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Mémoires d'un juste
Goiset Gilles
LE PYTHAGORE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782372310086
La saga des Balaguère court sur un peu plus d'un siècle, du Premier Empire à la veille de la Grande Guerre. Le père, Henri Balanguère, finit centenaire et vit à plein les différents événements tant locaux que nationaux sans jamais chercher à devenir un héros. Il est la figure du juste, soucieux des autres, de ses soldats quand il est officier, de ses concitoyens quand il s'engage dans le service national, de ses clients quand il perpétue la forge de son grand-père, de ses amis à qui il voue une éternelle reconnaissance, de sa chère et tendre épouse et de sa famille à qui il diffuse tout l'amour qui l'habite. Entre l'appel aux armées et les préoccupations d'un simple artisan, ses fils vont avoir à opter et tenter de suivre les pas d'un père qui leur laisse un choix entier. Agathe, sa fille, réussit comme ses parents une vie de couple en tous points remarquable. Il y a aussi Eusèbe et Anselme, lugubres voyous que l'existence va forger. Jean, le défenseur des opprimés. Marcel, le repreneur de l'atelier. La bonne Marie, tenancière de café et tous les autres qui expriment toujours de nobles sentiments.
C'est l'histoire peu commune de quatre Henri nés en 1874. Trois d'entre eux, dont deux issus de milieux fort modestes, accédèrent à des promotions exceptionnelles : faculté de médecine, Saint-Cyr, Polytechnique. La ruralité gardait en ce temps-là un certain dynamisme. L'exode rural balbutiait seulement. Ainsi, Aprey maintenait une population de quatre cents âmes. Au recensement de 1911, on ne compta plus que trois cent vingt-cinq habitants ; on chuta à deux cent quarante-huit en 1921. La Grande Guerre vida les campagnes françaises de leurs forces vives. Henri Baudin naquit à Paris dans une famille aisée. Son père s'étant retiré à Aprey, il le rejoignit pour y installer son cabinet médical en 1904. Je parlerai peu de lui, l'ayant déjà évoqué dans l'ouvrage : Henri Baudin, médecin de la Grande Guerre. Henri Marie, fils d'un charpentier, entra dans une des plus grandes écoles de France, grâce à une bourse accordée par la IIIe République, tout comme son ami Henri Royer, originaire de Rouelles, qui fréquentait très souvent son frère Jules, plâtrier à Aprey. On pourrait chipoter sur le titre d'amiral attribué à Henri Royer par ses neveux, qui ne l'appellent que comme cela, car il conviendrait peut-être d'utiliser l'expression d' "ingénieur-amiral" du fait qu'il n'a pas combattu dans la marine. Des quatre, seul Henri Morisot quitta l'école communale une fois le certificat d'études en poche pour reprendre la ferme de ses parents. Il resta fort apprécié et estimé des trois autres et plus particulièrement de Royer. Il fut également le seul à laisser une postérité directe. Alors que j'écris ces lignes, j'ai l'impression de voir s'agiter devant moi quatre êtres hors pair, de les entendre parler, penser, de les regarder agir. Eux, que je n'ai pas connus, emplissent ma tête qui s'illumine de leurs regards bienveillants. La Grande Guerre faucha Marie et Baudin, les deux autres survécurent. Le dernier Henri mourut en 1954. Je ne reviendrai pas sur les sources déjà évoquées dans le prologue qui m'ont permis d'écrire ce livre quelque peu romancé. J'insisterai davantage sur la transmission de la mémoire, acte indispensable à l'établissement du présent et du futur. Ici, en quelque sorte, je rédige, sans avoir la prétention d'égaler l'illustre Chateaubriand, des Mémoires d'outre-tombe.
Dans mes années de jeunesse, j'étais bien loin de me poser la question : pourquoi, mon père m'envoie-t-il travailler dans un lieu à l'appellation sinistre : l'Homme Mort ? Les besoins de l'époque et du machinisme agricole naissant me conduisaient là, bon an mal an, pour échardonner, pour épandre du fumier, pour faner ou pour confectionner des tas de gerbes. L'âge avançant, je me suis interrogé sur le toponyme, désormais balayé par le remembrement et la solution de l'énigme a éclaté sur le meurtre commis là en 1833, grâce à quelques traces généalogiques fournies par mon épouse. La magie du roman donne toute son ampleur pour retracer les tenants et aboutissants de cette sombre affaire et les mésaventures vécues par le meurtrier, en devançant quelque peu l'ouverture du bagne de Guyane, où tant de condamnés, parfois pour des broutilles, connurent des heures abominables. Reste le remords de l'acte accompli, sans doute dans un excès de colère, qui poursuit sa vie durant le coupable et qu'illustre parfaitement le vers de Victor Hugo : " l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn ".
Une saga qui court de 1744 à 1844, parmi d'importants temps forts de l'histoire : l'Ancien Régime, la Révolution, le Premier Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet. Une héroïne, Isabelle, qui allègrement traverse pratiquement ce siècle en affichant, sans cesse, une forte volonté, un caractère à la fois bien trempé et conciliant. La famille, le service des autres, le respect, la liberté et la fraternité tiennent une grande place dans sa longue existence. Et puis, il y a l'Amour, nous devrions dire les amours, celui impossible du jeune Toineau, celui équilibré et prolifique de Jacques, celui des vieux jours en compagnie d'Onésime. Derrière les êtres qui s'animent, principalement les Pacot et les Nancourt, toute une vie rurale s'affiche avec ses pratiques, ses us et ses coutumes, son repli sur des habitudes communautaires ou, au contraire, sur l'ouverture au progrès, sur ses métiers, du simple journalier au riche laboureur et au notable, du marchand ou de l'artisan au notaire, du modeste charbonnier au peintre en faïence. Bien sûr, le cadre se découpe sur un village florissant et rayonnant par sa faïencerie et ses foires, en l'occurrence celui de l'auteur : Aprey, nais principalement sur un de ses sites, toujours existant mais fortement transformé : le moulin de Grattedos, sur la rivière Vingeanne. Lui aussi connut bien des vicissitudes au cours d'une centaine d'années qui le conduisirent du terrier seigneurial et des " banalités " au XVIIIe siècle à la propriété privée ou communale, qu'affiche le cadastre de 1838 en traits colorés. Comme un clin d'oeil, au cours de l'épisode de Waterloo, l'auteur fait réapparaître le héros d'un de ses précédents romans, Mémoires d'un juste, en la personne d'Henri Balaguère, qui-connut, si l'on veut bien s'en rappeler, une très longue vie au service de la juste cause.
Juillet 1919 : le major de l'armée du Levant Henri Baudin, lucide, gît sur un lit d'hôpital près de Beyrouth (actuel Liban). La Grande Guerre s'apprête à ajouter son nom à la longue liste dont elle s'est abreuvée. Soit en rêve, soit par le biais de conversations avec ses deux infirmiers, Laurent Verdier et Jean Seynac, dont les patronymes figurent réellement comme témoins sur son acte de décès, il se remémore, sans respect chronologique, ce qu'ont été ses quarante-cinq années d'existence. Son arrivée en provenance de la capitale à Aprey (Haute-Marne), ses études de médecine à Paris, sa thèse sur l'infection puerpérale en 1901, le conseil de révision au chef-lieu de canton, l'engagement politique, l'installation de son cabinet au village des Sources de la Vingeanne, les soins prodigués au plus proche du front : tout défile sous ses yeux, qui - il en est parfaitement conscient - bientôt s'éteindront. Amours et amitiés prennent toujours le pas sur haine et férocité, dans des conditions pas toujours favorables, pour que triomphent l'humanisme et le serment d'Hippocrate. Le roman, s'appuyant sur des sources et des personnages authentiques, met en avant le sens des autres, l'enfer de 14-18, l'inutilité des conflits, la place déterminante du mot Paix, un langage tout droit sorti de la bouche de quelqu'un appelé à soigner et guérir, et non pas à tuer. Par-delà, se dessine aussi le devoir de mémoire et d'hommage face au sacrifice de tous les combattants de la part de toutes les générations et en particulier des plus jeunes. Tombes, stèles et monuments aux morts ne se trouvent-ils pas érigés pour nous le rappeler ?
Les pas du privé Didier Rouque vont le mener dans la ville champenoise de Chaumont. Chez les Grangier, une famille accueillant des enfants en difficulté, l'argent tombe du ciel sans qu'on puisse l'expliquer. Son enquête va se poursuivre dans les Vosges au bord d'un lac du côté de la Schlucht, où il va rencontrer un vieux pêcheur... mort depuis trois ans.
Thérèse coule une retraite paisible. Elle a perdu son mari et ses parents et n'attend plus grand chose de la vie. Mais voilà que son ancienne patronne propriétaire d'une maison de Champagne vient la supplier de reprendre du service, et il va s'en passer des choses !
Gilles Goiset est né au hameau de Villehaut, commune d'Aprey, il y a soixante ans. Fils d'agriculteur, professeur d'histoire, il déroule dans ce livre la vie de son village au fil des siècles : L'amour voué par Jeanne à son seigneur au temps des croisades dans Ici vint Jeanne - XIIe siècle. Un fait divers relevé dans le registre paroissial de 1689 dans La louve de Roche Martin - XVIIe siècle. La belle aventure d'une manufacture (1769-1809) dans Le maître du verre - XVIIIe siècle. L'histoire de la faïencerie (1742-1894). La saga d'un couple déchiré dans Source de haine - XXe siècle.