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Paysages insoumis
Girard Thierry ; Bergounioux Pierre
LOCO
35,00 €
Épuisé
EAN :9782919507054
Que dit un paysage? Que cache-t-il derrière son apparente tranquillité? En travaillant sur un projet autour de Vassivière, dans le Limousin, Thierry Girard a été frappé par le caractère rebelle et réfractaire de l'histoire et de la culture de cette région. Fort de cette réflexion, il tente de restituer à travers ses photographies prises à la chambre, la dimension historique, si riche dans cette région et dans les départements proches de la Charente et de la Vienne. Évoquer la terre de la Résistance mais aussi toutes les résistances qui au cours des siècles ont nourri l'histoire de ces régions: les révoltes collectives ou individuelles, les jacqueries et conflits sociaux, mais aussi les chemins d'exil ou de migration de populations chassées par la nécessité. Son travail s'est constitué autour de lieux (villes, villages, campagnes, forêts) où un événement remarquable ou plus modeste y a laissé une empreinte. Se documentant, recueillant quelquefois des témoignages des habitants, il présente en regard de chaque photographie, un court texte où est relaté l'événement historique qui s'y est déroulé.
Ce livre est une version " revue et augmentée " du premier livre que Thierry Girard a fait paraître en 1982. ? uvre de jeunesse dont il revendiquait - comme tout jeune photographe engagé dans une oeuvre à cette époque -, l'influence de ses glorieux aînés : Lee Friedlander, Robert Adams et au premier rang d'entre eux Robert Frank. à l'âge où l'on porte un regard rétrospectif sur son oeuvre, Far-Westhoek paru en 1982, fruit d'un résidence d'artiste, inabouti et incomplet au regard porté par un artiste mûr (le Thierry Girard d'aujourd'hui). La revisite de ses archives a imposé une nouvelle et plus large sélection. Le texte d'Arnaud Claass (photographe et écrivain) argumente cette démarche. " à mon sens, Far-Westhoek représente à la fois la prégnance d'une culture artistique complexe et la brillante réussite de son dépassement. " [...] C'est donc ce territoire du Westhoek, extrémité ouest de la région, qui est l'objet d'une assomption photographique, caractérisée par un mélange d'inquiétude et de fausse banalité, de rudesse laborieuse et de truculence populaire, contexte autour duquel rôdent de puissantes forces naturelles (le vent, la mer, les dunes) ". Ce livre est perclus d'allusions, de citations esthétiques et graphiques comme autant d'emprunts volontaires à la cultissime première édition des Américains de Robert Frank (Delpire, 1958). Prix Niépce en 1984,Thierry Girard (né en 1951), est l'un de nos grands photographes actuels de paysage. Il a publié une quarantaine de livres.
Extrait Il est né dans la nébuleuse grise. Au coeur brûlant des amas bleus, il jaillit, traverse les brumes sombres et immenses, trace sa ligne entre les étoiles qui piquettent le noir profond de l'univers. Les forces courbent l'espace tout entier, le ploient indéfiniment. Elles ont peut-être raison. Ici, rien ne s'ajoute au Temps ni ne s'en retranche ; la matière vibrante des géantes rouges irradie le vide, l'amplifie à sa démesure. Il voyage à la vitesse de trois cent mille kilomètres par seconde, il est immortel. Il glisse sur le froid énorme des champs d'astéroïdes, rebondit sur l'obscurité des planètes mortes, ne croit en rien d'autre que lui-même. Il est tout ; il n'est déjà plus rien. Le photon dérive, invincible. Il ne connaît que trop peu de choses de ces matières vivantes et bêtement immobiles. Il en croise, pourtant, de systèmes solaires en singularités vives. Elles représentent des jalons à peine marqués, fantomatiques sur les fonds infinis des mondes creux. L'univers est un ennui éternellement recommencé, le photon l'a appris depuis sa naissance. Et ce dernier continue, sûr de lui, parce qu'il a créé en partie l'inexplicable ; ces boules rondes et gelées flottant dans le néant ; ces étoiles d'une blancheur insoutenable ; ces gouffres obscurs aspirant et comprimant tout ; ces nébuleuses d'où lui-même, petit ludion de lumière immatérielle, a été expulsé. Cette somme innommable, insensée. Durable et solitaire. Le Temps est tellement long qu'il en devient profondément immobile. Le photon poursuit sa route perlée, visite des soleils jumeaux autour desquels gravitent des bouts d'astres pelés, ignore les météores incandescents des vieux mondes, atteint enfin les régions périphériques d'une galaxie semblable à toutes les autres.
Les images de Thierry Girard en attestent : l'océan est là. Il nous regarde, il nous fait face. Il nous laisse penser que l'île est un refuge, un havre pour le repos et l'oubli. Mais c'est un refuge incertain, éphémère, d'où sans doute il faudra repartir, pour un voyage dans le temps comme dans l'espace. Quel est donc cet animal sur la grève ? Qui suppose-t-il et qu'on ne voit pas ? Et quelle est donc cette perle, apparemment égarée sur un tel rivage, loin de ses origines ? Pour le savoir, pour dénouer l'énigme à plusieurs tiroirs, il faut suivre Alberto Manguel dans cet étrange itinéraire qui mène, croit-on, de l'île de Ré à l'Estrémadure, du nouvel an 2020 à la guerre d'Espagne... Un conte, en somme, avec ses sortilèges - et ses violences. Et Antioche, dans tout cela ? Disparition, réapparition, expiation... Oui, Antioche pourrait bien être la clef de ce jeu de piste, d'une arène à l'autre, un jeu de piste en quête de soi-même, pour se retrouver après s'être perdu. Quand Antioche réapparaîtra, alors sous l'eau Ré s'enfoncera, dit un proverbe local.
Ce travail photographique n'est pas tant l'inventaire paysager et humain d'une ville que le résultat d'une lente déambulation en quête de sa diversité : diversité des paysages urbains et naturels qui en font sa singularité, diversité de ceux qui y vivent et y travaillent. Ce projet génère l'image d'une ville tranquille qui vit avec son histoire entre Garonne et chemin de fer, et qui pose les bases de son futur, dans le cadre notamment de l'opération de renouvellement urbain. Portraits et paysages alternent pour donner une vision juste et pertinente de cette ville de " banlieue ", limitrophe du centre bordelais, mais qui vit aussi comme une suite de villages.
La nuit craque sous nos doigts reprend plusieurs années de photographie de Sarah Ritter. Sarah Ritter ne travaille pas par anticipation, mais par "occasions" , arpentage de terrains divers, sans savoir précisément à l'avance ce qu'elle cherche. Ces occasions lui permettent d'accumuler un certain nombre d'images qui, peu-à-peu, trouvent leur place dans son oeuvre et s'articulent ensemble. Elle cherche un point de bascule entre le visible, le montré dans l'image, et ce qu'on ne voit pas. Au coeur de cette intention aveugle, le montage des images entre elles devient comme un choeur, équivocité affirmée.
Et le bleu du ciel dans l'ombre " de Manuela Marques revient sur la singulière expérience du paysage que l'artiste a pu développer récemment, à l'invitation du musée de Lodève. Plutôt que de privilégier les grandes photographies aux points de vue spectaculaires -que les causses du Larzac ou les environs du lac du Salagou inspirent aisément-, elle a préféré expérimenter une approche plus intime et sensible du paysage. Observation, déplacement, et collecte d'éléments (pierres, bois, végétaux) font partie intégrante du développement de l'oeuvre. L'artiste pourra, par la suite, intégrer ces collectes dans des planches botaniques d'un nouveau genre ou dans de grandes compositions photographiques où illusions optiques, miroirs noirs et reflets fabriquent un nouveau point de vue : entre la vision d'un paysage et l'imaginaire que celle-ci suscite. Elle a en quelque sorte réinventé un paysage à travers ce qui le constitue intrinsèquement. Gilles A. Tiberghien, dont on ne présente plus le travail autour du Land art, développe un texte autour de cette nouvelle approche du paysage.
Gomez Bernard ; Dampierre Sylvaine ; Régent Frédér
Cet ouvrage réunit une sélection d'avis de recherche d'esclaves marrons (avis de marronnage) parues dans la Gazette de la Guadeloupe entre 1788 et 1847. Ces annonces de tentatives de fuites, de périlleuses échappées publiées au milieu d'autres annonces (prix du café, du sucre ou du coton), par leur banalité, renforcent la violence ordinaire vécue par les esclaves aux xviiie et xixe siècles. Les photographies de Bernard Gomez, en noir et blanc accompagnent cet ensemble d'archives, à travers les paysages de Guadeloupe, autant d'empreintes, de traces de récits effarés... Les avis de recherche sont reproduits en fac silimé sur fonds noirs. Un texte de présentation de Sylvaine Dampierre ouvre l'ouvrage et de courtes "notices" rédigées par Benoît Jullien apportent un regard plus historique et pédagogique sur certains termes utilisés dans les annonces.
Mioveni est une ville en Roumanie située entre Bucarest et les Carpathes. Après la chute du communisme, la ville a pu survivre grâce à l'industrie automobile. Tous les habitants vivent aujourd'hui au rythme de l'usine. Pendant près de trois ans, la photographe Anne Leroy et la journaliste Julia Beurq ont accompagné le quotidien des habitants de Mioveni rapportant images et récits plongeant le lecteur dans l'intimité d'une vie ouvrière. L'enquête est un marqueur de leurs approches photographique et journalistique. Elles privilégient l'expérience du terrain au long cours. A Mioveni en Roumanie, avec empathie, elles se sont approchées au plus près des personnes et de leurs histoires. Cet ouvrage restitue leur immersion sur le terrain dans cette ville ouvrière qui, avec le rachat de Dacia par Renault il y a quinze ans, semble avoir échappé au sort des autres cités mono-industrielles tombées en ruine après la chute du communisme. Les résultats de leurs recherches autour du rapport entre le texte et l'image se déploient au fil du livre, entre perméabilité et complémentarité, sans jamais être ni illustratif ni redondant.