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Marqués par le destin
Goiset Gilles
LE PYTHAGORE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782372310208
La vie est un long fleuve tranquille ", prétendent certains adages. Beaucoup de vécus tendent à démontrer le contraire. " On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas ses parents ", affirme encore une chanson. D'aucuns naissent avec un handicap, si petit soit-il, moteur, sensoriel, psychique et doivent, dès leur plus jeune âge, apprendre à se sentir différents, à souffrir du regard ou des réflexions de leurs " semblables ", à trouver leur place dans la société. Dans notre monde, les aléas du destin se montrent cruels envers des hommes et des femmes, que l'accident ou la maladie frappe, quel que soit leur âge. Mourir à 31 ans ou à 74, comme le montrent deux nouvelles, ne constitue-t-il pas le même chagrin dans une famille éplorée ? L'égoïsme, l'égocentrisme qui placent un être au centre de tout, qui dédaignent autrui, ont souvent des répercussions au plus proche de ceux qui les personnifient et qui oublient que leur comportement engendre le mal autour d'eux. Plus que jamais, l'univers est confronté à des déplacements de populations, à des exils forcés. Pourtant, pour peu que l'on s'y penche, le phénomène ne s'avère pas nouveau et sans aller très loin de nous. Qui se souvient de quantités de Polonais, d'Italiens, d'Espagnols ou de Portugais qui se sont installés chez nous, poussés par la misère, par la dictature dans leurs pays, par la volonté de préserver leurs familles ? Beaucoup ont opté pour la nationalité française, certains reniant totalement leur patrie d'origine, d'autres en éprouvant la nostalgie. Ce sont des tranches de vie qui s'offrent ici au lecteur, des humains " marqués par le destin " , des exemples, un mis à part, sortis de mon vécu plus ou moins proche dans le sud haut-marnais.
Dans mes années de jeunesse, j'étais bien loin de me poser la question : pourquoi, mon père m'envoie-t-il travailler dans un lieu à l'appellation sinistre : l'Homme Mort ? Les besoins de l'époque et du machinisme agricole naissant me conduisaient là, bon an mal an, pour échardonner, pour épandre du fumier, pour faner ou pour confectionner des tas de gerbes. L'âge avançant, je me suis interrogé sur le toponyme, désormais balayé par le remembrement et la solution de l'énigme a éclaté sur le meurtre commis là en 1833, grâce à quelques traces généalogiques fournies par mon épouse. La magie du roman donne toute son ampleur pour retracer les tenants et aboutissants de cette sombre affaire et les mésaventures vécues par le meurtrier, en devançant quelque peu l'ouverture du bagne de Guyane, où tant de condamnés, parfois pour des broutilles, connurent des heures abominables. Reste le remords de l'acte accompli, sans doute dans un excès de colère, qui poursuit sa vie durant le coupable et qu'illustre parfaitement le vers de Victor Hugo : " l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn ".
La saga des Balaguère court sur un peu plus d'un siècle, du Premier Empire à la veille de la Grande Guerre. Le père, Henri Balanguère, finit centenaire et vit à plein les différents événements tant locaux que nationaux sans jamais chercher à devenir un héros. Il est la figure du juste, soucieux des autres, de ses soldats quand il est officier, de ses concitoyens quand il s'engage dans le service national, de ses clients quand il perpétue la forge de son grand-père, de ses amis à qui il voue une éternelle reconnaissance, de sa chère et tendre épouse et de sa famille à qui il diffuse tout l'amour qui l'habite. Entre l'appel aux armées et les préoccupations d'un simple artisan, ses fils vont avoir à opter et tenter de suivre les pas d'un père qui leur laisse un choix entier. Agathe, sa fille, réussit comme ses parents une vie de couple en tous points remarquable. Il y a aussi Eusèbe et Anselme, lugubres voyous que l'existence va forger. Jean, le défenseur des opprimés. Marcel, le repreneur de l'atelier. La bonne Marie, tenancière de café et tous les autres qui expriment toujours de nobles sentiments.
Juillet 1919 : le major de l'armée du Levant Henri Baudin, lucide, gît sur un lit d'hôpital près de Beyrouth (actuel Liban). La Grande Guerre s'apprête à ajouter son nom à la longue liste dont elle s'est abreuvée. Soit en rêve, soit par le biais de conversations avec ses deux infirmiers, Laurent Verdier et Jean Seynac, dont les patronymes figurent réellement comme témoins sur son acte de décès, il se remémore, sans respect chronologique, ce qu'ont été ses quarante-cinq années d'existence. Son arrivée en provenance de la capitale à Aprey (Haute-Marne), ses études de médecine à Paris, sa thèse sur l'infection puerpérale en 1901, le conseil de révision au chef-lieu de canton, l'engagement politique, l'installation de son cabinet au village des Sources de la Vingeanne, les soins prodigués au plus proche du front : tout défile sous ses yeux, qui - il en est parfaitement conscient - bientôt s'éteindront. Amours et amitiés prennent toujours le pas sur haine et férocité, dans des conditions pas toujours favorables, pour que triomphent l'humanisme et le serment d'Hippocrate. Le roman, s'appuyant sur des sources et des personnages authentiques, met en avant le sens des autres, l'enfer de 14-18, l'inutilité des conflits, la place déterminante du mot Paix, un langage tout droit sorti de la bouche de quelqu'un appelé à soigner et guérir, et non pas à tuer. Par-delà, se dessine aussi le devoir de mémoire et d'hommage face au sacrifice de tous les combattants de la part de toutes les générations et en particulier des plus jeunes. Tombes, stèles et monuments aux morts ne se trouvent-ils pas érigés pour nous le rappeler ?
Les pas du privé Didier Rouque vont le mener dans la ville champenoise de Chaumont. Chez les Grangier, une famille accueillant des enfants en difficulté, l'argent tombe du ciel sans qu'on puisse l'expliquer. Son enquête va se poursuivre dans les Vosges au bord d'un lac du côté de la Schlucht, où il va rencontrer un vieux pêcheur... mort depuis trois ans.
Gilles Goiset est né au hameau de Villehaut, commune d'Aprey, il y a soixante ans. Fils d'agriculteur, professeur d'histoire, il déroule dans ce livre la vie de son village au fil des siècles : L'amour voué par Jeanne à son seigneur au temps des croisades dans Ici vint Jeanne - XIIe siècle. Un fait divers relevé dans le registre paroissial de 1689 dans La louve de Roche Martin - XVIIe siècle. La belle aventure d'une manufacture (1769-1809) dans Le maître du verre - XVIIIe siècle. L'histoire de la faïencerie (1742-1894). La saga d'un couple déchiré dans Source de haine - XXe siècle.
Résumé : Voici, regroupé dans un album de 192 pages, 40 ans d'oeuvres graphiques de Baru, auteur récompensé en 2010 du Grand prix de la ville d'Angoulême pour l'ensemble de son oeuvre, répertorié à la manière d'un catalogue raisonné. Edition Luxe : contient une sérigraphie originale numérotée et signée de l'auteur Tirage limité 250ex.