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Le monde extérieur
Ferraris Maurizio ; Crignon Cyril
CERF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782204152204
Et si le monde extérieur était indépendant ! S'il répondait à ses propres lois ! Telle est la vérité trop longtemps oubliée que Maurizio Ferraris veut nous faire retrouver avec sérieux tout en souriant. " Il n'y a pas de faits, seulement des interprétations ", tel est le cri de ralliement des postmodernes. Or Maurizio Ferraris y voit un " sophisme transcendantal " potentiellement ruineux pour notre sens des réalités. Connu en France pour ses travaux sur des objets sociaux tels que le web ou le smartphone, le philosophe italien semble avoir pressenti, bien avant que nous n'entrions dans notre époque de faits alternatifs et de fake news, l'urgence morale qu'il y a, pour la pensée, à redécouvrir le monde qui se tient farouchement au-dehors : un monde, une réalité que la pensée n'a pas construits mais dont elle doit tenir compte dans ses raisonnements et ses analyses. La perception nous met aux prises avec cette part inconstructible du réel. Pour l'illustrer, l'auteur en appelle aux expériences marquées par la surprise ou les illusions d'optique : deux manières, pour le monde, de nous rappeler qu'il a ses lois propres et sait les faire respecter. Cet ouvrage passionnant vise donc à mettre au jour ce " sol rocailleux " du monde sur lequel Wittgenstein tordait la bêche du langage, dans un style inimitable où la rigueur conceptuelle et la clarté argumentative le disputent à une irrésistible loufoquerie.
« ... l'aspect le plus intéressant du livre n'est pas que le téléphone portable ait permis à Ferraris de développer une ontologie, mais au contraire que son ontologie lui ait permis de comprendre et de nous faire comprendre le portable. » Umberto Eco, L'Espresso. « T'es où ? » : avec l'apparition du téléphone portable, cette question est devenue un réflexe, et la mobilité une évidence. Véritable appendice de notre être, cet outil a radicalement transformé notre vie quotidienne, modifié notre façon de voir, de comprendre et d'apprendre. D'où la notion d'ontologie qui préside à cette analyse à la fois profonde et enjouée du portable et de sa signification. Maurizio Ferraris nous montre avec virtuosité combien, plus que simple objet de communication, le mobile est un instrument d'écriture, de lecture et d'enregistrement de la réalité sociale. Dans le sillage de Derrida, il développe une analyse philosophique originale : les objets sociaux consistent en inscriptions, sur le papier (carte d'identité), dans les mémoires magnétiques (carte de crédit), dans la tête des gens. Ainsi, le mobile, sorte d'ordinateur téléphonique, représente un formidable instrument de construction de la réalité sociale. Capable de se connecter à tous les systèmes de communication, d'accéder à tous les circuits d'enregistrement, de vérifier l'état d'un compte bancaire, de payer une place d'Opéra ou de charger un livre, le mobile absorbe tout. Et dans cette extension objective du sujet qui s'appelle « portable », il y aurait plus de choses que n'en rêve la philosophie...
Résumé : Pendant longtemps, la philosophie nous a raconté une histoire déprimante. Il y aurait un Moi qui, à travers le langage et la pensée, construirait le monde et donc (si nous prenons cette fable au sérieux) les autres moi et, si absurde que cela puisse paraître, le passé lui-même. Cette histoire est déprimante parce que cette position, qui se prétend révolutionnaire, est de fait profondément conservatrice : c'est la réaction pure, c'est la négation de tout événement. Elle nous enseigne que rien de nouveau ne pourra jamais nous frapper, au titre de menace ou au titre de promesse, et cela parce que le monde est tout entier à l'intérieur de nous. Avec des arguments aussi ironiques que contraignants, Maurizio Ferraris nous raconte une autre histoire. La réalité et la pensée qui l'appréhende proviennent du monde, à travers des processus et des explosions, des chocs, des interactions, des résistances et des altérités qui ne cessent de nous surprendre. Du Big Bang aux termites, du web à la responsabilité morale, ce que le monde nous donne (c'est-à-dire tout ce qui existe) émerge indépendamment du moi et de ses claustrophilies.
Tout comme le capitalisme a été l'essence du XIXe siècle et les médias celle du XXe siècle, la postvérité serait-elle l'essence de notre époque ? L'arrivée de Donald Trump au pouvoir a considérablement changé le monde : elle a démontré que refuser la vérité objective était bien devenu une option politique crédible. Mais en quoi cette " postvérité " dépasse-t-elle le mensonge ? Maurizio Ferraris démonte ce concept pour en étudier tous les rouages et en comprendre le succès. Il décrit, avec l'exactitude et l'engouement qui le caractérisent, la façon dont le nouveau paradigme du vrai découle d'une rencontre : celle de la philosophie postmoderne avec la technologie internet, de la parole avec son média, de l'acteur avec son théâtre. Pour peu que la voix porte, chaque énonciation devient potentiellement vraie et, si la vérité est parfois décevante, voire frustrante, la postvérité est réconfortante. Jusqu'à ce qu'elle se confronte aux autres.
Derrida Jacques ; Ferraris Maurizio ; Bellantone A
Mes intérêts privilégiés se sont orientés vers le grand canon de la philosophie - Platon, Kant, Hegel, Husserl ; mais, en même temps, vers des lieux dits "mineurs" de ces textes-là, de problématiques inaperçues, de notes en bas de page -vers ce qui peut gêner le système et en même temps rendre compte du souterrain dans lequel le système se constitue en réprimant ce qui le rend possible, qui n'est pas systémique. Donc, une explication à la fois canonique et non-canonique, avec le canon de la philosophie [... ]" J. Derrida Jamais publié en français, perdu puis retrouvé dans les archives de Derrida, ce texte a donc une histoire. Pendant trois ans, Maurizio Ferraris a interrogé Jacques Derrida sur son expérience de pensée. En croisant le geste autobiographique et l'enquête philosophique, ce dialogue fait émerger plusieurs thèmes de la pensée derridienne, comme la singularité, la justice ou la question de la mort. Les entretiens sont enrichis par un échange final entre Derrida et Gianni Vattimo.
Résumé : L'irruption récente de la notion de "post-vérité", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité d'innombrables commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du "régime de vérité" de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des "vérités de fait" en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la "post-vérité" appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.
Résumé : Emmanuel Levinas a renouvelé en profondeur la philosophie, qu'il s'agisse de la définition de la subjectivité par la responsabilité, des implications politiques de cette conception du sujet ou de son insistance sur la corporéité, pensée comme vulnérabilité ou associée à une phénoménologie du "vivre de" et des nourritures. Dans un séminaire qui s'adressait à des étudiants en philosophie et à des soignants, Corine Pelluchon donne les clefs pour comprendre cette oeuvre exigeante et communique une expérience de pensée liée à la manière dont la réflexion et le style de Levinas l'ont bouleversée. Elle montre en quel sens il a inspiré ses propres travaux, qui prolongent et parfois discutent ses thèses, soulignant aussi l'actualité de Levinas, y compris lorsqu'on s'intéresse à des sujets sur lesquels il ne s'est pas exprimé, comme la médecine, l'écologie et le rapport aux animaux.
Résumé : " Ce livre n'est pas un manuel d'éthique destiné aux candidats bacheliers. Il ne parle ni des auteurs importants ni des grands courants historiques de la théorie morale. Et je n'ai pas cherché à mettre l'impératif catégorique à la portée de tous les publics. Ce n'est pas non plus un catalogue de réponses moralisatrices aux problèmes que nous rencontrons tous les jours dans le journal ou dans la rue, de l'avortement à l'objection de conscience en passant par les préservatifs. L'éthique n'a jamais permis de trancher un débat, même si son rôle est de les ouvrir tous. Ce livre ne prétend pas être autre chose qu'un livre personnel et subjectif, comme les rapports existant entre un père et son fils ; et par là-même universel, comme la relation père-fils, la plus ordinaire. Il a été pensé et écrit pour être lu par des adolescents : il n'apprendra sans doute pas grand-chose à leurs maîtres. Son objectif n'est pas de fabriquer des esprits bien-pensants (et encore moins mal tournés), mais de stimuler une pensée libre ".
Résumé : "Réactionnaire, disent-ils. Le moment m'a donc semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance. Il ne s'agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je ne choisis pas, à l'heure des comptes, de me retrancher dans la forteresse imprenable de l'autobiographie. Je joue cartes sur table, je dis d'où je parle, mais je ne dis pas pour autant : "A chacun sa vision des choses". Le vrai que je cherche, encore et toujours, est le vrai du réel : son élucidation reste à mes yeux prioritaire. Cependant, comme l'a écrit Kierkegaard : "Penser est une chose, exister dans ce qu'on pense est autre chose". C'est cet "autre chose" que j'ai voulu mettre au clair en écrivant, une fois n'est pas coutume, à la première personne". Alain Finkielkraut.