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Et maintenant le noir
Gizzi Peter ; Bouquet Stéphane
CORTI
19,00 €
Épuisé
EAN :9782714312778
Et maintenant le noir est le quatrième recueil de Peter Gizzi traduit en français. On y retrouve sa voix mélancolique, noire presque d'encre. Un lyrisme si l'on veut d'après la catastrophe : le monde a subi des coups, des chocs, des accidents. Les deux frères de l'auteur sont morts, par exemple, les amours sont parties, les amis sont loin. Les choses sont souvent cassées, défaites, brûlées, abîmées. "La maison se délabre" . Et pourtant il faut continuer à vivre et peut-être à aimer et sans doute à mourir. C'est ce que dit Gizzi lui-même de ce livre : "C'est une façon de changer un coeur brisé au milieu d'un monde acharné en un coeur acharné au milieu d'un monde brisé". Le "Je" qui se promène dans les poèmes de ce recueil semble avoir perdu toute relation facile avec le monde. "J'ai perdu le signal" dit le poète dans un des textes. Mais aussitôt vient la solution : "alors j'ai pensé que j'allais écrire un poème" . Peter Gizzi a mille façons de dire la même chose : "Dans ma tête, un volant incapable de rien diriger d'autre qu'une chanson et tout le reste est survie -" Chanson est une façon fréquente pour Gizzi de dire poème : ses textes en effet chantent à leur façon. Ils chantent, ils aiment les refrains, les répétitions, le bruit de ferraille que font parfois les syllabes cliquetantes. La poésie indique donc la direction. Elle est le volant. L'autoroute. Le satellite GPS. La survie. Parce que, en vérité, le poème n'a pas renoncé au monde, il fait au contraire de son mieux pour lancer son propre signal, même faible, pour tracer sa propre route, même méandreuse, et pour trouver une façon de fréquenter un peu les choses afin de s'y tenir un peu, au moins un peu. On tombe souvent dans ces pages sur le mot "standing" : debout - debout dans les choses. Cet effort, ce combat pour ainsi dire, afin d'être, de rester debout, est une des grandes émotions que procurent les poèmes de Peter Gizzi.
Quelques mois après L'Amour des trois oranges, 'fable théâtrale' que Carlo Gozzi invente pour contrer les succès théâtraux de Carlo Goldoni et de Pietro Chiari, les spectateurs vénitiens applaudissent une deuxième fable, Le Corbeau, tirée du même recueil de contes, Lo cunto de li cunti de Giambattista Basile. Moins connue que la précédente, elle marque pourtant un tournant dans la carrière du dramaturge qui d'ailleurs la rédige entièrement, avec une longue préface, pour la première édition de ses oeuvres en 1772, ce qu'il refuse à la précédente. Dans Le Corbeau la satire et la polémique s'estompent, le tragique et le merveilleux dominent, étroitement mêlés. Malédictions, pleurs, sang et mort marquent les aventures du prince Jennaro qui, par amour pour son frère, le mélancolique roi Millo, contraint à l'impossible quête d'une beauté inaccessible, a enlevé la princesse Armilla. Ce faisant Jennaro a déclenché la fureur vengeresse du père d'Armilla, magicien cruel, qui le condamne à un choix cornélien : voir mourir son frère par sa faute ou être lui-même pétrifié. Le Corbeau n'a fait l'objet que d'une seule traduction en français, en 1856. Cette nouvelle traduction respecte les choix éditoriaux de Gozzi : préface programmatique, alternance des vers et de la prose, alternance des scènes entièrement écrites et des scènes improvisées. L'introduction replace la fable dans son contexte et en analyse les ressorts dramatiques complexes. Le texte de la pièce, établi à partir de la première édition de l'oeuvre, est complété par la traduction d'une première version écrite par Gozzi sous forme de canevas, restée manuscrite.
Les régions de montagne ont souvent été perçues comme des terres pauvres, peuplées de gens arriérés, en marge en quelque sorte de la "grande" histoire ; plutôt un terrain d'étude pour les anthropologues, à la recherche de structures primitives, que pour les historien-ne-s. En utilisant des approches et des outils originaux, cet ouvrage en propose une image très différente. Au centre de cette recherche, les vallées latérales du Valais participent en effet aux grands mouvements qui agitent l'Europe du XVIIIe et XIXe siècles, et parfois même les anticipent. On est certes loin des salons parisiens, des parlements et des universités prestigieuses, mais les grandes questions religieuses, politiques et culturelles - rôle de l'Eglise, éducation, libertés, droits individuels et collectifs - passionnent et divisent les communautés locales. Cela ne devient visible qu'au travers de l'analyse de nombreux conflits locaux qui engendrent l'émergence de factions et de partis politiques, révélant d'étonnantes continuités de la fin du XVIIe au début du XXe siècle. Les fronts sont influencés par l'opposition de groupes parentaux, mais les factions - et cela est fondamental - se structurent également autour d'idées et de valeurs partagées, qui façonnent les identités, les solidarités et les réseaux sociaux. Cette perspective, qui s'intéresse plus aux comportements sociaux qu'aux discours officiels, fait émerger des acteurs qui ont souvent échappé à l'histoire politique classique : les paysans et éleveurs, les travailleurs des couches populaires et parmi eux les femmes. Elle révèle enfin un aspect insoupçonné : dans les luttes pour le pouvoir et pour des valeurs sociales et culturelles, les attitudes et les comportements sexuels jouent un rôle central et jusqu'à présent négligé.
Venise tout entière n'est-elle pas un théâtre où se joue, mieux qu'ailleurs, la comédie du monde? La fresque que brosse ici Carlo Gozzi, éternel rival de Carlo Goldoni, ne ne manque pas de couleurs. Elle nous passionne encore plus de deux siècles après sa parution en 1797. L'auteur livre dans ce volume un portrait sans concession de lui-même et de sa ville. La presse avait largement applaudi la réédition de ce livre : "Une atmosphère à la Tourgueniev, à la Tchékov, avec en plus la couleur du pays de Polichinelle et d'Arlequin." Dominique Fernandez, Le Nouvel Observateur. Sur Venise au XVIIIè siècle - le théâtre, le carnaval, les intrigues, les femmes, les complots -, le livre des livres. Le plus drôle et le plus méchant de la littérature de l'époque.
Résumé : Ici il y a de petits animaux fourrageant et satisfaits Peut-être est-ce comme ça que cela s'appelle peut-être l'amour est-il un petit annal fourrageant entièrement satisfais quand sa bouche ici quand la fourmi et le soleil et la toison C'est une drôle de vue la lueur du soleil et de la toison et une bouche affairée à la nature une bouche affairée à se faire fleurir une beauté à fleurir la bouche.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Rigal Gwenn ; Latil Magali ; Guitton Philippe ; Pi
Ce livre est une synthèse claire et accessible de l'ensemble des hypothèses formulées au fil du temps par la communauté scientifique pour tenter de répondre à la question de la signification de l'art des cavernes. Il vient combler un manque dans la littérature consacrée à ce sujet : d'ordinaire, le survol théorique se révèle trop rapide ; à moins que l'auteur, théoricien lui-même, ne privilégie ses propres hypothèses au détriment des autres. Rien de tel ici. Fruit de plusieurs années de travail, "Le Temps sacré des cavernes" accorde une attention égale à chaque théorie, exposant au besoin les points de friction entre spécialistes. La première partie présente l'artiste. En se basant sur les publications les plus récentes, l'auteur établit un portrait précis de Cro-Magnon, évoquant tour à tour ses ancêtres, ses contemporains, son apparence, son régime alimentaire, son équipement, ses structures sociales et son mode de relation à l'environnement (humains, animaux, éléments). Les traces qu'il a laissées en termes de pensée symbolique et de spiritualité introduisent la seconde partie. Exclusivement consacrée aux interprétations, cette dernière se fonde sur un travail d'analyse critique aussi exhaustif que possible : art pour l'art, zoocénose, rites d'initiation, culte de l'ours, magies d'envoûtement, de fertilité, de destruction et d'apaisement, code de chasse préhistorique, enseignement de la chasse par rabattage, chamanisme, totémisme, dualisme primordial, zodiaque préhistorique, enfin mythes liés à la Genèse et à la fertilité. Le lecteur, ainsi éclairé, pourra se forger son intime conviction.
Gaston Bachelard (1884-1962) est le premier à avoir pris comme principal sujet de recherche l'imagination de la matière. Ses neufs grands ouvrages (traduits dans plusieurs langues) ont renouvelé durablement la critique.Avec La Terre et les rêverie de la volonté, Bachelard se rapproche de Jung. Le livre atteste qu'il n'a pas qu'une mais plusieurs méthodes, ce qu'on appellera la " nouvelle critique " s'en inspirera." Je ne crois pas nécessaire de camper ici un portrait de Bachelard. Toute la presse s'en est chargée dans la dernière année de sa vie. Elle n'a rien laissé ignorer de cet homme trapu, râblé et d'une corpulence tout à fait 1900. (...). Tout le monde sait maintenant qu'il avait le visage même du philosophe, tel du moins que le rêve l'imagination populaire. On en a admiré la chevelure romantique et la barbe peu soucieuse du ciseau.Ses familiers, ses étudiants savent seuls qu'il avait l'accueil jovial, la parole vive et que son rire était toujours prêt à fuser aux bons mots - et même aux calembours, à ceux des autres comme aux siens - que la conversation faisait jaillir.Bachelard forçait la sympathie dès l'abord : il n'est pas si commun de voir un grand esprit sous l'apparence d'un homme simple et comme ordinaire. Il avait conquis la mienne dès notre première rencontre, un an après la publication de son Lautréamont.Je veux dire ici ma reconnaissance à Albert Béguin... C'est à lui que je suis redevable d'être l'éditeur de Bachelard ; de Bachelard de qui les quatre livres majeurs qu'il m'a donnés ont été la semence d'où est née la critique nouvelle. "José Corti, Souvenirs désordonnés.
Le Sauvagerie est une épopée totale concernant l'enjeu le plus brûlant de notre époque : la crise écologique, la destruction massive des écosystèmes. A partir de dizains d'abord commandés à cinquante poètes contemporains, aux voix reconnues ou émergentes, francophones et anglophones, Pierre Vinclair a composé cet ensemble monumental : douze chants explorant les rapports variés que nous entretenons avec les autres vivants, les catastrophes passées et présentes comme les moyens dont nous disposons pour envisager un avenir commun? sur la Terre qui pour nous doit être, comme la DELIE pour Scève, "l'objet de plus haute vertu". Dans ce livre de combat, toutes les ressources et tous les registres poétiques sont mobilisés : les poèmes se font tour à tour tombeaux de la sauvagerie perdue et refuges pour les espèces à protéger, description des catastrophes et chansons à la gloire des héros de l'écologie, méditation face à un arbre, souvenirs de paysages disparus, descente aux enfers, prophéties.