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Bernd Alois Zimmermann. Je me tournai et regardai toute l’injustice qui se faisait sous le soleil (A
Feneyrou Laurent
CONTRECHAMPS
15,00 €
Épuisé
EAN :9782940068777
Né non loin de Cologne, adolescent meurtri d'avoir à grandir sous la barbarie nazie, Bernd Alois Zimmermann avait 21 ans au début de la Seconde Guerre mondiale. Il participa, contraint, aux campagnes de France, de Pologne et de Russie, et vécut les tragédies d'une génération sacrifiée. Au terme d'une vie intense, jalonnée d'oeuvres parmi les plus essentielles du XXe siècle, dont l'opéra Les Soldats ou le Requiem pour un jeune poète, et accomplissant ce que ses jeunes années avaient pressenti, Zimmermann compose en 1970 une dernière partition, testamentaire, qu'il n'entendra jamais : Je me tournai et regardai toute l'injustice qui se faisait sous le soleil, pour deux récitants, basse solo et orchestre, sur des extraits de L'Ecclésiaste et de La Légende du Grand Inquisiteur de Fiodor Dostoïevski. Dans cette "action ecclésiastique" d'une exceptionnelle densité d'expression, ordonnant et construisant, mais détruisant tout autant, à l'image d'une existence entière, se tient un triple procès, de l'histoire et des idéologies délétères du siècle dernier, de soi-même, coupable d'être, et de Dieu, qui laisse advenir tant de mal. Le livre de Laurent Feneyrou est plus qu'une étude de cette oeuvre ultime, dont il révèle les aspects compositionnels et les enjeux existentiels, éthiques, religieux et politiques. C'est aussi une magnifique synthèse du parcours du compositeur, une traversée de ses oeuvres jusqu'à cette dernière composition, une étude des principaux aspects de sa pensée musicale (son utilisation de la technique sérielle, son idée du pluralisme, sa conception du temps). A chaque fois, Laurent Feneyrou met en rapport les idées de Zimmermann et leur contexte, comme l'influence par exemple des idées d'Ezra Pound (son texte sur l'harmonie, ses Cantos), le sens des paroles de l'Ecclésiaste, et celui de la parabole du Grand Inquisiteur dans les Frères Karamazov de Dostoïevski. La qualité d'écriture, la profondeur d'une approche extrêmement documentée, qui apporte beaucoup d'éléments nouveaux, font de ce livre un véritable portrait de Zimmermann, l'un des plus grands compositeurs de son époque, malheureusement insuffisamment connu. Il pose, à travers son oeuvre, des questions brûlantes qui demeurent très actuelles.
Giotti Virgilio ; Modena Anna ; Feneyrou Laurent ;
Maître du dialecte triestin, de ses couleurs et de son rythme, Virgilio Giotti (1885-1957) réunit dans Soir les vers qu'il compose entre 1943 à 1948, alors que ses deux fils sont au front, que l'un y meurt et que l'autre n'en revient pas. Ce recueil, bouleversant, le plus court, est aussi son plus dense : seize titres seulement, qui dialoguent et se nouent. Des traits élégiaques demeurent, ainsi que quelques paysages, miroir de l'âme en peine. Mais s'y dessinent surtout la maison et la famille qui l'habite, ses joies simples d'antan, ses regards de plus en plus nostalgiques et ses malheurs à vif, comme un patrimoine humain de sentiments et de morale que préserve le poème.
Résumé : La tragédie, dans son sens étymologique, représente un conflit : celui de la mythologie et de l'histoire, du divin et de l'humain, de la transcendance et de l'immanence, dont elle exprime la division, la séparation, l'essentiel discord. Dans un monde sans dieux tutélaires, les hommes portent leurs ombres comme ils portent leur feu ? jusqu'à la catastrophe, la mort, la blessure ouverte ou l'enfermement. Cinq oeuvres majeures (Maderna, Nono, Barraqué, Feldman et Zimmermann) de la seconde moitié du XXe siècle abritent cette tonalité affective, tragique, dans leurs espaces sonores spécifiques. Ce sont des chemins, dont l'expérience seule est dépositaire d'une beauté et d'une fragilité troublantes. Abandonnés à l'écoute, ils livrent leurs strates, poétiques, musicales, littéraires ou philosophiques, mais aussi leurs inachèvements, leurs accumulations ou leurs patientes mutations. Composées après la guerre, les camps, les désagrégations politique et identitaire, ces oeuvres chantent l'abîme de la dissolution.
Marin Biagio ; Feneyrou Laurent ; Milli Pietro ; C
Résumé : Biagio Marin (1891-1985) est le chantre de Grado, presque une île faisant face à Trieste dans le golfe de Venise, et de son dialecte, le graisan. La Guirlande de ma soeur, son deuxième recueil, exalte les éléments de ce territoire infime et cependant miroir de l'univers : le ciel immense et vide, les bleus, azur ou céleste, les rites du village, celui qui a vogué une vie entière et jette l'ancre au port, ou ce phare qui incline, consumé par l'amour de l'eau. Maître de la Mitteleuropa, Biagio Marin dresse ici son propre portrait sous le nom de "Tête de nuée" , attisant l'humble loi de la voile et du vent.