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La jeune fille en bleu
Goux Jean-Paul
CHAMP VALLON
12,00 €
Épuisé
EAN :9782876732278
La jeune fille et l'homme mûr, comme dans une " scène de genre " : ici, une étudiante et un professeur qui lui a donné rendez-vous pour un entretien et qui attend sa venue en laissant courir sa rêverie sur ce qui paraît bien être l'une de ses pentes préférées : car cet être féminin bouleverse, qui mêle les fragilités de l'enfance et le pouvoir de la beauté. La jeune fille en bleu raconte ce moment d'attente rêveuse où le narrateur met en scène des scénarios autant qu'il parle et fait parler celle qu'il attend : " Est-ce qu'on sait, pourtant, comment on se parle à soi-même ? On n'y pense pas quand on le fait, et dès qu'on y pense, on pense qu'on y pense et on s'écoute parler. J'ai pensé que ce qu'on pouvait faire, après coup, c'était tout au plus tenter de conserver le mouvement - l'allant et la mobilité - de ce qui passait en soi, exactement comme ces nuages que je voyais au-dessus du fleuve. Le feu, le vent, la mer, les nuages : ce qu'il y a de commun entre ces intercesseurs familiers de la rêverie, c'est évidemment le mouvement : il la pousse, mais il la " fixe " aussi, sans quoi on n'éprouverait aucune sorte de plaisir, si le plaisir a bien partie liée avec la répétition. "
Résumé : "De telles pensées, ces pensées vivantes de votre absence, je devais apprendre à vivre avec elles, comme j'apprenais à vivre seul avec votre maison". Le roman de Jean-Paul Goux s'écrit avec délicatesse autour de la mort de Claire, compagne de Thibaud le narrateur, et artiste qui dessinait au crayon et au fusain des nuages et des arbres contemplés par la fenêtre de leur appartement parisien, mais surtout de sa maison Au milieu des bois. Une maison dans laquelle Thibaud veut peu à peu réapprendre à "habiter le temps". Or, cette maison offre un espace dans lequel s'est déposé et se dépose le temps, temps passé avec Claire, temps présent dans lequel écrit Thibaud, et temps d'un futur désirable, lorsque Thibaud, redécouvrant l'atelier et la beauté de l'oeuvre de Claire, invente pour elle un projet que le temps du livre laisse ouvert. Comment ce roman né de la douleur et de la solitude, puisque Thibaud s'adresse à ses amis et à Claire disparue, comment ce roman peut-il devenir pour le lecteur une telle ode à la beauté du monde, à sa représentation dans l'art, une telle ode au vivant ? Annie Clément-Perrier.
Résumé : " Les trois critères essentiels par lesquels Valéry définissait la spécificité du poétique : la fabrique de la liaison, la fabrique de l'énergie et du mouvement, et la fabrique de la voix, me paraissent tout aussi bien au c?ur des exigences littéraires de certaines proses romanesques. Telle est la première strate de ce livre : une réflexion sur la fabrique du roman, à laquelle se superpose une réflexion plus proprement esthétique, où sont posées ces valeurs d'écriture que voudrait saisir l'expression de continu. Le "continu" n'est pas un concept, mais une image privilégiée par laquelle, en la faisant jouer de toutes les manières, je me suis attaché à cerner des valeurs esthétiques dans la prose romanesque : par là, ce livre prend sa place dans le débat contemporain sur le genre romanesque. S'il ne polémique pas, il dessine un territoire d'affinités, au milieu duquel j'écris. En termes esthétiques, le roman est ainsi conçu comme un "art du temps", qui cherche "des réponses aux questions et aux angoisses de l'homme devant la temporalité" et qui pose comme une valeur essentielle la dimension de la continuité temporelle dans l'?uvre. En termes de réflexion sur la fabrique romanesque, le roman est considéré dans son ?uvre contre le temps, son ?uvre avec le temps et son ?uvre dans le temps : c'est selon ces trois aspects que sont envisagés la liaison, l'énergie, le rythme, la syntaxe et la voix dans la prose romanesque. "
Résumé : C'est une réflexion intime, tout intérieure que "note" le narrateur de ce roman au charme puissant qui interroge le "colombier de la mémoire", cette volière d'où s'échappent trop souvent les pigeons du souvenir. Après tant d'années riches de leurs mémoires partagées, Vivien est profondément troublé lorsque Julie, sa compagne architecte, évoque des souvenirs très précis de chantiers qui n'ont pour lui aucune réalité, et qu'il met en doute. Le monde clos de leur entente amoureuse et intellectuelle ouvert sur le jardin et ses ciels se fragilise, soudain menacé par la traversée inquiétante de ces "sourdes contrées" que fabrique à notre insu le Temps qui passe. Qu'il s'agisse d'un être ou d'un projet d'architecture, quelle est la réalité de nos souvenirs dès lors qu'ils sont aussi nourris de nos rêves et de nos rêveries ? Ce sont ces troublantes confusions que scrute Jean-Paul Goux dans ces "notes" teintées d'une mélancolie non dénuée d'ironie, et dans une langue somptueusement poétique.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.