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LE PARADIGME DANS LA DIALECTIQUE PLATONICIENNE
GOLDSCHMIDT
VRIN
9,00 €
Épuisé
EAN :9782711615971
Cet ouvrage de Victor Goldschmidt, pour la première fois en édition de poche, est le seul consacré à une notion centrale de la philosophie platonicienne, le paradigme, à la fois exemple, comparaison et modèle. En prenant comme fil conducteur la définition donnée dans le Politique, l'auteur commence par étudier le rôle joué par " ce procédé privilégié " dans la méthode dialectique des derniers Dialogues. S'exercer sur une réalité banale permet de découvrir la structure d'un " grand sujet ", plus difficile à définir, comme le sophiste ou l'art politique. Cependant la réussite d'une démarche en saurait en fonder la légitimité. En s'interrogeant sur son fondement, Victor Goldschmidt montre que l'usage d'un paradigme " obéit à un mouvement profond de la pensée platonicienne, il nous mène du visible à l'invisible ".
Comment penser une philosophie du droit chez Epicure, sans le trahir ? Comment dégager des principes politiques dans l'oeuvre de celui dont la maxime était de "vivre caché", loin des affaires administratives concernant la Cité ? Le défi peut paraître ambitieux, c'est pourtant celui que relève V. Goldschmidt dans cet ouvrage. Et il puise à la source même, au coeur des dernières sentences des Maximes Capitales, grâce auxquelles il thématise et structure une pensée politique s'inscrivant parfaitement au sein de la logique de la doctrine épicurienne. En effet, pour vivre bien, il est nécessaire de penser le "vivre ensemble" avec des lois pour toile de fond. La pensée épicurienne se déploie autour des concepts directeurs que sont l'intérêt, la réciprocité, la sécurité, tandis que le juste se définit en référence à l'utile. Le droit épicurien veut s'imposer comme une réalité et dépasser le simple statut de "doctrine" du droit. C'est dire toute la portée de cette étude, et la place qu'on doit accorder à la pensée épicurienne dans la philosophie politique, y compris contemporaine.
Dans ce monumental ouvrage devenu un classique du commentaire, Victor Goldschmidt, fidèle à sa méthode structurale et combattant l'idée selon laquelle la pensée de Rousseau ne serait pas "organisée" , démontre qu'il est possible d'expliciter les "principes du système de Rousseau" . Dénonçant l'opposition reçue entre la genèse et la structure, l'auteur procède à un examen minutieux de la constitution de ces principes, en s'appuyant sur les deux Discours et l'Emile - Rousseau lui-même disait que son système y était formulé -, mais surtout sur le Discours sur l'inégalité, dont le présent travail étudie le contenu et les prolongements. Prenant le temps de considérer ce texte comme une oeuvre proprement philosophique et d'établir la thèse des interlocuteurs du philosophe pour mieux déterminer sa pensée, Victor Goldschmidt montre comment s'élabore et progresse cette pensée et en restitue ainsi le sens, la cohérence, en un mot l'unité substantielle.
Dans cet ouvrage posthume de Victor GOLDSCHMIDT, le lecteur trouvera d'abord un commentaire minutieux, véritable guide de lecture, de deux grands textes aristotéliciens : les chapitres de la Physique sur le temps (IV, 10-14) et la Poétique tout entière. Si l'auteur se défend d'avoir voulu rivaliser avec les commentaires ligne à ligné dont ces textes illustres ont déjà fait l'objet, il n'en adopte pas moins, au départ, une position de lecteur au premier degré, s'attachant surtout, selon ses propres termes, " au mouvement du texte, pour essayer d'en restituer la structure qui, elle, fournit le commentaire fondamental, rédigé, si l'on peut dire, par l'auteur lui-même ". On verra qu'à cet égard, ce livre constitue l'illustration peut-être la plus parfaite d'une méthode d'exégèse immanente à laquelle Victor GOLDSCHMIDT n'a cessé de penser, théoriquement et pratiquement. Pourquoi maintenant avoir confronté Physique et Poétique, sinon pour tenter de relier temps physique et temps vécu, et considérer en retour l'action tragique sous les espèces du temps ? C'est ici comme un défi que l'auteur paraît s'être lancé à lui-même, tout en s'interdisant systématiquement les facilités qui lui auraient permis de l'emporter à trop bon compte; de sorte qu'il ne réussit à remplir son contrat qu'à force de ne l'avoir pas directement cherché. Seule la lecture du livre, dans ses patientes approches comme dans ses raccourcis fulgurants, permettra de voir comment les matériaux les plus divers, tirés d'une longue familiarité avec l'?uvre entière d'Aristote, enserrés dans un réseau toujours plus fin et plus délié de rapprochements et de connexions, finissent par constituer, à la " surprise " même de l'auteur, un édifice d'une cohérence imprévue et saisissante. Porté par toute une vie d'étude des textes et de méditations insistantes sur les rapports du temps et de l'?uvre philosophique, le commentaire s'ouvre ainsi sur une vision singulière et pénétrante de la pensée d'Aristote en son unité, et, au-delà encore, sur une véritable philosophie de l'histoire de la philosophie.
Ces études débordent le problème du temps chez les Stoïciens et se proposent d'établir que cette question, en apparence modeste, permet d'éclairer, et en même temps commande l'ensemble du système. Au premier abord en effet, la théorie du temps se présente comme une simple section d'un chapitre de la Physique, celui qui traite des Incorporels. Mais déjà la simple interprétation des textes transmis fait voir que cette théorie tient étroitement à d'autres théories, comme celle des incorporels en général, des catégories, de la substance. Abordant ensuite les thèses majeures de la logique et de l'éthique, on s'aperçoit qu'à leur tour elles sont solidaires de la conception du temps qui, dans bien des cas, fait évanouir leur apparence de paradoxe. A cela même, il n'y a rien d'étrange, si l'on se souvient que le stoïcisme, plus que tout autre philosophie antique, constitue un système cohérent. Mais plus particulièrement, le problème du temps a dû former comme le n?ud de la réflexion stoïcienne qui vise, contre les lourdes autorités de Platon et d'Aristote, à rétablir dans sa réalité et dans sa dignité, le concret, le sensible, disqualifié comme "sujet à la génération et à la corruption", c'est-à-dire, en un mot, comme "l'être dans le temps".
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.