-il pas avec Céline, Musil ou Joyce ? Les théoriciens du roman pourtant ont fait de l'?uvre de Balzac une sorte d'origine mythique, de naturalité romanesque, de miroir de la société française du XXe siècle... Cet essai considère la Comédie humaine comme un unique roman, qui, né du sentiment d'une ruine radicale du passé, d'une rupture consommée, indique sans l'exprimer, dans sa forme même, l'impossibilité d'écrire au XIXe siècle une nouvelle Divine Comédie. Paradis et Enfer mêlés, les romans séparés sont comme des îles appartenant à un archipel ouvert, toute cohérence s'amenuisant en lisibilité de la description.
Fonder un nouveau pouvoir spirituel et ainsi " terminer la Révolution ", tel est l'étrange projet d'Auguste Comte qui écrit au début de l'ère industrielle. On connaît ce philosophe, mathématicien de formation, vivant en marge des institutions, à travers quelques anecdotes mille fois répétées qui font masque : sa folie, ses amours. Mais qu'en est-t-il de sa philosophie proprement dite ? Quels sont les liens entre religion et épistémologie, philosophie morale et fondation des sciences de l'homme ? Si Comte a créé un grand nombre de néologismes (au premier chef celui de positivisme) dont nous nous servons aujourd'hui sans toujours en connaître l'origine, sa terminologie, entre théologie et sciences, étonne. Il faut pour l'aborder à la fois une solide culture et une certaine simplicité d'esprit tant elle est étrangère à l'habituelle histoire de la philosophie. Voici quelques mots-clés et concepts, des guides pour entamer la lecture d'un immense système philosophique dont la cohérence théorique ne font pas de doute.
Résumé : Ce livre s'attache à décrire une variété particulière et peu identifiée d'extrémisme de droite dans sa version française récente. Le néoconservatisme est un puissant mouvement politique qui a d'abord mené une guerre des idées aux Etats-Unis, et a ensuite essaimé en Europe, en particulier en France depuis une quinzaine d'années. L'enquête exhaustive de Juliette Grange propose d'identifier un mouvement politique antidémocratique et antirépublicain qui s'exprime dans des think tanks, des activités de lobbying et des groupes confessionnels. Ce mouvement a pour principale caractéristique d'affirmer ensemble le néolibéralisme et le retour aux valeurs morales et religieuses. L'Etat étant chargé d'imposer à la société l'un et l'autre, et à lui-même la mise en oeuvre des valeurs du marché. L'ouvrage montre comment le néoconservatisme a émergé de manière discrète, par une guerre des idées dans le champ intellectuel (philosophie et sciences humaines), puis s'est popularisé dans les réseaux sociaux, les blogs et la presse.
Résumé : Auguste Comte est-il positiviste ? Du moins son nom est-il attaché à la philosophie de la science référée au "positivisme ". Mais le "comtisme " reste à redécouvrir et le présent ouvrage s'emploie à en restituer l'unité et l'actualité : il apparaît alors que la pensée de Comte s'efforce de réaliser l'ambition philosophique de réunir les savoirs et de fonder conjointement une éthique, une politique et une religion. Cela suppose d'en explorer la thématique en trois temps qui en déploient la dynamique : épistémologie, histoire et philosophie des sciences, puis sociologie, enfin Philosophie proprement dite. Ce qui prend ainsi forme, c'est la portée du comtisme comme épistémologie des sciences humaines, qui débouche sur une philosophie politique originale. Cette réintroduction à la philosophie de Comte - nouveau Discours de la Méthode - en révèle la résonance pour la problématique de la philosophie contemporaine. Au-delà de l'image d'un scientisme périmé, le comtisme permet de penser une politique comme dissolution des formes classiques du politique, un rapport original entre vérité philosophique et sciences, une pensée séculière du religieux, bref une philosophie de la "fin de la philosophie "...
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob. Le tout sous le regard d'employés, de marins et de serviteurs qui mènent leur vie sans se mêler de celle des maîtres. Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni lui-même en butte à Venise à des factions rivales ou contraires ?...
Chaque vers est enfant de l'amour" écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'intensité de la passion, est effectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infinie des "muses" masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, célébrer, sanctifier l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la souffrance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un "absolu de l'amour" antérieur au monde et qui trouve sa plus parfaite expression dans le langage fondateur. La poétique de la rupture, propre à Tsvétaïéva, déterminait elle-même dans une grande mesure son comportement amoureux. Le traducteur s'est par conséquent efforcé de restituer les articulations sémantico-prosodiques de cette "étreinte de poésie" qui, lorsqu'elle aura reflué, ne pourra déboucher que sur la mort. "Puisque j'aurai pu cesser d'écrire des poèmes, je pourrai aussi un beau jour cesser d'aimer. Alors, je mourrai. Et ce sera bien sûr un suicide, car mon désir d'amour est tout entier désir de mort", avait-elle consigné dès mars 1919 avec une précision cliniquement prémonitoire. Marina Tsvétaïéva, un des plus grands poètes russes, avait choisi l'exil en 1922 puis était rentrée en Union Soviétique dix-sept ans plus tard, avant de se pendre à une vieille poutre le dernier dimanche du mois d'août 1941.
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.