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Sierra de Teruel de André Malraux
Gabaston Pierre
YELLOW NOW
12,50 €
Épuisé
EAN :9782873404581
Sierra de Teruel rejaillit comme un cri — celui d'un homme que l'on étrangle dans son cachot. Avec la craie laissée par son devancier, aurait-il eu le temps de dessiner sur les murs sombres ce qu'il a vu ou recueilli d'autres combattants qui comme lui se cabrent qu'il eût imaginé les contours écorchés du seul film d'André Malraux. Inclassable. Perdu de vue. Partiel. Des points de suspension éternisent son tournage interrompu. L'auteur de L'Espoir bat en retraite quand les troupes franquistes entrent dans Barcelone où il arrache ses prises de vues aux bras d'un destin qui l'engloutit et qu'il repousse de toutes ses forces. Sierra de Teruel porte témoignage sur son auteur, qui le trouve aux prises avec les formes cinématographiques qu'il découvre, exalte et honore. Elles composent sans doute un autoportrait. Elles mémorisent l'orientation de Malraux frappant déjà d'autres monnaies plus absolues. Voix du silence.
Des Basques, Pio Baroja disait qu'ils aiment leurs petits ruisseaux, leurs petites vallées et leurs petits dieux qu'ils tutoient. Mais tiraillés de tous côtés, ils n'ont jamais connu d'âge d'or. Ils témoignent pourtant d'une étrange permanence, d'un ancrage quasi insulaire. N'ayant jamais réussi à se constituer en Etat, le peuple basque, des guerres carlistes à la transition démocratique, a défendu bec et ongles son pré carré. Ou alors, à l'instar de François Xavier, il a sillonné les mers sans se livrer à un expansionnisme qui lui soit propre. Dans le chaos actuel, secoués par une crise sans précédent, les Basques illustrent cependant un ordre. Se réappropriant leur langue, autrement dit leur énigme, ils parlent enfin et défont une vaste littérature folklorisante, dont la fonction première était de les réduire au silence sous prétexte de souligner leur singularité. Et, en l'absence de grande tradition culturelle, ils s'inventent sous nos yeux, inventent Euskal Herria, le pays où l'on parle l'euskara, avec une liberté qui parfois surprend. Cette invention d'eux-mêmes les expose désormais à un destin européen qui peut-être les libérera de leurs propres fantômes, s'ils en conjurent à temps les maléfices.
À l?occasion d?une conférence sur l?ironie, qu?il doit donner à Barcelone, un écrivain revient sur ses années de bohème et d?apprentissage littéraire à Paris. Sous la figure tutélaire d?Ernest Hemingway, il dit son amour pour cette ville à travers les souvenirs de ses premiers pas dans l?écriture, tandis qu?il habitait dans une chambre louée par Marguerite Duras à partir de 1974. Maniant en maître l?ironie et la digression, Vila-Matas offre une promenade décalée, à la fois tendre et grinçante, dans la mythique capitale.
Des générations de spectateurs ont célébré Rio Bravo, quintessence du western. Sommet du cinéma hollywoodien, pour certains critiques ce film serait le chant du cygne du cinéma classique. Hawks lui rend de fait un dernier hommage avec sa séquence d'ouverture. D'où la forte tentation d'approcher au plus près ce style si concis. Rio Bravo contredit délibérément Le train sifflera trois fois, que Hawks exècre. Il brasse ses personnages dans un temps plus souple, qui desserre leurs émotions. Des scènes de comédie voilent la tragédie de leur solitude. La loi qu'ils imposent et qu'ils s'imposent les isole et les libère. Elle saisit et atomise leurs " complexes ", d'une implosion à une explosion. En accompagnant leur marche, nous gagnons en humanité.
L'autonomie, valeur centrale de nos sociétés modernes, a longtemps semblé s'arrêter devant les portes des usines, lieux par excellence de l'hétéronomie et de l'autorité hiérarchique. Que penser dès lors des appels incessants des consultants et des dirigeants patronaux à l'initiative et à la responsabilité des salariés, faisant de l'autonomie le mot-clé des nouvelles organisations qui s'expérimentent un peu partout ? Tout en s'appuyant sur les recherches empiriques menées par les chercheurs du Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés (LATTS) depuis dix ans dans des secteurs variés, le présent ouvrage ne prétend pas constituer un bilan d'expériences organisationnelles qui se réclament de l'autonomie. Il interroge le concept même d'autonomie, et tente de remettre en cause sa fausse simplicité, de montrer la diversité des enjeux qu'il recouvre, les ambiguïtés dont il est porteur. Il se propose aussi, ce faisant, de s'interroger sur un paradoxe : pourquoi cette fortune de l'autonomie aujourd'hui, alors même que les interdépendances objectives entre les activités et entre les personnes, au sein des firmes et entre celles-ci, ne cessent de croître, et alors même que les performances techniques et économiques reposent de plus en plus sur la qualité des relations établies au sein de chaînes d'acteurs toujours plus longues ?.
Dans un paysage proche et lointain chacun est seul à vouloir construire sans relâche une existence qui soit sienne. Les pierres sont à l'image de notre résolution. Les bêtes ont dans les yeux le reflet de l'homme exploité. Du minéral, du végétal, de l'animal monte, en ces temps de désarroi, un appel à la solidarité avec tout ce qui nous fait vivre et vit en nous.
e volume réunit quatre études tirées de publications destinées à l'origine à accompagner les enseignants qui emmènent leurs élèves au cinéma. Les films analysés sont: Mon voisin Totoro, Porco Rosso, Le voyage de Chihiro et Ponyo sur la falaise. Pour chacun, un résumé, une bibliographie, une image-ricochet, un déroulant retraçant le film, l'analyse d'une séquence et des promenades pédagogiques.
Bérard Stéphane ; Gomez-Passamar Nadine ; Pugnet N
Les Alpes de Haute-Provence sont l'un des terrains d'expérimentation de Stéphane Bérard. Il les connaît bien et depuis longtemps. Sur ce territoire, il ne s'agit pas seulement pour lui de valoriser un paysage, d'en exalter la beauté ou les failles, d'y attirer les touristes ou d'en consoler les habitants. Les oeuvres imaginées et l'oeuvre réalisée in situ, Mille Plateaux-repas, ont comme point commun le constant souci de l'usage qu'on pourrait en faire, et le regard qu'elles appellent n'est jamais coupé d'une pensée pratique - et d'une réflexion sur nos habitudes, nos routines. Ces oeuvres s'adressent au passant, qu'il soit d'ici ou d'ailleurs.
Le piano n'est pas un objet ordinaire à l'écran. Dans les films habités de sa présence, ce meuble joue un rôle clef, qui éclaire la poétique des cinéastes. Cet essai s'attache à la cinégénie secrète de l'instrument de musique par excellence. On a cherché à identifier quelques figures majeures du piano, telles que de grands auteurs les ont façonnées. Douze haltes ponctuent ce chemin, depuis Max Ophuls et ses pianos-miroir et horloge, Jean Renoir et son piano-boîte à musique, et Jean Grémillon avec son piano-moteur. On rencontre le piano-coeur de Lubitsch, le piano-rêve que partagent Dreyer et Bunuel, le piano-radio de Borzage et le pianopensée de Sirk ; ainsi que le piano-outil d'Hitchcock et le piano-sentiment de McCarey. Enfin, on s'aventure dans les séries du piano-démon (avec Robert Wiene, Karl Freund, John Brahm, Robert Florey et Edmond T. Gréville) et du piano-porte-voix (en compagnie de Roy Rowland, Nicholas Ray, Jean-Claude Guiguet, Robert Bresson, Pier Paolo Pasolini et Jean-Luc Godard), le piano-ange de Jacques Demy demeurant à part. En prélude et postlude, on fête le piano-cinéma d'Oliveira et Grémillon, et le piano-âme d'un trio de poètes d'aujourd'hui : Todd Haynes, Pere Portabella et Peter Sülyi. Après ce voyage, le lecteur ne considérera plus un piano dans un film du même oeil ni de la même oreille, c'est le bonheur qu'on lui souhaite.