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Far-Westhoek
Girard Thierry ; Claass Arnaud
TRANS PHOTO
39,00 €
Épuisé
EAN :9791090371712
Ce livre est une version " revue et augmentée " du premier livre que Thierry Girard a fait paraître en 1982. ? uvre de jeunesse dont il revendiquait - comme tout jeune photographe engagé dans une oeuvre à cette époque -, l'influence de ses glorieux aînés : Lee Friedlander, Robert Adams et au premier rang d'entre eux Robert Frank. à l'âge où l'on porte un regard rétrospectif sur son oeuvre, Far-Westhoek paru en 1982, fruit d'un résidence d'artiste, inabouti et incomplet au regard porté par un artiste mûr (le Thierry Girard d'aujourd'hui). La revisite de ses archives a imposé une nouvelle et plus large sélection. Le texte d'Arnaud Claass (photographe et écrivain) argumente cette démarche. " à mon sens, Far-Westhoek représente à la fois la prégnance d'une culture artistique complexe et la brillante réussite de son dépassement. " [...] C'est donc ce territoire du Westhoek, extrémité ouest de la région, qui est l'objet d'une assomption photographique, caractérisée par un mélange d'inquiétude et de fausse banalité, de rudesse laborieuse et de truculence populaire, contexte autour duquel rôdent de puissantes forces naturelles (le vent, la mer, les dunes) ". Ce livre est perclus d'allusions, de citations esthétiques et graphiques comme autant d'emprunts volontaires à la cultissime première édition des Américains de Robert Frank (Delpire, 1958). Prix Niépce en 1984,Thierry Girard (né en 1951), est l'un de nos grands photographes actuels de paysage. Il a publié une quarantaine de livres.
A l'occasion de deux expositions importantes de Thierry Girard au printemps 2021, une à la fondation Fernet-Branca et l'autre au Musée de Belfort, ce livre réunit plusieurs séries photographiques d'époques différentes mais dont le dénominateur commun est l'itinéraire. En effet, la construction photographique d'un territoire selon Thierry Girard s'est souvent constituée autour d'un parcours que peut représenter la ligne d'un point à un autre qu'elle soit imaginée ou bien réelle à l'instar des lignes de métro au Japon avec "Yamanote" et "Tenjin" que le photographe suit de station en station. Cette ligne peut également être historique, comme lorsque Thierry Girard reprend, géographiquement parlant, l'avancée conquérante de la 2e DB du général Leclerc lui permettant ainsi une traversée du paysage de l'Est de la France jusqu'à Strasbourg, point d'arrivée et de libération de la ville. Pour le dernier travail réalisé, le photographe parcours plusieurs voies possibles pour arriver au Lion de Belfort, traversant paysages ruraux et urbains, rencontrant des personnages.
Les images de Thierry Girard en attestent : l'océan est là. Il nous regarde, il nous fait face. Il nous laisse penser que l'île est un refuge, un havre pour le repos et l'oubli. Mais c'est un refuge incertain, éphémère, d'où sans doute il faudra repartir, pour un voyage dans le temps comme dans l'espace. Quel est donc cet animal sur la grève ? Qui suppose-t-il et qu'on ne voit pas ? Et quelle est donc cette perle, apparemment égarée sur un tel rivage, loin de ses origines ? Pour le savoir, pour dénouer l'énigme à plusieurs tiroirs, il faut suivre Alberto Manguel dans cet étrange itinéraire qui mène, croit-on, de l'île de Ré à l'Estrémadure, du nouvel an 2020 à la guerre d'Espagne... Un conte, en somme, avec ses sortilèges - et ses violences. Et Antioche, dans tout cela ? Disparition, réapparition, expiation... Oui, Antioche pourrait bien être la clef de ce jeu de piste, d'une arène à l'autre, un jeu de piste en quête de soi-même, pour se retrouver après s'être perdu. Quand Antioche réapparaîtra, alors sous l'eau Ré s'enfoncera, dit un proverbe local.
Que dit un paysage? Que cache-t-il derrière son apparente tranquillité? En travaillant sur un projet autour de Vassivière, dans le Limousin, Thierry Girard a été frappé par le caractère rebelle et réfractaire de l'histoire et de la culture de cette région. Fort de cette réflexion, il tente de restituer à travers ses photographies prises à la chambre, la dimension historique, si riche dans cette région et dans les départements proches de la Charente et de la Vienne. Évoquer la terre de la Résistance mais aussi toutes les résistances qui au cours des siècles ont nourri l'histoire de ces régions: les révoltes collectives ou individuelles, les jacqueries et conflits sociaux, mais aussi les chemins d'exil ou de migration de populations chassées par la nécessité. Son travail s'est constitué autour de lieux (villes, villages, campagnes, forêts) où un événement remarquable ou plus modeste y a laissé une empreinte. Se documentant, recueillant quelquefois des témoignages des habitants, il présente en regard de chaque photographie, un court texte où est relaté l'événement historique qui s'y est déroulé.
Extrait Il est né dans la nébuleuse grise. Au coeur brûlant des amas bleus, il jaillit, traverse les brumes sombres et immenses, trace sa ligne entre les étoiles qui piquettent le noir profond de l'univers. Les forces courbent l'espace tout entier, le ploient indéfiniment. Elles ont peut-être raison. Ici, rien ne s'ajoute au Temps ni ne s'en retranche ; la matière vibrante des géantes rouges irradie le vide, l'amplifie à sa démesure. Il voyage à la vitesse de trois cent mille kilomètres par seconde, il est immortel. Il glisse sur le froid énorme des champs d'astéroïdes, rebondit sur l'obscurité des planètes mortes, ne croit en rien d'autre que lui-même. Il est tout ; il n'est déjà plus rien. Le photon dérive, invincible. Il ne connaît que trop peu de choses de ces matières vivantes et bêtement immobiles. Il en croise, pourtant, de systèmes solaires en singularités vives. Elles représentent des jalons à peine marqués, fantomatiques sur les fonds infinis des mondes creux. L'univers est un ennui éternellement recommencé, le photon l'a appris depuis sa naissance. Et ce dernier continue, sûr de lui, parce qu'il a créé en partie l'inexplicable ; ces boules rondes et gelées flottant dans le néant ; ces étoiles d'une blancheur insoutenable ; ces gouffres obscurs aspirant et comprimant tout ; ces nébuleuses d'où lui-même, petit ludion de lumière immatérielle, a été expulsé. Cette somme innommable, insensée. Durable et solitaire. Le Temps est tellement long qu'il en devient profondément immobile. Le photon poursuit sa route perlée, visite des soleils jumeaux autour desquels gravitent des bouts d'astres pelés, ignore les météores incandescents des vieux mondes, atteint enfin les régions périphériques d'une galaxie semblable à toutes les autres.
ournez ces pages lentement. Chaque page est une note de musique, les rythmes et les rimes se suivent. Laissez-vous immerger dans un autre monde. Ce monde de l'Orient. Une autre culture, une autre façon de vivre. Une autre façon aussi de voir. Un Orient que l'on ne voit plus en Chine, un peu au Japon, mais qui survit en Inde malgré la tentation de l'occident, de ses techniques et ses impatiences. Caroline Abitbol a vu cet Orient dont on entend plus parler. Elle en rapporte des images. Et c'est un bonheur de découvrir ici ces gestes, ces visages dans la brume. Marc Riboud [Extrait de la préface]