L'éthique est une discipline morale empirique, conceptualisée et appliquée dans un contexte social déterminé. Elle a pour fonction de définir le comportement "correct" des individus, sur la base de leurs habitudes, de leurs traditions ou de décisions jugées rationnelles. Elle fixe le caractère normal ou anormal d'une action et elle porte un jugement sur les motifs et les conséquences des actes qui relèvent de ses attributions. Dans le domaine de la science, les problèmes éthiques sont souvent invoqués par les médias, le législateur et parfois par la justice. Aujourd'hui, ils concernent notamment le décryptage du génome humain, l'euthanasie, le clonage, les cellules souches ou les risques technologiques collectifs En économie, les questions concernant les inégalités, la faim dans le monde ou les brevets ne font que rarement référence aux questions d'éthique, comme si les principes moraux qui fondent toute réflexion sur l'homme étaient immuables. C'est pourquoi nous avons demandé à des économistes, des gestionnaires, des psychologues et des sportifs de nous faire part de la prise en compte de l'éthique dans leurs disciplines.
Aujourd'hui le sport est devenu un instrument politique et économique ouvertement utilisé par les Etats dans leurs relations internationales. C'est d'abord un facteur structurant d'intégration et un instrument de la mondialisation économique, politique, sociale ou culturelle. Ensuite, les instances internationales du sport, notamment le CIO et la FIFA, exercent une influence croissante dans les questions diplomatiques, mais aussi dans l'ouverture des frontières économiques. Enfin, le sport devient un moyen d'action et un instrument de politique étrangère, même en-dehors des cénacles sportifs. Il est alors intéressant de s'interroger sur les rapports de force, les zones d'influence et le poids diplomatique que le sport, dans son extrême médiatisation, crée, structure ou développe. Les valeurs géoéconomiques conditionnent le développement du sport. Inversement, le sport vient souvent en soutien des hommes politiques dans leur quête de l'intégration nationale et en appui aux hommes d'affaires dans leur course vers la mondialisation économique. Le sport est une aubaine pour les dirigeants nationaux et un porte-drapeau publicitaire et de promotion pour les firmes multinationales au coeur du processus de la globalisation.
La globalisation est un phénomène ambigu. Elle prend sa source dans le développement des technologies, les économies d'échelle, l'ouverture des marchés et l'interdépendance économique. Pourtant, elle présente aussi des dangers non négligeables, comme la destruction des souverainetés et des cohésions nationales, ce qui prive les marchés de leurs responsabilités sociales et politiques sans lesquelles ils ne peuvent plus fonctionner. Aujourd'hui, la globalisation conduit au monopole des valeurs économiques libérales. Elle ne s'inscrit pas dans un processus démocratique. Le résultat est souvent socialement injuste, politiquement conflictuel et économiquement inefficace. Si l'ancien monde est mort, le monde marchand commence à être critiqué, mais il y a peu de consensus sur la nouvelle société à construire. Les acteurs économiques de la mondialisation (organisations internationales, Etats, Régions, organisations non gouvernementales, firmes multinationales, ou les " maîtres-penseurs " de la globalisation) commencent à affûter leurs armes, pour développer des coalitions provisoires aux résultats incertains. Si pendant des siècles les hommes ont cherché à réduire l'incertitude pour un monde plus humain, le développement économique proposé par la libéralisation de l'économie réduit le champ des certitudes sociales. Si les nouveaux conflits sociaux et politiques ne sont pas encore inévitables, ils deviennent de plus en plus probables dans un processus cumulatif d'antagonismes internationaux, de conflits régionaux et de guerres civiles. Il est temps de faire l'analyse d'une globalisation aux coûts de l'homme croissants. Peut-on mettre la globalisation en " analyse " ?
Fontanel Jacques ; Perrin-Bensahel Liliane ; Chaix
Alors que le sport est devenu une activité économique importante, sa valeur collective excède pourtant largement sa participation à la production mondiale. Dans son expression professionnelle, il est à la fois spectacle et outil de communication, avec la participation de commanditaires publics et privés. Dans sa forme la plus accomplie, c'est une activité annonciatrice du triomphe de la mondialisation libérale, malgré son caractère revendiqué de bien public mondial. Les sciences économiques et les sciences de gestion s'ouvrent désormais à l'analyse de ce secteur économique singulier. Cet ouvrage présente plusieurs thèmes de recherche économique, comme le cadrage méthodologique d'une analyse économique de la Coupe du Monde de rugby (E. Barget, J.-J. Gouguet), l'équilibre compétitif du rugby professionnel français (P. Chaix), la gouvernance du football français (J. Fontanel, L. Bensahel) ou les causes et les conséquences du lock-out de la National Hockey League (M. Lavoie). Il se pose aussi la question de savoir si un club de football européen est une firme multinationale (W. Andreff) et si un échec sportif n'engendre pas un échec économique d'importance (G. Fontanel). Les sportifs sont de grands acteurs économiques (M.-H. Paturel et R. Paturel) qui, pendant leurs carrières, reçoivent dans leur pratique sportive, un apprentissage au management (M. Fontanel et R. Paturel). Enfin, la question des agents économiques est cruciale sur le marché du travail des sportifs professionnels (J.-F. Brocard).
Aujourd'hui, le sport est devenu un instrument politique et économique ouvertement utilisé par les Etats dans leurs relations internationales. C'est un facteur structurant d'intégration et un instrument de la mondialisation économique, politique, sociale et culturelle. Le CIO et la FIFA exercent une influence croissante dans les questions diplomatiques et l'ouverture des frontières. Le sport devient un moyen d'action et un instrument de politique qu'il est important d'analyser sous ses divers aspects.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.