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Ensemble. Pour une anthropologie sémiotique du politique
Fontanille Jacques
PULG
17,00 €
Épuisé
EAN :9782875622853
Cet ouvrage est le résultat et la synthèse d'une recherche portant sur ce que la sémiotique structurale appelle "l'actant collectif". L'anthropologie contemporaine nous rappelle que la signification des mondes que nous habitons passe par des filtres collectes, des schèmes et des référentiels qui sont constitués et portés par des actants collectifs. Dans cette perspective, l'actant collectif n'est pas un cas particulier, voire marginal, de raclant en général, mais, au contraire, la source des référentiels sémiotiques et l'instigateur des mondes de sens. Dés lors, quel que soit le nom que l'on donne à ce collectif (communauté d'identification, acteur-réseau, peuple,etc.), il ne suffit plus de poser par principe qu'il peut comprendre à la fois des humains, des objets, des institutions, des machines, des non-humains, etc. : il faut examiner comment et pourquoi ces divers constituants s'agencent, et leur réseau se consolide, s'affaiblit, se restaure, persiste à exister ou s'effondre. C'est l'objet de cet ouvrage, qui s'attache aux variations de la composition et des forces de liaisons des collectifs, à leurs mutations et à leur existence risquée et vulnérable. Dans cette perspective, l'actant collectif, engagé tout ensemble dans ses propres métamorphoses, est le siège même, pour la sémiotique, du politique. La sémiotique décrit depuis longtemps les discours et les pratiques politiques, mais cela ne constitue pas pour autant une dimension politique de l'organon théorique de la sémiotique structurale. L'objectif de cet ouvrage est précisément d'intégrer la dimension politique dans l'architecture théorique et méthodologique de la sémiotique, et le point d'ancrage de cette dimension est l'organisation et le devenir des collectifs, notamment celui dit "de référence", qui par les filtres sémantiques et culturels dont il est porteur, suscite des formes spécifiques de la vérité, de la subjectivité, de la narrativité, de narrativité et du symbolisme, en somme de l'ensemble des composants sémiotiques d'un monde habitable.
Parallèlement aux courants dominants dans les sciences du langage, le XXe siècle a toujours été traversé par d'autres courants. Pourtant, ce qu'on appelle parfois la sémiotique tensive n'est pas une autre sémiotique, qui s'opposerait à la sémiotique dite structurale. Elle s'intéresse, de fait, à un ensemble de phénomènes discursifs que leur caractère graduel, continu, dynamique ou affectif, rendait difficilement accessibles à une approche discontinue, binaire, statique et strictement narrative. Ce faisant, elle découvre l'unité d'un autre domaine de recherches : celui du discours en acte, de l'énonciation vivante, celui de la présence sensible à l'autre et au monde, celui des émotions et des passions. Cet ouvrage a été rédigé par Jacques Fontaine et Claude Zilberberg.
L'émergence est la pensée du nouveau, de l'inédit. Comment quelque chose peut-il apparaître là où rien n'était ? Pourquoi le tout n'est-il pas seulement la somme de ses parties ? Ce " quelque chose ", ce supplément, qui font la naissance, l'avènement ou la création de phénomènes culturels et scientifiques, ainsi que les mouvements qu'ils génèrent, sont étudiés sous le nom d'" émergence ". Dédicacé par un prix Nobel de Littérature, rassemblant des auteurs qui font autorité dans leur domaine, cet ouvrage constitue aussi bien une synthèse et une analyse scientifique des théories de l'émergence qu'un hommage à celui qui s'en est fait le concepteur en France. Jean-Marie Grassin, en effet, grâce a sa bonne connaissance de la francophonie et des questions de l'émergence de nouvelles littératures dans un contexte postcolonial, et comme observateur international privilégié des concepts littéraires, a proposé une description, puis une théorisation, de l'émergence. Venus de divers horizons des lettres, des arts, des sciences humaines et sociales et de pays très divers, des chercheurs lui répondent en un échange fécond.
Le corps n'est pas, pour la sémiotique, un domaine d'analyse parmi d'autres; il est au coeur d'une hypothèse théorique qui renouvelle notre conception des processus de signification. L'incarnation des processus signifiants leur procure un substrat qui s'impose à toutes les élaborations cognitives et émotives: les rôles narratifs sont portés par des corps; la production des discours émane d'une activité corporelle; les émotions et les passions, de même que les manifestations sensibles et perceptives impliquent des corps. Des corps qui interagissent conservent dans leur chair ou sur leur enveloppe corporelle les empreintes de ces interactions, et ce sont ces empreintes porteuses de significations à découvrir qui doivent être identifiées, extraites, déchiffrées et interprétées. La sémiotique de l'empreinte éclaire alors d'un nouveau jour l'énonciation, la narrativité, le jeu figuratif, la mémoire et l'anticipation des formes, le sens des textes, des images et des objets.
L'existence humaine a vu son découpage en périodes, âges de la vie, profondément modifié: c'est bien ce phénomène de re-segmentation et. surtout, de re-sémantisation aux conséquences multiples qu'affronte ici un collectif de sémioticiens analysant les productions sémiotiques touchant aux différents âges de la vie et couvrant un champ socio-culturel très vaste (littérature, écrits journalistiques, discours médicaux, campagnes publicitaires, compétences linguistiques comparées, pratiques musicales ou plastiques, séquences comportementales typiques). Ainsi l'on verra comment- par exemple, les discours médiatiques construisent un destinataire-cible, bandes de jeunes violents, adultes surmenés ou bien encore seniors hyper-actifs, alimentant efficacement les représentations sociales, ouvrant de nouvelles parts de marché, oeuvrant au changement culturel. La sémiotique des âges de la vie apparaîtra donc comme un important chapitre de la sémiotique des cultures liée fondamentalement au corps et à ses significations, c'est encore une fois la question du temps qui en constitue le centre avec toutes les variations passionnelles qu'induit le changement de perspective sur le temps. En définitive, il s'agit bien de comprendre comment d'un âge de la vie à l'autre, le point de vue sur le temps change, comment se constituent des régimes temporels distincts, représentations du temps qui scandent notre existence et forment le coeur de toute culture. Biographie de l'auteur Ivan Darrault-Harris est professeur en sciences du langage à l'Université de Limoges, co-directeur (avec Jean Petitot) du séminaire de sémiotique à l'EHESS de Paris. Jacques Fontanille est professeur de linguistique et sémiotique à l'Université de Limoges, et membre senior à l'Institut Universitaire de France. Il est également président de l'Université de Limoges.
Bert Jean-François ; Lorre Christine ; Benthien Ra
Henri Hubert (1872-1927) est une figure importante de la période qui a vu le développement de l'anthropologie et de la sociologie des religions. Proche d'Emile Durkheim, il fut aussi l'ami de Marcel Mauss avec lequel il signa deux études majeures sur le sacrifice (1899) et sur la magie (1904). Les analyses de cet auteur prolifique se situent à la croisée de l'histoire et de l'anthropologie, de la linguistique et de l'archéologie, de l'histoire des religions et de l'orientalisme. Mais ses travaux vont pas connu la postérité de l'oeuvre de Mauss, en dépit de la richesse des perspectives comparatives qu'Hubert y développe, et surtout de leur indéniable actualité. Qu'il aborde la question de la magie dans l'antiquité, celles du sacré, du temps ou encore des héros, Hubert étonne par sa largeur de vue, par les perspectives novatrices qu'il déploie, et par sa solide érudition. La réédition de quelques textes majeurs signés par Henri Hubert offre l'occasion de mieux comprendre l'importance de ce chercheur injustement négligé dans les débats qui agitent, en ce début du XXIe siècle, la réflexion sur les questions religieuses.
Pourquoi certaines cultures rejettent-elles la chair du porc ? Les Grecs se posaient déjà la question, qui n'a cessé de revenir au devant de la scène. Etudier le porc en Egypte ancienne est une manière de mettre cette problématique à l'épreuve. En effet, depuis que les Grecs s'y sont intéressés, l'Egypte pharaonique se retrouve dans ce débat anthropologique puisque le porc, dit-on, n'y aurait pas été vraiment en odeur de sainteté. Viande malsaine ? Animal infâme ? Bête "taboue" ? L'objet de ce livre est de comprendre ce discours et de voir sur quoi il se fonde, en offrant une approche historique et anthropologique du cochon en Egypte ancienne. Le portrait de l'animal au sein de la culture pharaonique émerge très contrasté d'une analyse qui permet de réfléchir à la genèse des interdits religieux, aux discours qui s'y rapportent et aux choix culturels et identitaires qu'ils véhiculent. Ce véritable "roman du cochon" entend ainsi contribuer à une anthropologie de l'alimentation, tout comme à une histoire des relations entre les hommes et les animaux.