« ... l'aspect le plus intéressant du livre n'est pas que le téléphone portable ait permis à Ferraris de développer une ontologie, mais au contraire que son ontologie lui ait permis de comprendre et de nous faire comprendre le portable. » Umberto Eco, L'Espresso. « T'es où ? » : avec l'apparition du téléphone portable, cette question est devenue un réflexe, et la mobilité une évidence. Véritable appendice de notre être, cet outil a radicalement transformé notre vie quotidienne, modifié notre façon de voir, de comprendre et d'apprendre. D'où la notion d'ontologie qui préside à cette analyse à la fois profonde et enjouée du portable et de sa signification. Maurizio Ferraris nous montre avec virtuosité combien, plus que simple objet de communication, le mobile est un instrument d'écriture, de lecture et d'enregistrement de la réalité sociale. Dans le sillage de Derrida, il développe une analyse philosophique originale : les objets sociaux consistent en inscriptions, sur le papier (carte d'identité), dans les mémoires magnétiques (carte de crédit), dans la tête des gens. Ainsi, le mobile, sorte d'ordinateur téléphonique, représente un formidable instrument de construction de la réalité sociale. Capable de se connecter à tous les systèmes de communication, d'accéder à tous les circuits d'enregistrement, de vérifier l'état d'un compte bancaire, de payer une place d'Opéra ou de charger un livre, le mobile absorbe tout. Et dans cette extension objective du sujet qui s'appelle « portable », il y aurait plus de choses que n'en rêve la philosophie...
Ferraris Maurizio ; Cometti Jean-Pierre ; Engel Pa
Comment apprécier aujourd'hui la révolution kantienne? À l'image du film de Wolfgang Becker: Goodbye Lenin! qui en a inspiré le titre, Goodbye Kant! n'entend pas dire ce qu'il y a en elle de mort et de vivant, ni mutiler un monument dont on sait l'influence sur toute la philosophie qui a suivi. Il s'agit plutôt d'entreprendre le ravalement d'un édifice que le temps et le succès ont fini par embaumer, afin de lui rendre son actualité. Comme le suggère Pascal Engel dans sa préface, rédigée spéciale-ment pour cette traduction française, ce livre, alerte et drôle, "est fait pour tous ceux qui se sont demandé au moins une fois dans leur vie (et même pour ceux qui ne se le sont jamais demandé): Y a-t-il eu vraiment une révolution copernicienne en philosophie et le monde tourne-t-il autour du sujet?" Salué lors de sa parution en Italie comme une "entreprise salutaire" dont la philosophie a parfois besoin, "Goodbye Kant! est un pur plaisir', selon les termes de Kevin Mulligan. Biographie de l'auteur Maurizio Ferraris (1956) enseigne la philosophie à l'Université de Turin où il dirige le Centre Inter universitaire d'Ontologie Théorique et Appliquée. Visiting professor dans différentes universités européennes et nord-américaines pendant plusieurs années, il est l'auteur de nombreux livres consacrés à l'herméneutique, à des questions d'esthétique et d'ontologie. Il dirige la Rivista di estetica et collabore régulièrement à l'hebdomadaire Sole-24 ore."
Derrida Jacques ; Ferraris Maurizio ; Bellantone A
Mes intérêts privilégiés se sont orientés vers le grand canon de la philosophie - Platon, Kant, Hegel, Husserl ; mais, en même temps, vers des lieux dits "mineurs" de ces textes-là, de problématiques inaperçues, de notes en bas de page -vers ce qui peut gêner le système et en même temps rendre compte du souterrain dans lequel le système se constitue en réprimant ce qui le rend possible, qui n'est pas systémique. Donc, une explication à la fois canonique et non-canonique, avec le canon de la philosophie [... ]" J. Derrida Jamais publié en français, perdu puis retrouvé dans les archives de Derrida, ce texte a donc une histoire. Pendant trois ans, Maurizio Ferraris a interrogé Jacques Derrida sur son expérience de pensée. En croisant le geste autobiographique et l'enquête philosophique, ce dialogue fait émerger plusieurs thèmes de la pensée derridienne, comme la singularité, la justice ou la question de la mort. Les entretiens sont enrichis par un échange final entre Derrida et Gianni Vattimo.
Résumé : An 1847. Résolus a s'emparer de la Californie, les Etats-Unis déclarent la guerre au Mexique et en envahissent le territoire. Dans les rangs de l'armée occupante, un bataillon entier - le Saint-Patrick - prend la décision de déserter. Ses hommes - tous des immigrés irlandais, espagnols et polonais - ne supportent plus les discriminations, les violences et les exactions de leurs officiers yankees. Désormais, dans cette guerre meurtrière et injuste, ils vont se battre aux cotés des mexicains. Ils sont devenus les San Patricios. Dans la colonne yankee qui sans relâche poursuit les déserteurs, chevauche Rizzo, un jeune sicilien. Arrive au Nouveau Monde dans un bateau charge d'hommes et de femmes fuyant la faim et la misère, Rizzo s'est enrôlé en échange d'une promesse d'obtenir la citoyenneté et un lopin de terre. Devant le village de Churubusco, dernier rempart des rebelles, lui aussi va devoir choisir de quel coté se ranger. Churubusco surgit des plis - réels et imaginaires - de l'Histoire pour raconter la fin héroïque de l'impossible rêve de liberté des San Patricios. Le récit d'Andrea Ferraris - pétri de poussière et de sang - nous rappelle à chaque page que se dresser contre les abus et l'oppression est juste et nécessaire. Quel qu'en soit le prix a payer.
Ferraris Maurizio ; Flusin Marie ; Robert Alessand
Résumé : La réalité serait-elle socialement construite et infiniment manipulable ? Et la vérité une notion inutile ? Non. On ne peut pas se passer du réel, il faut l'affronter et négocier avec lui. Il résiste ou insiste, maintenant et toujours, comme un fait qui ne supporte pas d'être réduit à interprétation. Le "nouveau réalisme" est la prise d'acte d'un changement de situation. Les populismes médiatiques, les guerres de l'après 11 septembre et la récente crise économique ont démenti les deux dogmes fondamentaux du postmodernisme : la réalité n'est pas socialement construite et infiniment manipulable ; la vérité et l'objectivité ne sont pas des notions inutiles. Ce qui est nécessaire n'est pas une nouvelle théorie de la réalité, mais un travail qui sache distinguer, avec patience et au cas par cas, ce qui est naturel, ce qui est culturel, ce qui est construit et ce qui ne l'est pas. Ainsi, s'ouvrent de grands défis éthiques et politiques et se dessine un nouvel espace pour la philosophie.
Au XVIe siècle, Miyamoto Musashi, samouraï invaincu par une vie de combats, maître ès armes et esprit de nombreux disciples, se retire dans une grotte quelques mois avant sa mort et rédige ce classique de la littérature universelle: Traité des Cinq Roues.Ce guerrier nous donne en un texte lumineux l'essence des arts martiaux et le secret d'une stratégie victorieuse qui transcende la violence et devient art de vivre et d'agir. Attitude qui explique aujourd'hui les raisons des succès japonais dans tous les domaines.Une leçon à méditer et à pratiquer: car l'esprit de l'art de l'épée peut s'appliquer à tous les gestes de la vie quotidienne.
Résumé : En dehors d'approches ethnologiques, l'intérêt pour l'étude de la divination et des arts divinatoires en général a été pendant longtemps réduit, en occident, au débat qui oppose les sciences et les " parasciences ". D'un côté, le mépris et la négation systématique ; de l'autre, une confiance aveugle qui n'est pas sans rapport avec ce qu'il est convenu d'appeler la " pensée magique ". N'est-ce pas là, d'une part et d'autre, la meilleure façon de passer à côté du sujet, en le constituant comme croyance et non comme objet d'étude ? S'il est vrai que les procédés divinatoires, de la géomancie à l'astrologie, ne relèvent pas de la science, il n'en reste pas moins qu'ils ont une réalité propre dont il faut rendre raison. C'est à ce travail profondément novateur que s'est attachée Marie-Louise von Franz. Explorant les fondements inconscients qui ont donné le jour à "c es pratiques", la disciple de Jung affirme que les arts divinatoires dont d'abord symboliques. Ils obéissent à des lois spécifiques qui peuvent nous renseigner sur ce " lieu " de l'âme où se rejoigne potentiellement l'esprit et la matière.
Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (ve-IVe siècle av. J.-C.). C'est une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et la Terre. La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohésion globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois. Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l?agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.
L'esprit du Zen fut introduit au Japon chez un peuple dont la guerre était l'occupation habituelle. Ce fut le génie du Zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus seulement de l'efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Le sabre, l'arc et la flèche, instruments de mort devinrent des supports de méditation. Sous cette influence naquit le Bushido, code d'honneur, discipline chevaleresque qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. Tant et si bien que le Zen fut cette voie d'éveil, appelé "la religion des samouraïs." En termes vifs et imagés, parfois même en s'amusant, Maître Deshimaru répond aux questions de ses disciples, sans jamais leur faire oublier que Zen et arts martiaux sont l'apprentissage de la vie et la mort.