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Parle-moi de Manolis
Glykos Allain
ESCAMPETTE
9,00 €
Épuisé
EAN :9782356080509
1Cette histoire a dû exister. Elle est du souvenir, des soirs où mon père raconte. Fragments trouvés, inventés. Elle est vraie désormais dans les mots. Vraie, comme le sont les histoires des archéologues, construites à partir de bouts de céramique, d'os, de signes sur un mur. Quelques paroles, quelques fossiles, quelques âmes. L'histoire devient voyage, le voyage, écriture. Détour de phrase, retour à la ligne, accident.Un voyage vieux de soixante-dix ans, peut-être davantage, dont il ne reste aujourd'hui qu'un tas de paroles en vrac, mêlées, usées par le temps, des souvenirs dans le désordre. Les choses en ordre sont dans les livres.Depuis tant d'années que mon père ressasse et embellit, les images se sont inscrites. A présent, elles reviennent. Elles sont de la mémoire. Elles sont peut-être aussi de la mythologie. Les Grecs ne sont pas toujours très au clair avec le passé et laissent volontiers la légende glisser vers l'Histoire, quand ils ne la font pas contemporaine pour quelque autre dessein.Tout a commencé en Asie Mineure, à Vourla près de Smyrne - aujourd'hui, Izmir sur les cartes -. Puis, en un grand dérangement se sont succédé des noms de lieux et de villes: Cesmé, Samos, Le Pirée, Nauplie, Héraklion, Vori. De nouveau Héraklion, puis Athènes, Marseille, Bordeaux.2Manolis a-t-il quinze ans? Zone d'ombre, zone d'incertitude. On l'aura fait naître avec le bombardement des Dardanelles. Pourquoi pas? Qu'est-ce que ça change, puisqu'il est, pour longtemps, en route? Autant vouloir mesurer avec précision un galet qui toujours va et vient, une feuille qui tombe, des sentiments qui se mêlent. Quel instrument rendrait possible une telle opération?Il travaille aux bains des soies. Huit heures par jour, il roule et déroule les rames de tissus que saturent les teintes lourdes ou chatoyantes. De temps à autre, il apporte un échantillon au contremaître qui vérifie à la loupe la qualité de l'imprégnation. Aujourd'hui, le patron a fait venir Manolis, le petit Micrasiate dont il est très satisfait, pour dissiper une rumeur. On dit que lui aussi veut quitter la Grèce. Partir, émigrer. A l'usine, il apprend un bon métier, il gagnera honnêtement sa vie, pourra nourrir une famille. Ses frères réfugiés chantent de bien belles histoires. Manolis est-il trop jeune, ou trop fou, pour connaître ce chant d'amour?Je suis un ouvrier comme il faut...Un artiste fameux, un lion au travail...Je te construirai une maison...Tu me feras frire des poissons, et des betteraves à l'aïoli...Et on passera nos soirées en résiné et en baisers...
Allain Glykos est un auteur phare des éditions L'Escampette. La sortie conjointe de deux livres pour la rentrée littéraire marque une volonté de la maison d'édition de souligner les liens de confiance qui se sont tissés avec l'auteur, et qui perdurent avec la nouvelle équipe en charge de L'Escampette. Poétique de famille ponctue une histoire, une histoire de famille. Pour Allain Glykos, la famille est la source de l'écriture. Ses différents textes jalonnent l'histoire familiale, et mettent en évidence les personnalités, les traits de caractère, les histoires personnelles de ses parents et de ses frères et soeurs. Dans chaque livre, un événement sert de prétexte à raconter. Dans Poétique de famille, c'est la mort du père qui réunit les protagonistes. Les tensions sont palpables, les rancoeurs tenaces, les liens indéfectibles. Les langues se délient pour exprimer le chagrin, les souvenirs - heureux et malheureux -, les reproches aussi, et tout ce que des circonstances tristes peuvent amener à dire. La plume d'Allain Glykos plonge dans l'oralité, au coeur de cette famille : tout ce qui est écrit est dit, par l'un ou l'autre des personnages. Le texte est une suite de réflexions, tirades, dialogues, monologues parfois : c'est un livre de paroles, où l'auteur une fois de plus affirme l'importance qu'ont pour lui les mots. Ce procédé d'écriture permet au lecteur de se sentir concerné, comme si la situation, qui peut arriver à tout le monde, l'incluait pleinement. Et surtout, Allain Glykos réussit le tour de force de faire rire, grâce à son humour décapant et féroce qui bouscule les convenances, allège le poids du chagrin et balaie les non-dits.
Résumé : Voici un traité de la paranoïa ! Ou comment un être, apparemment sensé, posé, calme, finit par analyser tous les aspects de sa vie et de ses relations aux autres et au monde, à travers le prisme d'une seule phrase. Pour quelques mots prononcés un jour en sa présence, tout défilera dans sa mémoire, la prime enfance, l'adolescence, l'inconfort des premiers logements, tout ! Parce qu'un jour aura été dit : " Je ne me souviens pas l'avoir vu se laver. " Allain Glvkos tient son exercice à bout de bras, à bout de plume, sans trébucher et parvient à nous tenir en haleine avec ses élucubrations à dormir debout.
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
La recherche du nom et de l'identité, la crédibilité de l'homme dans le monde, sont les préoccupations majeures de ce livre grave aux images parfois oniriques, et non dépourvu d'un certain humour. Biographie: Abraham Elishama est né à Nancy. La découverte, puis l'approfondissement de son identité juive l'amènent très vite à s'installer à Jérusalem, où il adopte la nationalité israélienne. Actuellement, il réside à Toulouse avec sa famille.
En première lecture, ce livre est un essai sur le film de James Whale (1935), ses origines (le célèbre roman de Mary Shelley), l'écriture de son scénario, le choix de ses acteurs, la relation avec la censure, etc. Mais, plus profondément, c'est un essai sur la création, sur les relations du créateur avec sa création, sur la prédominance de l'acte de création sur tout autres considérations philosophiques, religieuses ou morales. C'est aussi un essai sur le mal, sur la tentation de puissance, sur le vertige des interdits. A sa première apparition, le visage du monstre est présenté par Manguel comme l'une des icônes de notre temps, au même titre que le visage de Greta Garbo... Cela fait partie des nombreuses réussites de ce livre provoquées par ces rapprochements inattendus où nous entraînent l'intelligence et la culture de Manguel. La comparaison, du point de vue de la création pure, entre la Fiancée créée par Frankenstein et la Mariée mise à nu par ses célibataires créée par Duchamp est un grand moment d'analyse et de jubilation! Enfin, et d'une façon assez classique dans la littérature et le cinéma fantastiques, la monstruosité n'est peut-être pas là où on le penserait. Le monstre n'aspire qu'à une harmonie que la société des hommes "normaux" lui refuse. L'instant de bonheur que connaît le monstre en compagnie d'un vieillard aveugle est une scène magnifiquement décrite...