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Tableau d'hiver
Goux Jean-Paul
CHAMP VALLON
19,00 €
Épuisé
EAN :9791026710257
De telles pensées, ces pensées vivantes de votre absence, je devais apprendre à vivre avec elles, comme j'apprenais à vivre seul avec votre maison". Le roman de Jean-Paul Goux s'écrit avec délicatesse autour de la mort de Claire, compagne de Thibaud le narrateur, et artiste qui dessinait au crayon et au fusain des nuages et des arbres contemplés par la fenêtre de leur appartement parisien, mais surtout de sa maison Au milieu des bois. Une maison dans laquelle Thibaud veut peu à peu réapprendre à "habiter le temps". Or, cette maison offre un espace dans lequel s'est déposé et se dépose le temps, temps passé avec Claire, temps présent dans lequel écrit Thibaud, et temps d'un futur désirable, lorsque Thibaud, redécouvrant l'atelier et la beauté de l'oeuvre de Claire, invente pour elle un projet que le temps du livre laisse ouvert. Comment ce roman né de la douleur et de la solitude, puisque Thibaud s'adresse à ses amis et à Claire disparue, comment ce roman peut-il devenir pour le lecteur une telle ode à la beauté du monde, à sa représentation dans l'art, une telle ode au vivant ? Annie Clément-Perrier.
Résumé : Chaunes ne souriait pas, en cet instant sûrement moins que jamais ; par provocation, timidité, jeu, méfiance ou indifférence il exagérait dans ses premiers contacts avec les gens les traits habituels de son comportement : peu de mots, nulle phrase engageante, rien de ce qui permet d'occulter le vide terrible de l'infini des choses à dire - fermé, buté, lointain, rejetant toutes les béquilles qu'offre la bienséance pour franchir l'aride passage qui permet de se rapprocher d'autrui, immobile et taciturne comme s'il guettait lui-même les faux pas de l'autre, et tout prêt à le rejeter dans les ténèbres de l'indifférence s'il le voyait tenter d'échapper à cette difficile épreuve du silence en se réfugiant sur le terrain convenu du questionnement courtois, racontait-elle. (Extrait)
Lamentation des ténèbres, roman. Quelque chose s'achève sous nos yeux: une longue époque où l'espoir de dominer le temps en maîtrisant le devenir organisait la vie comme l'histoire. Voici qu'au contraire nous découvrons la faillite des maîtrises dans l'expérience de l'éclatement et du morcellement, des multiplicités insaisissables, des emmêlements de niveaux temporels. Temps de Ténèbres: temps des désillusions, de la perte, de l'échec, du vieillissement. Roman des Ténèbres: mais ce n'est pas parce que nous sommes en lambeaux, qu'il faut mettre le roman en charpie. C'est que, mieux que le fragment, les longues phrases continues disent cette "pénombre indistincte des temps" où se fondent des trames temporelles et des voix diverses comme s'enchevêtrent les strates bouleversées d'un site archéologique.
La jeune fille et l'homme mûr, comme dans une " scène de genre " : ici, une étudiante et un professeur qui lui a donné rendez-vous pour un entretien et qui attend sa venue en laissant courir sa rêverie sur ce qui paraît bien être l'une de ses pentes préférées : car cet être féminin bouleverse, qui mêle les fragilités de l'enfance et le pouvoir de la beauté. La jeune fille en bleu raconte ce moment d'attente rêveuse où le narrateur met en scène des scénarios autant qu'il parle et fait parler celle qu'il attend : " Est-ce qu'on sait, pourtant, comment on se parle à soi-même ? On n'y pense pas quand on le fait, et dès qu'on y pense, on pense qu'on y pense et on s'écoute parler. J'ai pensé que ce qu'on pouvait faire, après coup, c'était tout au plus tenter de conserver le mouvement - l'allant et la mobilité - de ce qui passait en soi, exactement comme ces nuages que je voyais au-dessus du fleuve. Le feu, le vent, la mer, les nuages : ce qu'il y a de commun entre ces intercesseurs familiers de la rêverie, c'est évidemment le mouvement : il la pousse, mais il la " fixe " aussi, sans quoi on n'éprouverait aucune sorte de plaisir, si le plaisir a bien partie liée avec la répétition. "
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.