Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le règne de l'histoire. Discours historiques et révolutions, XVIIe-XVIIIe siècle
Goulemot Jean-Marie
ALBIN MICHEL
26,05 €
Épuisé
EAN :9782226087874
Extrait de la préface de 1975 "Ce travail a été commencé il y a quelque dix ans déjà. De cette durée, je n'ai pas la vaine prétention de tirer gloire ; par son rappel liminaire, je voudrais tenter d'expliquer comment s'est constitué ce livre et esquisser la définition méthodologique d'une recherche dont il n'est que l'aboutissement fragile. (...) Je cherchais comme la Terre promise l'idée de révolution chez les philosophes. En parlaient-ils ? une fiche bien remplie à gauche ; n'en parlaient-ils pas ? une fiche vierge mais accusatrice à droite. Aussi ne me fallut-il guère de temps pour poser les jalons de ce qui était alors pour moi l'histoire de l'idée de révolution au XVIIIe siècle. Il en fallut moins encore pour réduire ce château de fiches en une ruine dérisoire quand je tentai d'analyser le sens d'une telle démarche. N'était-il pas évident que ma quête de l'idée de révolution relevait d'une définition a priori des Lumières qui était un reçu idéologique. A bien y regarder, le siècle pour moi prenait son sens de 1789 qui expliquait le siècle tout autant que le siècle l'expliquait. En même temps, je découvrais que 1715 n'était ni un commencement ni une fin, et il me fallait admettre que cette histoire avec son aube, son terme et son profil était mon oeuvre. Si je tenais l'idée de révolution pour présente dans ce siècle, c'est qu'une révolution en marquait le terme. Je projetais sur lui, pour le construire, une révolution qui l'ordonnait et dont il était le porteur. 1789, sans que j'en eusse conscience, inscrivait dans les faits une germination qui d'abord avait eu lieu dans les esprits. Jamais, je devais me l'avouer, je n'aurais eu le projet d'aller chercher cette même idée de révolution dans le XVIe ou le XVIIe siècle. D'autre part, si j'avais choisi de décrire là une idée de révolution, c'était aussi parce que cette idée était en moi, partie intégrante de mon idéologie, fantasme douillet, et rien alors ne m'interdisait de penser qu'à travers 1789 je la projetais dans ce passé qu'elle construisait, à la fois critère et ciment, tandis que par elle j'y retrouvais quelques-uns des garants dont j'avais tant besoin". Jean-Marie GOULEMOT
A travers des exemples pris au siècle d'or de la littérature érotique, le XVIIIe siècle, on se propose de répondre ici à la question simple: pourquoi le livre pornographique fait-il naître dans le corps du lecteur un désir sexuel que ce même livre ne peut satisfaire? On obtient donc une machine à faire naître le désir de jouissance par un artifice d'écriture. Ainsi le livre érotique gagne un pari qui est celui de toute littérature romanesque: faire prendre le leurre pour la réalité, l'ombre pour la proie. Dans cet essai, on tentera d'expliciter ce mode de fonctionnement exemplaire et cet effet de lecture radical. Toujours approché dans le secret et la clandestinité, le livre érotique se doit plus et mieux que tout autre de se désigner vite et bien pour ce qu'il est de montrer clairement ses promesses. On a donc analysé ici ses techniques d'appel: page de titre, frontispice, illustration... Quant au texte érotique il est dans cet essai décrit comme mettant tout en oeuvre pour faire naître le désir donc comme un texte maniaque de captation et de fascination du lecteur qui entretient avec lui un rapport particulier. Il ne peut s'agir de se prendre pour le héros ou l'héroïne, mais d'être conduit à éprouver comme lui une jouissance érotique. Le récit pornographique va donc installer son lecteur, par le biais d'un récit à la première personne d'une suite de mise en tableau en position de voyeur, extérieur au texte, comme le spectacle l'est à la peinture. Il faut donc prendre la littérature pornographique au sérieux car elle représente le modèle caché de toute littérature narrative. Avec elle se révèle le rêve de tout écrivain qui est de mentir vrai, et l'intérêt qu'on lui porte n'est peut-être au fond que la nostalgie d'une lecture si profonde qu'elle conduisait à l'oubli du monde réel.
Résumé : " J'ai passé plus de temps à lire en bibliothèque qu'à manger, à fréquenter les cinémas ou les musées, à prendre des vacances au bord de la mer. Et, pour finir ces énumérations comptables, j'ai sans nul doute connu plus de bibliothèques que de femmes. " C'est une vie animée par l'amour des bibliothèques que raconte Jean Marie Goulemot, spécialiste du XVIIIe siècle et de l'histoire du livre : une vie de braconnage au fil des rayons, des rencontres, des découvertes, en France, en Espagne, aux États-Unis ; une vie de rêveur, placé sous surveillance ; une vie de professionnel scrutant les habitués, à l'écoute des silences, des nuisances sonores et des conseils les plus inattendus. Chemin faisant, c'est aussi une histoire des bibliothèques qui se dessine de l'antique bibliothèque d'Alexandrie à la censure dans la France occupée, des bibliothèques imaginaires aux livres condamnés à l'Enfer, des premières salles de lecteurs aux récentes mutations technologiques, Jean Marie Goulemot livre un texte intime, attachant et passionné.
Pourquoi a-t-on oublié qu'il a existé un stalinisme français? Oubli ou occultation? De la fin de la guerre aux années soixante, le PCF a été le premier parti de France. Il régnait alors sur les élites intellectuelles et artistiques, possédait journaux et maisons d édition et un marxisme sommaire, inspiré par lui, dominait l'enseignement. Il incarnait l'espoir d'une autre société pour les classes populaires. Ce qui explique le regard nostalgique porté, encore aujourd'hui, sur ce parti.Mais il existe un envers du décor: violence verbale, mensonges délibérés, complicité par omission avec les crimes de l'URSS, procès truqués, arbitraire, excès du culte de la personnalité... c'était ça, aussi, le communisme en France. Le PCF reproduisait, par la langue de bois, la violence et la terreur exercées par les appareils communistes au pouvoir. Il désignait ses adversaires comme autant de nazis, fût-ce le général de Gaulle, affublé dans la presse communiste d'un Heil de Gaulle!Tout ceci justifierait en soi un livre, certes. Mais le salubre ouvrage de Jean Marie Goulemot et Paul Lidsky a un mérite supplémentaire. Il montre comment, attisant la haine et le fanatisme, entretenant de faux espoirs par déni d'une réalité dérangeante, ce communisme à la française a imposé des modes de pensée qui perdurent dans notre société, toujours séduite par les slogans de tous les populismes.
Goulemot Jean-Marie ; Masseau Didier ; Tatin-Gouri
Résumé : Parce qu'elle s'est voulue à l'écoute des problèmes de son temps, la littérature du XVIIIe siècle représente un lieu de réflexion unique dans notre histoire culturelle. Ce vocabulaire propose des notions clés comme bonheur, liberté, nature, raison, vérité. Il donne aussi les moyens d'analyser les innovations littéraires et les emplois détournés de formes anciennes mises au service de la pédagogie des Lumières. D'almanach à ville en passant par bon sauvage, éducation, goût, matérialisme, physiocratie, sensibilité, aucun domaine n'a été négligé : genres littéraires, esthétique, philosophie, politique, science, religion, institutions culturelles... On choisira de lire en autodidacte, de A à Z, ou en braconnier, en sautant d'un lieu à l'autre, sans rime mais non sans raison. On tentera de reconstituer des chaînes et des réseaux, de repérer les conflits et les tensions de l'époque pour en mesurer la singularité et la richesse. Ecriture et pensée constituent les continents propres à chaque siècle : que ce livre facilite la reconnaissance d'un monde complexe où littérature et philosophie ne cessent de se confondre.
Résumé : En dehors d'approches ethnologiques, l'intérêt pour l'étude de la divination et des arts divinatoires en général a été pendant longtemps réduit, en occident, au débat qui oppose les sciences et les " parasciences ". D'un côté, le mépris et la négation systématique ; de l'autre, une confiance aveugle qui n'est pas sans rapport avec ce qu'il est convenu d'appeler la " pensée magique ". N'est-ce pas là, d'une part et d'autre, la meilleure façon de passer à côté du sujet, en le constituant comme croyance et non comme objet d'étude ? S'il est vrai que les procédés divinatoires, de la géomancie à l'astrologie, ne relèvent pas de la science, il n'en reste pas moins qu'ils ont une réalité propre dont il faut rendre raison. C'est à ce travail profondément novateur que s'est attachée Marie-Louise von Franz. Explorant les fondements inconscients qui ont donné le jour à "c es pratiques", la disciple de Jung affirme que les arts divinatoires dont d'abord symboliques. Ils obéissent à des lois spécifiques qui peuvent nous renseigner sur ce " lieu " de l'âme où se rejoigne potentiellement l'esprit et la matière.
Résumé : En 195 aphorismes, les Yoga-Sutras de Patanjali codifient l'enseignement d'une pratique traditionnelle plusieurs fois millénaire. C'est l'esprit même du Yoga qui se trouve ici décrit, résumé en une série de remarques lapidaires et lumineuses. Vrai traité de connaissance de soi, cet ouvrage est l'un des textes majeurs de l'humanité. Son message, transcendant les siècles, se révèle bien plus que moderne : essentiel.
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,
Poème mystique de 700 versets, inséré dans la grande épopée anonyme du Mahabharata, La Bhagavad-Gîtâ, "le chant du Seigneur", est considérée comme la "Bible de l'Inde". Le dieu Krishna, avatar de Vishnu (voir Mythes et dieux de l'Inde), prenant la forme d'un conducteur de char, expose ici, au jeune guerrier Arjuna, une doctrine portant sur l'action, la discrimination, la connaissance et la dévotion. La présente traduction est de Camille Rao et, Jean Herbert, indianiste bien connu, qui est aussi le préfacier. Le volume comprend un glossaire, un index et des "définitions psychologiques" importantes. Parmi les innombrables commentaires écrits sur ce texte, celui de Shri Aurobindo (1872-1950) offre l'intérêt du regard d'un homme qui se retira de la vie publique après une carrière politique ardente pour rechercher une religion synthétique universelle. Fondateur, en 1926, d'un ashram dont il fut le gourou très influent jusqu'à sa mort, il a su adapter la pensée indienne à la vie moderne. Formé en Occident, il rend ici accessible pour nous ce grand trésor spirituel. --Colette-Rebecca Estin