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La vie sans mode d'emploi. Putain d'années 80 !
Frappier Désirée ; Frappier Alain
MAUCONDUIT
22,50 €
Épuisé
EAN :9791090566118
Rien ne se passe jamais comme je l?imagine. Sans doute parce que ma première erreur fut une erreur de parcours. À 18 ans, "je suis montée à Paris" et Paris n?est pas Hollywood". La vie sans mode d?emploi-Putain d?années 80 !, c?est la vie d?une fille qui se trompe de parcours, persuadée qu?une pluie de roses va tomber du ciel le soir de l?élection de François Mitterrand. Une fille qui, devenue mère, met de côté ses rêves pour créer une entreprise. Une fille dont les espoirs se heurtent à la réalité du "tournant de rigueur" imposé par la gauche dès 1983. La vie sans mode d?emploi, c?est aussi un clin d?oeil à Georges Perec pour une décennie qui s?écoule dans un immeuble parisien où chacun cherche son futur et se désole de son passé. "Nous vivons dans la brume, aux rythmes d?excellentes cassettes audio. Joe Jackson, Eurythmics, Ian Dury, The Clash, The Pretenders, Prince? se succèdent à toute vapeur, sonorisant notre quotidien en nous donnant la certitude de vivre dans un biopic. Même si cette certitude n?est qu?une impression, née dans la confusion des sens?". Dans cette histoire faussement légère dont les véritables héroïnes sont ces Putain d?années 80, porteuses de tant de promesses qui finiront par se vendre au plus offrant, Désirée et Alain Frappier montrent une fois encore leur talent d?écrivain et de dessinateur. Comme ils l?ont fait pour les années 60-62 dans leur précédent livre Dans l?ombre de Charonne, ils ont puisé dans les archives des années 80 aussi bien pour les textes que pour les dessins.
Désirée et Alain Frappier nous font revivre les années 1970 à 2014 sous l'angle - excusez du peu, il s'agit de la moitié de la population - de la conquête du droit des femmes à choisir de procréer ou non. Ils le font à leur manière sensible, mêlant le personnel et le social, t'intime et le politique pour noue rappeler comment c'était "avant", avant la loi Veil, pour montrer combien cette liberté, gagnée dans le combat le plus important du Xe siècle, reste menacée par des nostalgiques d'une société patriarcale. Le Choix, travail de mémoire et de vigilance, est aussi un manifeste pour une vie libre et heureuse. Annie Ernaux.
Présentation de l'éditeur Pourquoi ces voyages en train qui l emmènent toujours ailleurs, avec pour seule compagnie une valise et une carte famille nombreuse ? Pourquoi ce sentiment de n être jamais à sa place ? Pourquoi ce slogan réclamant le droit à l avortement semble-t-il lui être adressé ? Pourquoi ce prénom si peu approprié ? Les réponses à ces questions se trouvent au fond d un carton oublié dans le grenier de la maison familiale.Alain et Désirée Frappier sont les auteurs de Dans l ombre de Charonne et La vie sans mode d emploi (Putains d année 80). Leur travail, à la fois engagé et sensible, mêle récits de vie, histoire et documents d archive.Le Choix est un émouvant et magnifique roman graphique qui traite du droit des femmes à disposer de leur corps, et de celui des enfants de naître à la seule condition d être désirés. Comme le dit Annie Ernaux, « Le Choix, travail de mémoire et de vigilance, est aussi un manifeste pour une vie libre et heureuse. »
Résumé : Chili, 1973. Alerté par les discours conspirationnistes de leurs officiers, un groupe de jeunes marins se retrouve témoin des préparatifs du complot visant à destituer le gouvernement de l'Unité populaire. Sur fond de conscience de classes, le soutien au président nouvellement élu Salvador Allende gagne les troupes. La riposte s'organise. S'engage alors une véritable course contre la montre pour éviter le coup d'Etat du 11 septembre. Une lutte sociale héroïque et peu connue qui intervient à l'heure où décline la démocratie et se met en place une dictature. En s'emparant de l'histoire du Chili depuis l'ascension d'Allende à la présidence jusqu'à sa chute, Désirée et Alain Frappier restituent avec précision et maestria cette époque entremêlée d'espoirs et de tragédies. Les auteurs témoignent d'un infini respect pour le combat des vaincus chiliens, ces " invisibles ", qu'ils restituent avec humanisme et sensibilité. Les textes ciselés de Désirée sont admirablement servis par le dessin délicat d'Alain, tout en nuances de noirs et blancs. Plus qu'une saga, cette trilogie de romans graphiques est une véritable ode, vibrante, passionnée, passionnante, à l'éveil de la conscience politique.
Frappier Alain ; Frappier Désirée ; Stora Benjamin
Résumé : Maryse, une jeune lycéenne de 17 ans, décide de participer avec ses copains de lycée à une manifestation contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Nous sommes à Paris, en 1962. Après 8 ans de guerre, l'indépendance de l'Algérie devient inéluctable. L'OAS, regroupant dans ses rangs les fervents défenseurs du dernier bastion d'un empire colonial agonisant, multiplie les attentats à la bombe sur la capitale. Le 8 février, après 14 attentats, dont un blessant grièvement une petite fille de quatre ans, des manifestants se regroupent dans Paris aux cris de " OAS assassins ", " Paix en Algérie ". La manifestation organisée par les syndicats est interdite par le préfet Maurice Papon. La répression est terrible. La police charge avec une violence extrême. Prise de panique, Maryse se retrouve projetée dans les marches du métro Charonne, ensevelie sous un magma humain, tandis que des policiers enragés frappent et jettent des grilles de fonte sur cet amoncellement de corps réduits à l'impuissance. Bilan de la manifestation : 9 morts, dont un jeune apprenti, et 250 blessés. 50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, profondément marquée par ce drame dont elle est sortie miraculeusement indemne, livre son témoignage à Désirée Frappier. C'est une véritable histoire dans l'Histoire à laquelle nous invite l'auteur, restituant ce témoignage intime dans son contexte historique et tragique, tout en nous immergeant dans l'ambiance des années soixante : flippers, pick-ups, surboums, Nouvelle Vague, irruption de la société de consommation.
Une jeune femme de 33 ans, brûlée et défigurée dans un accident de voiture, découvre la double peine qui lui est infligée : la mutilation physique, irrémédiable, mais aussi l’assignation par les autres à la monstruosité et au renoncement à vivre "normalement". Animée d’une détermination implacable, elle parvient à reconstruire sa vie, entre à l’université, développe des talents de conteuse et d’écrivaine. Tout cela au prix d’un long calvaire et d’une lutte de tous les instants pour affronter le regard de l’autre, souvent scandalisé qu’une femme autant handicapée sorte de la voie que le destin lui a tracée. C’est ce parcours étonnant, cette résilience que Pauline Picquet raconte dans son livre, choisissant de composer des fragments et de les présenter sous la forme d’un abécédaire dans lequel le lecteur est happé comme dans un roman. Ce récit, cru et violent, a été refusé par plusieurs éditeurs qui l’ont jugé trop dur, dérangeant, voire culpabilisant. Les éditions du Mauconduit estiment au contraire que la force et la dignité de ce témoignage l’emporte sur l’horreur, qu’il questionne tout un chacun sur sa propre force de vie et sur sa relation à l’humain.
Résumé : "La faiseuse d'anges a commencé avec des queues de persil. J'étais allongée sur la table de la cuisine, j'ai fini par faire une septicémie" raconte Maryse. Et Elisabeth : "Elle a pris très cher, plus du salaire que j'ai eu ensuite au SMIC." Et encore Michelle : "J'étais prête à aller jusqu'au bout, jusqu'à la mort." Anne : "Elle m'a mis un mouchoir dans la bouche pour qu'on n'entende pas mes cris." Jeanne : "Quand je suis arrivée au sixième étage, des hommes m'attendaient, ils m'ont montré leur carte de police, ils m'ont emmenée au poste." Ces femmes avaient 20 ans dans les années 1960, c'était hier. Elles sont les survivantes des avortements clandestins qui tuaient une à dix femmes par jour, en France, avant la loi Veil. L'écrivaine Xavière Gauthier a écouté leurs voix bouleversées raconter par quel chemin de douleur elles sont passées et a consigné ces témoignages essentiels pour que "les jeunes générations mesurent la valeur de la légalisation de l'avortement et se mobilisent contre le retour de cette barbarie". Car aujourd'hui cet acquis fondamental est menacé. En France, 40 ans après la loi Veil consacrant la liberté d'avortement, des pressions insidieuses se font jour et certains élus renâclent au remboursement de l'IVG. En Europe, l'Espagne a bien failli rejoindre en 2014 les trois pays d'Europe qui interdisent plus ou moins l'avortement - l'Irlande, la Pologne et Malte - et son projet de loi serait passé s'il n'y avait eu de très nombreuses manifestations de protestation. On y a vu ressurgir ces mots qu'on pensait à jamais enfouis dans le passé : aiguilles à tricoter, faiseuses d'anges, bidons d'eau de javel, cintres, queues de persil... Des manoeuvres abortives qui sévissent encore de manière catastrophique dans le monde aujourd'hui : 50 000 femmes en meurent chaque année !
J'ai beaucoup marché dans les rues de Paris. Je partais chaque jour pour voir ce que, à force d'habitude, on ne voit plus. Je n'avais aucune idée préconçue, sinon que je ferais, le soir, sur mon cahier à spirale, un dessin accompagné d'un court texte, une réflexion rapide sur ce qui se serait imprimé en moi. Mini-histoires dont la banalité fait qu'on n'en parle pas et qui, pourtant, déroulent comme un fil invisible entre tous ces humains, les reliant les uns aux autres pour écrire la grande histoire universelle des anonymes. Longtemps, devant l'immensité de cette humanité, de ces voix qui s'entrecroisent sans jamais s'entendre, j'ai pensé que, forcément, il y avait quelqu'un qui me ressemblait, qui pensait comme moi, qui pourrait être moi-même. Un double, un jumeau ignoré, errant dans une autre ville. Un promeneur qui écoute et regarde. Ce témoin attentif dit : "Regardez, le monde est juste derrière ce que vous voyez". Celui-là, c'est Urbano, l'homme au corps souple et au visage sans traits pour que chacun puisse s'y projeter". Jean-Louis Jacopin