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Le postcolonial en Amérique latine. Débats contemporains
Gomez-Muller Alfredo
KIME
19,00 €
Épuisé
EAN :9782841747436
En Amérique latine comme ailleurs, la critique postcoloniale apparaît comme une condition pour le renouvellement des dialogues interculturels orientés vers la construction d'une modernité alternative, ou d'une vraie postmodernité, fondée sur une autre manière d'habiter la terre, moins dévastatrice pour la nature comme pour les humains. Reprenant d'une manière inédite la perspective ouverte au XXe siècle par des auteurs comme José Carlos Mariategui, Alberto Flores Galindo, Pablo Gonzalez Casanova ou René Zavaleta, les études postcoloniales latino-américaines contribuent à la critique d'un modèle culturel, social et politique fondé sur le clivage traditionnel entre la "civilisation" et la "barbarie". Articulée initialement par un versant de la modernité européenne qui trouvera au XVIIIe siècle une forme systématique dans l'anthropologie des Lumières (M. Duchet), cette dichotomie a été au départ la matrice idéologique de la domination coloniale européenne, et, plus tard, de celle des nouvelles élites "républicaines" attelées à la tâche de construire l'unité sociale et politique sur la base du modèle européen de l'Etat-nation. Au XIXe siècle et durant une bonne partie du XXe, l'unité de la "Nation" est imaginée de telle manière qu'elle implique l'exclusion de la différence culturelle dans l'espace public. Or, depuis les quatre dernières décennies, les nouvelles formes de la mobilisation indienne et la renaissance des identités afro-américaines participent à la crise des modèles identitaires établis et au surgissement, dans divers domaines du culturel et du politique, de manières inédites d'imaginer l'identité (subjective, sociale, culturelle, nationale) et d'assumer la diversité culturelle (interculturalité, multiculturalismes, indianisation) dans la sphère publique. Le présent ouvrage propose un aperçu des problématiques, recherches et discussions actuelles sur le postcolonial en Amérique latine, en prenant comme fil conducteur les processus de reconfiguration identitaire liés à l'"émergence indienne" et au renouveau actuel des identités afro-américaines.
Le débat sur le multiculturalisme, qui a accompagné pendant les quatre dernières décennies la mise en place des premières politiques multiculturalistes dans les démocraties libérales avancées, a modifié profondément notre manière de percevoir la culture et la diversité culturelle. Nos sociétés auraient ainsi pris conscience du pluralisme culturel qui les traverse, et seraient devenues plus sensibles aux injustices faites aux minorités nationales et culturelles au nom d'une certaine idnom d'une certaine idée de la nation, de la démocratie, de la liberté ou de l'égalité. Pourtant, le multiculturalisme est loin de faire l'unanimité aujourd'hui ; selon certains diagnostics, il serait même en crise. Le présent ouvrage propose un bilan critique du multiculturalisme, tant au niveau des réalisations des politiques multiculturalistes que de ses apports théoriques au débat sur la diversité et sur l'unité en démocratie. Les conclusions des auteurs sur les trois axes privilégiés dans ce livre (fédéralisme et pluralisme national ; critiques de l'universalité ; reconnaissance du pluralisme linguistique) sont contrastées mais permettent de dresser un tableau clair et nuancé des apports et des limites du multiculturalisme dans les démocraties libérales.
L'histoire de l'anarchisme est traversée par une tension permanente entre le projet d'une organisation non étatique du public et la nécessité d'utiliser la médiation politique-étatique comme force d'action. Les textes rassemblés ici interrogent cette tension comme le symptôme d'un problème général qui touche au sens même du politique, et dont on trouve une forme d'expression dans la crise contemporaine des formes établies de démocratie représentative ou l'émergence de nouvelles formes d'action publique.
Avec les questions cosmologiques et anthropologiques nées de la découverte de l'Amérique, se présentèrent aussitôt de nouvelles questions religieuses, éthiques et politiques, qui mobilisèrent la pensée européenne et américaine dès le XVIe siècle : prétention universaliste de la raison, altérité et étrangeté, rationalité des traditions...
Résumé : L'expérience nihiliste de vivre dans un monde dépourvu de sens est rattachée à l'expansion mondiale du capitalisme, qui n'est pas simplement un mode de production mais aussi et surtout un régime de dévastation de la capacité humaine de créer et de conférer du sens et de la valeur au monde ainsi qu'à l'activité humaine comme telle. Le capitalisme ? privé ou d'Etat? est un régime de clôture du possible qui assigne à l'humain ainsi qu'à tout ce qui existe la signification absolue de ressource disponible et appropiable en vue de l'accumulation de l'avoir et du pouvoir. Un régime qui est incompatible avec la culture dont le sens premier est le prendre soin de la terre ? puis le prendre soin de l'humain. L'activité capitaliste est portée par un modèle de rationalité purement instrumentale et calculatrice, déterminant une subjectivité "unidimensionnelle", capable de finalités utilitaires mais incapable de (re)créer socialement et incessamment une symbolique du sens existentiel. Une subjectivité sans esprit, à l'image du "dernier homme" décrit par Nietzsche, pour lequel l'habitude de regarder vers le bas lui fait perdre jusqu'à la signification du mot "étoile". La critique de la dévastation "moderne" de la vie humaine et de la vie en général passe aujourd'hui par une critique culturelle du capitalisme, explicitant le statut idéologique du nihilisme. La critique de la clôture capitaliste du symbolique ne signifie nullement qu'il faille revenir aux récits traditionnalistes du sens et de la valeur. En tant que modalité de l'exigence critique de la pensée, la critique culturelle du capitalisme nous invite à repenser historiquement les conditions du sens existentiel et de la valeur, par-delà toute dogmatique et en deçà des dichotomies établies entre le "réel" et l'"utopie", la "raison" et l'"imaginaire", le "visible" et l'"invisible". Elle entend ainsi contribuer à libérer un espace de pensée et de passion en vue de la (re)création des "énergies utopiques" de l'humain ou, pour le dire peut-être plus simplement, de l'esprit humain. Ce livre entend proposer, de manière succincte, une série de repères historiques et thématiques de la critique culturelle du capitalisme.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.